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Actualités - Chronologie

Pas de retraite pour Godard, 70 ans

L’enfant terrible de la «Nouvelle vague», l’un des mythes vivants du 7e art, Jean-Luc Godard, a fêté dimanche ses 70 ans et ne semble pas décidé à vouloir prendre sa retraite. Établi depuis une vingtaine d’années à Rolles, dans le canton de Vaud, au bord du lac Léman, Jean-Luc Godard est né le 3 décembre 1930 de parents français d’origine suisse. Génial réalisateur de À bout de souffle (1959) et du Mépris (1963), deux films qui ont révolutionné l’histoire du cinéma, Jean-Luc Godard sera présent sur les écrans suisses d’ici la fin décembre en tant qu’acteur dans la dernière réalisation de sa compagne et collaboratrice Anne-Marie Mieville, Après la réconciliation. Il vient également de tourner un nouveau long métrage de fiction, Éloge de l’amour, dans lequel figurent aussi bien l’écrivain français Jean d’Ormesson que l’acteur Bruno Putzulu, César 99 du meilleur espoir. Le cinéaste prévoit ensuite de mettre en chantier un documentaire intitulé Notre musique, qui évoquera le travail de Manfred Eicher, fondateur et directeur artistique de la maison de disques allemande ECM. Ce dernier a collaboré aux bandes sonores des dernières productions de Godard, Nouvelles vagues (1991) et For ever Mozart (1996). La « Nouvelle vague » Après son enfance passée à Nyon, près de Genève, et des études d’ethnologie à Paris, Godard s’est lancé dans la critique cinématographique aux Cahiers du cinéma et à Art, en compagnie des futurs réalisateurs de la Nouvelle vague, François Truffaut, Jacques Rivette, Eric Rohmer et Claude Chabrol. Ces «jeunes turcs», comme on les appelait, dénonçaient à l’époque un cinéma français sclérosé, et mettaient en avant des cinéastes américains injustement méprisés, comme Alfred Hitchcock et Howard Hawks. Après quelques courts métrages, le jeune Godard a tourné son premier long métrage À bout de souffle, qui a imposé Jean-Paul Belmondo dans le rôle d’un jeune voyou. D’emblée, le film a frappé les esprits par son style désinvolte et son refus des règles classiques du cinéma. Scénariste du film, François Truffaut a dit de Godard qu’avec ce film il avait «fichu la pagaille dans le cinéma ainsi que l’a fait Picasso dans la peinture et, comme lui, il a rendu tout possible». Ont suivi quelques chefs-d’œuvres comme Une femme est une femme, Vivre sa vie et Pierrot le fou, dans lesquels il pose un regard constamment amoureux sur sa femme de l’époque, l’actrice Anna Karina. À la fin des années soixante, le romantique Godard s’est fait plus sociologue. Dans «Deux ou trois choses que je sais d’elle» (1966), Week End (1967), et La Chinoise (1967), Godard s’est montré résolument critique vis-à-vis de la «société de consommation» et du système capitaliste. Essayiste et pamphlétaire Après mai 68, le réalisateur, de plus en plus essayiste et pamphlétaire, a tourné le dos à la fiction et aux productions commerciales, pour réaliser, selon lui, «des films politiquement politiques». Ces œuvres didactiques et gauchistes n’ont d’ailleurs plus été signées par Godard lui-même, mais par le groupe «Dziga Vertov». Au milieu des années 70, Godard s’est installé à Grenoble avec Anne-Marie Mieville pour s’intéresser à la vidéo. Au cours de cette nouvelle période, marquée par Numéro deux (1975) et deux émissions de télévision, le cinéaste a entamé une réflexion sur les images et les médias. Le retour en Suisse de Godard en 1979 a correspondu également à son retour à la fiction avec l’un de ses chefs-d’œuvre, Sauve qui peut (la vie) qui met en scène les acteurs français Nathalie Baye, Jacques Dutronc et Isabelle Huppert. Ont suivi quelques œuvres tournées alternativement en Suisse, Je vous salue Marie (1983), et sur territoire français, Détective avec Johnny Hallyday (1984). Ces dernières années, le cinéaste s’est surtout consacré à des essais cinématographiques, à la fois lyriques et réflexifs, comme les huit parties de ses Histoire(s) du cinéma, commencées en 1988, achevées dix ans plus tard, et aujourd’hui en partie détruites après l’inondation d’octobre dernier de la cave du festival de Locarno dans laquelle elles avaient été entreposées et oubliées.
L’enfant terrible de la «Nouvelle vague», l’un des mythes vivants du 7e art, Jean-Luc Godard, a fêté dimanche ses 70 ans et ne semble pas décidé à vouloir prendre sa retraite. Établi depuis une vingtaine d’années à Rolles, dans le canton de Vaud, au bord du lac Léman, Jean-Luc Godard est né le 3 décembre 1930 de parents français d’origine suisse. Génial réalisateur de À bout de souffle (1959) et du Mépris (1963), deux films qui ont révolutionné l’histoire du cinéma, Jean-Luc Godard sera présent sur les écrans suisses d’ici la fin décembre en tant qu’acteur dans la dernière réalisation de sa compagne et collaboratrice Anne-Marie Mieville, Après la réconciliation. Il vient également de tourner un nouveau long métrage de fiction, Éloge de l’amour, dans lequel figurent aussi bien l’écrivain...