Deux ans durant, Marie-Claude Pietragalla, la danseuse qui, il y a trois ans, a soulevé les foules à Beiteddine, prépare Sakountala, un spectacle inspiré de la vie de Camille Claudel. La première a eu lieu le 18 octobre passé au Dôme de Marseille dont elle dirige le ballet. «Je ne voulais pas faire quelque chose de biographique, mais parler de Camille, de son internement», a-t-elle expliqué. C’est par des retours en arrière, donc des flash-back, qu’elle redessine la vie de son héroïne. Pour interpréter ce rôle, la danseuse s’est associée à Jeanne Fayard, autrefois sculpteur elle-même, biographe de Rodin, ayant autrefois défendu Camille avant tout le monde. Pour mettre au point sa chorégraphie, Marie-Claude Pietragalla s’est donc laissée guider par elle. Des mois durant, la chorégraphe lisait les ouvrages écrits sur Camille, Rodin, les lettres qu’elle avait adressées à sa mère la suppliant de la reprendre à la maison. Elle a accompli aussi le pèlerinage à l’asile psychiatrique, à Ville-Evrard, où Camille Claudel a tellement souffert. «Camille est un personnage dont le destin interroge profondément ce qu’il y a en nous de plus fragile, dit-elle, pour l’incarner, il faut des garde-fous». Comme chorégraphe, Pietragalla se réfère sans cesse au travail de Camille, sur la matière (le marbre, l’onyx dur), partant des principales sculptures de son héroïne: La valse, Les causeuses, L’implorante et Sekountala, qui donne son nom à sa chorégraphie. Ce travail a permis à «Pietra», de son propre aveu, de se libérer de son carcan classique pour atteindre une gestuelle proche des œuvres sculptées par son héroïne. «J’ai l’impression de forger mon propre langage» avoue-t-elle. Dans sa course fiévreuse pour la réalisation de ce ballet où, des mois durant, 40 personnes dont les danseurs du Ballet de Marseille et des artistes du cirque ont travaillé sous sa direction 6 à 8 heures par jour, la danseuse étoile a communiqué sa passion pour Camille Claudel à toute la ville. Marseille s’est mobilisée pour ce spectacle, en même temps magnifique et terrible... «En interprétant Camille, avoue-telle, je suis forcée de retrouver mon équilibre. Je réussis alors à prendre du recul et à poser des questions pour avancer plus loin. C’est une épreuve et une joie à la fois». Douleur et satisfaction. Car cette création, de l’aveu général, lui a permis d’atteindre, dans son art, une extraordinaire dimension. Aurions-nous un jour le bonheur de la voir au Liban?
Deux ans durant, Marie-Claude Pietragalla, la danseuse qui, il y a trois ans, a soulevé les foules à Beiteddine, prépare Sakountala, un spectacle inspiré de la vie de Camille Claudel. La première a eu lieu le 18 octobre passé au Dôme de Marseille dont elle dirige le ballet. «Je ne voulais pas faire quelque chose de biographique, mais parler de Camille, de son internement», a-t-elle expliqué. C’est par des retours en arrière, donc des flash-back, qu’elle redessine la vie de son héroïne. Pour interpréter ce rôle, la danseuse s’est associée à Jeanne Fayard, autrefois sculpteur elle-même, biographe de Rodin, ayant autrefois défendu Camille avant tout le monde. Pour mettre au point sa chorégraphie, Marie-Claude Pietragalla s’est donc laissée guider par elle. Des mois durant, la chorégraphe lisait les ouvrages...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.