Le dollar est resté confiné dans d’étroites limites tout près du point supérieur d’intervention de la Banque du Liban (BDL), dans un marché toujours inquiet de la situation au Liban-Sud, reléguant au deuxième plan les facteurs positifs liés aux mesures gouvernementales de relance économique. En effet, l’offre du dollar continuait à se contracter pour ne pas dépasser le potentiel de la demande commerciale en cette monnaie, pendant que la BDL maintenait sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente. Dans ce contexte, le billet vert, qui a été fixé invariablement au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, devait être pratiquement négocié dans les échanges interbancaires entre 1 513,00 et 1 514,00 LL toute la journée, ont indiqué les cambistes. Mais compte tenu de la réticence des opérateurs à l’offre et à la demande de cette monnaie, le volume d’affaires ne parvenait guère à se développer, atteignant quelque sept millions de dollars, entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques de la place, a-t-on ajouté dans ces mêmes milieux. Prises de bénéfices sur l’euro À l’étranger, l’euro s’est légèrement replié hier sur les marchés des changes internationaux, en raison de prises de bénéfices des cambistes qui anticipent une amélioration des marchés boursiers aux États-Unis sur fond de victoire du candidat républicain George W. Bush qui est perçu comme plus amical envers les milieux d’affaires que son opposant démocrate Al Gore. Certes, les cambistes ont profité de la hausse récente de la monnaie unique contre le dollar pour prendre leurs bénéfices. Cela d’autant que les récents indicateurs publiés hier par la Commission européenne faisaient ressortir une croissance économique plus faible que prévue dans la zone euro. À cet égard, les analystes ont été sensibilisés par l’annonce que l’indice de confiance économique a rebaissé en novembre dans la zone euro à 103,20 points contre 103,30 points en octobre et 103,40 points en novembre, pendant qu’ils apprenaient que les chiffres du chômage en Allemagne ont révélé une diminution de 15 000 chômeurs le mois dernier au lieu de 20 000 attendu. En outre, les opérateurs ont apprécié les propos tenus hier par le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Alan Greenspan, devant des banquiers à New York, selon lequel l’instabilité des marchés boursiers pourrait provoquer un ralentissement économique excessif. Et d’ajouter que la Fed devait être vigilante à ce genre de risque, confortant les anticipations que la Banque centrale américaine va abandonner sa politique restrictive de crédit, relançant les spéculations à la hausse des Bourses américaines et par ricochet du dollar. Compte tenu de ces considérations, l’annonce hier par le département américain du Commerce que les commandes à l’industrie auraient diminué de 3,3 % en octobre contre une hausse de 1,1 % en septembre est passée comme inaperçue aussi bien à Wall Street que sur les marchés des changes. En effet, le dollar a repris un peu de souffle, se négociant à New York sur un ton soutenu comme suit : – 0,8805 pour un euro contre 0,8875, la veille – 1,4345 pour un sterling contre 1,4515 – 2,2215 DM contre 2,2040 – 7,4505 FF contre 7,3910 – 1,7150 FS contre 1,7010 – 2 199,10 lires contre 2 181,70 – 111,15 yens contre 111,00. Bourse de Beyrouth : en baisse À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été affectée hier par la baisse des actions B de Solidere dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a abandonné 0,68 % à 64,10 points, tandis que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu invariablement à 141,32 points. Ce mouvement s’est produit encore une fois dans des volumes d’affaires très minces avec au total 6850 actions négociées d’une valeur de 46 122 dollars. Envolée des Bourses américaines sur déclarations de Greenspan Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières se sont envolés hier, après les déclarations du président de la Fed, Alan Greenspan, affirmant que l’instabilité des marchés financiers pourrait provoquer un ralentissement excessif de l’économie. Et d’ajouter que la stimulation de la consommation provenant du haut niveau des cours boursiers avait diminué, faisant remarquer que la croissance de l’économie américaine s’est modérée de façon appréciable pour devenir plus vulnérable à des événements imprévus. Ces déclarations n’ont pas tardé à être interprétées par le marché comme le signal d’un relâchement des rênes du crédit par la Fed dans un avenir prochain. Elles ont donc donné un coup de fouet au marché, déjà orienté à la hausse après les revers judiciaires du candidat démocrate Al Gore à la présidence américaine qui réduisent considérablement ses espoirs de conquérir la Maison-Blanche. Les échecs d’Al Gore ont notamment