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Actualités - Chronologie

Banques : le gouvernement Ecevit doit à présent nettoyer les écuries d’Augias

L’aide d’urgence de 10 milliards de dollars du FMI a sauvé la Turquie de sa crise de liquidités mais laisse devant elle le vaste chantier de la restructuration de son secteur bancaire, déjà soumis à un électrochoc qui risque d’en laisser un bon nombre sur le carreau. Selon l’estimation d’un expert bancaire, le «trou» financier des banques turques mis bout à bout représente environ 40 milliards de dollars US, dont 6 mds USD sortis par la Banque centrale pendant la crise et 8 mds USD pour 10 banques mises sous tutelle. La situation est toutefois nettement moins grave qu’en Argentine, au Brésil, en Thaïlande ou en Corée du Sud, a-t-il souligné sous couvert de l’anonymat. «L’assainissement du secteur pourrait prendre entre cinq et dix ans», selon lui. Depuis l’an dernier, 10 petites banques ont déjà été placées sous la tutelle de l’État, dont plusieurs frappées par des scandales de corruption. Mercredi, une onzième plus importante, Demirbank, dont les difficultés avaient été le détonateur de la crise, les a rejointes, et une autre, Investment Bank, s’est vu retirer sa licence. «On parle déjà d’une dizaine de banques qui ont des difficultés et qui vont passer sous le contrôle de l’État», a souligné un autre analyste. «Il y aura en tout cas un bon nombre de banques qui ne seront plus sur la place d’ici quelques mois» parmi les quelque 80 que compte le pays, a-t-il estimé. Le directeur du département recherche de la Disbank, Haluk Burumcekci, a estimé qu’au moins une quinzaine de banques devaient être éliminées pour avoir un système fonctionnel. «Il y a déjà une tendance à éliminer les banques en difficulté. Nous avons besoin de la sélection naturelle», a-t-il souligné. «Mais la garantie que le gouvernement a annoncée signifie qu’il prendra leur contrôle plutôt que de les laisser faire faillite». Le Premier ministre Bülent Ecevit a annoncé hier que le gouvernement allait continuer à apporter sa garantie aux détenteurs de comptes de dépôts et aux créditeurs des banques en difficulté, mais pas à ceux des propriétaires de banques liés à des activités délictueuses et au capital de leurs partenaires. «Le nombre de banques mises sous tutelle augmente. Leur restructuration sera très coûteuse. Ainsi, Demirbank, 9e banque du pays : sa remise à flot nécessitera des ressources proportionnelles à sa taille», a souligné M. Burumcekci. Le mois dernier, l’organe de supervision des banques avait annoncé qu’il achèverait la vente de 8 des banques à l’époque placées sous tutelle d’ici la fin avril, après les avoir restructurées pour un coût de 6,1 mds USD. La réforme du secteur bancaire «va coûter cher», a prévenu Robert Price, chargé de la Turquie à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), sans avancer de chiffre. «La réforme des banques reste primordiale, en particulier la nécessité de faire preuve d’une transparence absolue sur le coût de ce nettoyage en termes budgétaires», a-t-il dit. La Turquie s’était déjà engagée auprès du FMI à privatiser et nettoyer son secteur bancaire, mais a pris du retard dans le processus, entraînant même en septembre le report d’une tranche de crédits de la Banque mondiale. Pour calmer l’incendie, M. Ecevit annonçait le 30 novembre l’accélération du processus de privatisation de 3 banques, finalement entériné par le Parlement, et dont les pertes depuis le début de l’année sont estimées à plus de 20 milliards de dollars.
L’aide d’urgence de 10 milliards de dollars du FMI a sauvé la Turquie de sa crise de liquidités mais laisse devant elle le vaste chantier de la restructuration de son secteur bancaire, déjà soumis à un électrochoc qui risque d’en laisser un bon nombre sur le carreau. Selon l’estimation d’un expert bancaire, le «trou» financier des banques turques mis bout à bout représente environ 40 milliards de dollars US, dont 6 mds USD sortis par la Banque centrale pendant la crise et 8 mds USD pour 10 banques mises sous tutelle. La situation est toutefois nettement moins grave qu’en Argentine, au Brésil, en Thaïlande ou en Corée du Sud, a-t-il souligné sous couvert de l’anonymat. «L’assainissement du secteur pourrait prendre entre cinq et dix ans», selon lui. Depuis l’an dernier, 10 petites banques ont déjà été...