Partisans d’Al Gore et de George W. Bush se sont livrés à une guerre d’annonce de résultats partiels des décomptes des bulletins de vote de Floride samedi avant que la Cour suprême américaine n’arrête ses décomptes. Les républicains ont accusé les démocrates d’outrepasser les décisions de justice en faisant part de résultats partiels samedi afin de manipuler l’opinion publique. Peu après la décision de la Cour suprême des États-Unis de faire cesser les nouveaux décomptes de plus de 45 000 bulletins, ordonnés la veille par la Cour suprême de Floride, un des conseillers juridiques du démocrate Al Gore a exprimé sa déception, arguant que les décomptes en cours montraient un avantage pour le vice-président. «(...) Nous étions clairement en train de faire la différence et de passer en tête, si les décomptes avaient pu se poursuivre», a affirmé ce conseiller démocrate, Ron Klain. Selon lui, d’après les chiffres de 13 comtés de Floride – y compris cinq d’entre eux majoritairement républicains – Al Gore a affiché un gain net de 58 votes. L’avocat d’Al Gore, David Boies, a renchéri : «Si les décomptes continuent, il semble (...) que le vice-président Gore et son colistier Joseph Lieberman vont gagner le vote populaire en Floride tout comme ils l’ont fait à l’échelle du pays». Les républicains ont immédiatement crié au scandale, disant que l’annonce de résultats partiels allait à l’encontre des injonctions du juge Terry Lewis, réclamant de ne pas publier de décomptes provisoires. L’avocat républicain Phil Beck a demandé au juge de réprimander les démocrates et de leur interdire de dévoiler d’autres décomptes partiels. «Nous avons respecté l’ordre de la cour et n’avons pas fait publicité des décomptes partiels que nous avons trouvés encourageants» pour le camp républicain, a affirmé cet avocat. Mitchell Berger, un avocat représentant les démocrates, a affirmé quant à lui que les démocrates n’avaient pas compris les ordres du juge. «Nous n’avions pas compris que c’était un ordre au silence», a affirmé cet avocat. «Nous pensions que votre injonction signifiait que les commissions électorales n’avaient pas le droit d’annoncer des résultats partiels». Lors d’une audience en conférence téléphonique, le juge Lewis a finalement ordonné le silence aux deux camps. Plus tôt dans l’après-midi, le gouverneur républicain du Montana, Mark Racicot, avait mené l’attaque contre les démocrates. «Nous sommes très perturbés par la violation intervenue cet après-midi», a-t-il déclaré à des reporters, peu après l’intervention des conseillers juridiques de Gore. «C’est encore une tentative des démocrates d’influencer subrepticement le processus électoral», a-t-il ajouté, flanqué du gouverneur républicain de New York, George Pataki, opinant ostensiblement de la tête. Les deux gouverneurs ont affirmé quant à eux qu’ils avaient des chiffres montrant que Bush, et non Gore, prenait de l’avance mais ils se sont refusés à donner des détails. «Je suis très satisfait des résultats que j’ai vus (pour Bush)... mais je ne violerai pas l’ordre du juge Lewis», a affirmé George Pataki ajoutant qu’il était «étonné» des remarques de MM. Klain et Boies. Pour le seul comté de Miami-Dade, un décompte manuel d’environ 4 000 bulletins sur les 9 000 bulletins à examiner a donné 92 nouvelles voix à Bush et 50 à Gore, selon un observateur républicain.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Partisans d’Al Gore et de George W. Bush se sont livrés à une guerre d’annonce de résultats partiels des décomptes des bulletins de vote de Floride samedi avant que la Cour suprême américaine n’arrête ses décomptes. Les républicains ont accusé les démocrates d’outrepasser les décisions de justice en faisant part de résultats partiels samedi afin de manipuler l’opinion publique. Peu après la décision de la Cour suprême des États-Unis de faire cesser les nouveaux décomptes de plus de 45 000 bulletins, ordonnés la veille par la Cour suprême de Floride, un des conseillers juridiques du démocrate Al Gore a exprimé sa déception, arguant que les décomptes en cours montraient un avantage pour le vice-président. «(...) Nous étions clairement en train de faire la différence et de passer en tête, si les...