L’automobile est un des premiers secteurs touchés par le ralentissement économique aux États-Unis et les grands constructeurs réduisent la production avec à la clé des licenciements. Pour General Motors, Ford et DaimlerChrysler, l’horizon s’obscurcit avec la hausse des prix de l’essence, la baisse de la confiance des consommateurs et en conséquence de leur consommation, avec notamment la disparition de l’effet de richesse qui était encore leur pain quotidien quand la Bourse s’envolait. Les ventes devraient être de 17,1 millions de véhicules sur 2 000 et de 16,5 millions l’an prochain, ce qui reste «toujours un gros volume» comparé au record annuel de 17,3 millions en 99, a estimé vendredi Dennis Virag, directeur de la société Automotive Consulting Group à Ann Harbor (Michigan). «À l’évidence, Chrysler rencontre quelques problèmes et le constructeur sera vraisemblablement le plus touché» par la baisse du rythme de la croissance économique et des ventes automobiles, a souligné Dennis Virag. D’une manière générale, DaimlerChrysler, Ford et GM seront bien plus touchés que les constructeurs japonais ou européens d’une baisse du marché «avec déjà une illustration sur les deux derniers mois avec un recul des ventes des trois grands, alors que les importateurs augmentent leurs parts de marché», a expliqué cet expert. De fait, sur un an GM affiche une perte d’un point de part de marché (avec environ 28,4 %) et Chrysler 1,5 point, alors que sur la même période Toyota a gagné 0,5 point, Nissan 0,3 point et Volkswagen 0,8. L’impact sur les bénéfices est énorme, d’autant que les constructeurs sont engagés dans une guerre des prix sans merci. Malgré les rabais, les grands constructeurs n’arrivent pas à écouler les stocks et selon Haig Stoddard, le directeur du cabinet d’analyse automobile Ward’s, cité par le New York Times, le stock de GM correspond à 104 jours de vente, un niveau plus observé depuis janvier 91 quand l’économie américaine était en récession. C’est pour écouler ses stocks que GM a prévenu vendredi la Bourse d’une baisse de 14,5 % de sa production en Amérique du Nord sur le premier trimestre 2001. Ford avait décidé il y a une semaine de réduire sa production en décembre et pour le même mois DaimlerChrysler a prévu de fermer plusieurs usines pour une ou deux semaines. Face aux difficultés, le constructeur germano-américain a lancé jeudi un programme de réduction de ses coûts de 15 % sur les deux prochaines années. «Nous sommes dans une situation financière difficile», a reconnu le nouveau président de Chrysler, Dieter Zetsche, en réclamant à ses fournisseurs une baisse quasi immédiate de 5 % de leurs prix. Pour les fournisseurs, la baisse des ventes automobiles signifie moins de production de pièces et d’équipements à livrer aux constructeurs, donc moins de chiffres d’affaires. À cela vient s’ajouter, avec la baisse de leurs prix de ventes, une réduction des marges et moins de bénéfices. L’équation est souvent égale à des licenciements. L’équipementier Delphi vient d’annoncer 1 700 licenciements en raison de la baisse de la demande des constructeurs, et son concurrent Visteon a prévu une forte baisse de son bénéfice. D’ici à un mois, Visteon va «dresser un état des lieux de ses activités au niveau mondial avec l’objectif de réduire et de rationaliser la structure et de supprimer les doublons», a indiqué mercredi son PDG Peter Pestillo. Les mesures de chômage temporaires ou de licenciement ont déjà touché le secteur comme l’a indiqué jeudi le Cabinet d’études sociales Challenger, Gray and Christmas en notant qu’en novembre 8 306 emplois avaient été supprimés dans l’automobile.
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