Un calme plat a régné hier sur le marché des changes de Beyrouth, qui a manqué d’initiatives à l’offre comme à la demande du dollar en cette période de fin d’année généralement consacrée à des ajustements de positions précédant la clôture des comptes annuels. Dans ce contexte d’expédition des affaires courantes, l’action de la Banque du Liban (BDL) est venue encore une fois délimiter les marges de fluctuation des grandes devises. En se déclarant prête à acheter et à vendre le billet vert simultanément entre 1 501,00 et 1 514,00 LL, celle-ci est parvenue ainsi à le faire fixer invariablement au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, pendant qu’il se négociait tout près du haut de sa fourchette d’intervention et en dehors d’elle, entre 1 513,00 et 1 513,50 LL. Mais compte tenu du net ralentissement de l’activité sur le marché, le volume d’affaires de la journée d’hier n’aurait pas dépassé quelque cinq millions de dollars, entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques de la place, ont indiqué les cambistes. Le dollar a profité de la victoire de Bush à la présidentielle À l’étranger, le billet vert, dopé par la victoire désormais quasi certaine de George W. Bush aux États-Unis, a empêché l’euro de remonter la pente sur les marchés des changes internationaux, le bloquant sous le seuil de 0,88 dollar, malgré la baisse des ventes de détail américaines qui confirme le ralentissement de la première économie mondiale. La Cour suprême des États-Unis a refusé tôt dans la matinée un nouveau décompte manuel des voix en Floride, ouvrant ainsi la voie de la présidence au candidat républicain, George W. Bush. L’euro s’est ainsi essoufflé face à un dollar conforté par cette victoire quasi assurée du candidat républicain dans la course à la Maison-Blanche. Cela d’autant que le candidat démocrate Al Gore a reconnu sa défaite lors d’une déclaration à la nation hier, après avoir demandé dans la journée à son équipe en Floride de suspendre le combat pour de nouveaux décomptes de voix. Un nouveau décompte des voix était indispensable en Floride pour donner une chance à Al Gore de gagner l’élection présidentielle américaine. Les investisseurs sont toutefois restés prudents, refroidis par l’annonce d’une baisse de 0,4 % des ventes de détail aux États-Unis en novembre, pour la première fois depuis avril dernier, au lieu d’une hausse de 0,2 % attendue par les analystes, confirmant le ralentissement de la croissance de l’économie américaine et pavant la voie à un éventuel assouplissement de la politique de crédit de la Réserve fédérale (Fed) lors de la réunion, mardi prochain, de son comité de l’open market. Toutefois, les mouvements ont été assez confus sur le marché hier, entre la victoire de George W. Bush et la baisse des ventes américaines de détail. Et si le dollar a profité du soulagement des marchés concernant la fin du feuilleton de la présidentielle aux États-Unis, il n’en demeurait pas moins que les investisseurs s’inquiétaient toujours de l’état de l’économie américaine, fait-on remarquer dans les milieux cambistes. De plus, le billet vert a trouvé appui par le nouvel accès de faiblesse du yen qui s’est montré hier sans force après la publication de l’enquête trimestrielle de conjoncture Tankan de la Banque du Japon, jugée décevante par les investisseurs. Les entrepreneurs japonais, qui avaient affiché un optimisme croissant depuis deux ans sur l’évolution de l’économie japonaise, sont brusquement devenus plus prudents cet automne en raison du recul de la Bourse et d’un ralentissement des exportations. Eu égard à toutes ces considérations, le dollar s’est négocié à New York, sur un ton soutenu comme suit : – 0,8760 pour un euro contre 0,8800, la veille – 1,4545 pour un sterling contre 1,4495 – 2,2330 DM contre 2,2230 – 7,4890 FF contre 7,4560 – 1,7170 FS contre 1,7125 – 2 210,60 lires contre 2 200,80 – 112,45 yens contre 111,45. Bourse de Beyrouth : en léger repli À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est ressentie un peu hier du léger repli des actions des Ciments libanais de 13/32 à 12/32 dollar dans un marché étriqué et stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a abandonné 0,04 % à 64,07 points, tandis que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait toujours à 141,72 points. Ce mouvement s’est déroulé dans un volume d’affaires très mince avec 13 936 actions négociées d’une valeur globale de 30 397 dollars. Tendance toujours mitigée dans les Bourses américaines Sur les places boursières internationales, la tendance est restée partagée à New York où Wall Street a continué sur sa lancée de la veille alors que la Bourse électronique Nasdaq battait toujours en retraite. Après une poussée d’enthousiasme initiale suivant l’arrêt de la Cour suprême des États-Unis favorable au candidat républicain George W. Bush, les investisseurs ont opté pour la