relancé les actions des secteurs industriels traditionnels, comme les valeurs du tabac, plutôt favorables au candidat républicain, ainsi que les pétrolières et les pharmaceutiques. Les valeurs de la haute technologie étaient également en nette hausse avec Cisco, Microsoft, DoubleClick et tant d’autres. En effet, l’indice composite de la Bourse électronique Nasdaq est repassé au-dessus du seuil des 2 800 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus bas à 10 576,78 points et un plus haut à 10 883,93 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h, heure de Beyrouth, 10 857,76 points, en hausse de 297,66 points sur la veille. Hausse des Bourses européennes Les marchés européens ont rattrapé six semaines de baisse mardi grâce aux performances de valeurs comme Nokia et à une remontée en flèche de Wall Street. En fin de journée, alors que la plupart des marchés étaient fermés, l’indice Eurotop 300 paneuropéen gagnait 2,81 % à 1 586,29 points et l’Eurotoxx 50 des valeurs-vedettes de la zone euro progressait de 3,7 % à 4 910,09 points. Les propos mesurés du président de la Réserve fédérale Alan Greenspan et la perspective de la désignation du prochain président américain ont ajouté à l’euphorie ambiante et ravivé les espoirs de voir se concrétiser la traditionnelle reprise de fin d’année. Nokia a annoncé que ses prévisions de croissance annuelle de 25 %-35 % de son chiffre d’affaires seraient valables jusqu’en 2003. Le numéro un mondial des téléphones portables a également estimé qu’il y aurait un milliard d’usagers dans le monde entier d’ici au premier semestre 2002. «C’est quelque chose que nous savions déjà, avec une cerise sur le gâteau en plus», a commenté Ed Protheroe d’Aberdeen Asset Management. «Cela consolide l’histoire de Nokia à un moment où on recherche plus de visibilité dans les revenus et les hausses de chiffres d’affaires». Avec 9,5 % de hausse, l’action Nokia se retrouve en tête des valeurs gagnantes en Europe. 3Com, qui a annoncé lundi une révision à la baisse de ses prévisions de bénéfices, a perdu près de 30 % de sa valeur. En dépit de cet élément défavorable, les high-tech ont affirmé leur hausse, signe que le sentiment des investisseurs recommence à devenir favorable, après deux mois éprouvants pour les TMT. Toujours aux TMT, Alcatel et Philips Electronics ont gagné chacun plus de 8 %. Baltimore Technologies a gagné 16,42 %, et le fabricant de puces ASM Lithography 14,2 %. Boissons et agroalimentaire ont été les oubliés de cette journée euphorique, tout comme certaines valeurs bancaires. La banque britannique de crédit immobilier Abbey National a déclaré examiner une lettre de Lloyds TSB concernant une éventuelle «combinaison». Cette annonce a plombé le titre Lloyd, qui termine en baisse de 3,46 %. La Barclays termine de son côté en baisse de 2,58 %. Tokyo : clôture en baisse La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse de 1,7 %, mardi, le marché étant déprimé par la poursuite de la chute des valeurs technologiques sur les marchés américains, selon les opérateurs. L’indice de référence Nikkei-225 a chuté de 259,68 points à 14 695,05 points, l’indice élargi Topix cédant 19,30 points à 1 366,66 à la clôture. Le volume des transactions a été modérément animé avec 750 millions d’actions échangées. «L’indice était sous pression à la suite du repli des technologiques américaines la veille», a indiqué Masaaki Higashida, analyste chez Nomura Securities. À New York, l’indice composite Nasdaq a enregistré une baisse de 29,54 points (-1,12 %), lundi, pour s’établir à 2 615,75, tandis que le Dow Jones a grimpé de 187,13 points (+1,8 %) à 10 560,95 points à la clôture. Sur le marché japonais, les investisseurs étaient par ailleurs peu enclins à l’achat par manque d’incitations nouvelles, a ajouté M. Higashida. «Les investisseurs ont trouvé peu d’incitations nouvelles sur le marché et ont généralement plutôt revendu les titres de la haute technologie», a-t-il dit. Le marché restait très attentif au remaniement de l’actuel gouvernement du Premier ministre Hyoshiro Mori, qui a présenté sa nouvelle équipe mardi dans l’après-midi, ont indiqué des courtiers. «Le remaniement ministériel n’affecte pas le marché pour l’instant, mais les investisseurs restent très attentifs», a-t-il déclaré. Le ministre des Finances Kiichi Miyazawa a conservé son poste ainsi qu’un autre poids lourd du gouvernement sortant, le ministre des Affaires étrangères, Yohei Kono. La nouvelle équipe dirigeante du Japon a été resserrée – treize ministères contre 23 ministères et secrétariats d’État pour le précédent Cabinet – afin de donner plus de pouvoirs aux politiques face aux fonctionnaires, dont l’influence sur la marche de l’État est jugée trop forte.
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