prudence, en attendant les chiffres sur les prix à la production et à la consommation aux États-Unis devant paraître aujourd’hui et demain pour se faire une idée sur les perspectives d’assouplissement monétaire de la Fed pour remédier au ralentissement accentué de l’économie américaine. À Wall Street, les titres des secteurs (comme le tabac, la pharmacie et le pétrole) qui pourraient bénéficier d’une administration républicaine étaient à la hausse, contrairement aux valeurs technologiques. Ces dernières ont évolué irrégulièrement au lendemain de l’avertissement lancé par Compac qui prévoit un bénéfice inférieur aux attentes des analystes au quatrième trimestre, phénomène qui a entraîné l’ensemble de ce secteur vers le bas. Cela étant, et compte tenu aussi de la baisse des ventes de détail américaines montrant un ralentissement de la croissance et renforçant l’hypothèse d’un assouplissement monétaire, l’indice composite Nasdaq est retombé au-dessous des 2 850 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait à la hausse entre un plus bas à 10 777,57 points et un plus haut à 10 915,40 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 811,12 points, en hausse de 42,85 points sur la veille. Baisse des Bourses européennes dans un climat maussade Les Bourses européennes ont été tirées à la baisse mercredi dans un climat maussade par les technologiques, «profit warnings» et faiblesse de l’économie américaine réduisant à néant la note positive apportée par la perspective d’un dénouement imminent du feuilleton électoral américain. À l’heure de clôture de la plupart des places européennes, l’indice Eurotop 300 cédait 0,3 % à 1 597,75 points. L’indice Euro Stoxx 50, limité aux valeurs vedettes de la zone euro, perdait 1,16 à 4 890,16 points. L’indice sectoriel des technologiques régressait de 3,3 % sous la pression d’Alcatel et de quantité d’autres grands noms du secteur. Les compartiments de la pharmacie, des banques et du pétrole étaient toutefois bien orientés, de même que des valeurs défensives telles que les sociétés de l’alimentation et des services publics. De part et d’autre de l’Atlantique, des compartiments tels que ceux des pharmaceutiques et du tabac ont modestement progressé, la victoire de Bush étant considérée comme favorable à ces secteurs. British-American Tobacco a ainsi gagné 1,9 %, et son concurrent franco-espagnol Altadis 0,19 %. Aux pharmaceutiques, Glaxo a gagné 2,03 % et SmithKline 2,12, améliorant leurs gains de la veille, dans l’attente d’une réalisation de leur fusion d’ici à la fin de l’année. AstraZeneca a gagné 1,5 %. Mais ces quelques progressions n’ont pas pesé lourd face au mouvement de correction toujours subi par les grandes valeurs de la technologie et des télécommunications. Alcatel a ainsi plongé de 6,28 % sur des prises de bénéfices alimentées par une série de rumeurs, notamment sur des problèmes concernant sa filiale canadienne Newbridge. Tokyo : poursuite de la hausse La Bourse de Tokyo a clôturé en hausse de 0,4 % mercredi, les investisseurs rachetant les valeurs technologiques à la suite de l’arrêt de la Cour suprême des États-Unis interprété comme ouvrant la voie de la présidence américaine à George Bush. L’indice de référence Nikkei-225 progressait de 54,04 points en fin de séance à 15 168,68 points. L’indice était pourtant en baisse de 0,8 % à la fin de la séance du matin après la diffusion par la Banque du Japon du rapport Tankan sur le moral des entrepreneurs. L’indice de confiance dans les grandes entreprises du secteur manufacturier est resté stable à +10, comme lors de la publication de la précédente enquête en septembre. Le rapport, publié avant l’ouverture du marché nippon, additionné à la baisse du Nasdaq mardi soir, a fait chuter les valeurs high-tech à Tokyo. La nouvelle de la décision de la Cour suprême des États-Unis empêchant le recompte des votes en Floride et accordant ainsi apparemment la victoire au républicain George W. Bush sur le démocrate Al Gore, est tombée durant la pause du déjeuner à Tokyo. «L’information sur l’élection américaine a inversé la tendance du marché», a estimé Kazue Mayuzumi, analyste senior à Nikko Securities. Selon Kazue Mayuzumi, «la nouvelle a poussé les investisseurs à Tokyo à acheter par anticipation sur la hausse qui devrait intervenir à Wall Street». L’indice Topix a cependant perdu 0,77 points à 1 392,90 points. Le montant des transactions s’est élevé à 669 millions de titres échangés contre 660,7 millions la veille. Mitsuo Horii, analyste à Sakura Friendly Securities, a estimé que les perspectives pour les marchés américains dépendaient bien plus des décisions que prendra éventuellement la semaine prochaine le comité monétaire de la Réserve fédérale. Malgré les gains du Nikkei, les valeurs en baisse ont dominé à 756 contre 513, 156 autres restant inchangées.
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