Les responsables du Trésor et les patrons israéliens redoutaient que la poursuite des violences dans les territoires palestiniens frappent de plein fouet une économie en pleine croissance et fassent fuir les investisseurs étrangers. «Si elles se poursuivent pendant un mois, les violences vont provoquer une baisse de la croissance, qui n’atteindra que 4,2 %, contre un taux prévu de 5 %, ce qui signifiera une perte de 700 millions de dollars pour le Produit intérieur brut, à supposer que la situation ne se dégrade pas davantage», a affirmé le président de l’Association des industriels, Oded Tira. Un diagnostic partagé en partie par le ministre des Finances, Avraham Shohat, qui a estimé hier que «les affrontements actuels affecteront notre économie s’ils devaient se prolonger». Dans son projet de budget pour 2001, le Trésor tablait sur une croissance de 5 à 5,5 % en 2001, qui devait constituer un des rares succès pour le Premier ministre Ehud Barak en cas d’élections anticipées. Mais les images de violences diffusées dans le monde entier pourraient remettre en cause ce scénario. Selon le quotidien Haaretz, les annulations de visite de groupes de touristes inquiets pour leur sécurité se sont multipliées ces derniers jours. Le ministre du Tourisme, Amnon Lipkin-Shahak, a ordonné de geler les campagnes de promotion à l’étranger du tourisme en Israël «dans la mesure où dans la situation actuelle, elles ne servent à rien», a indiqué un responsable du ministère. La Bourse de Tel-Aviv a, elle aussi, commencé à ressentir le contrecoup des violences, qui ont déjà fait une centaine de morts depuis le 28 septembre, pour la plupart des Palestiniens. Le marché a été submergé d’ordres de ventes qui ont provoqué hier une chute de 6 % des cours, après quatre jours de fermeture de la Bourse. Une petite attaque spéculative contre la monnaie israélienne s’est également produite, selon des responsables de la Banque d’Israël, le shekel ayant subi une baisse légèrement supérieure à 1 %. Cela pourrait contraindre le gouverneur de la Banque centrale, David Klein, à différer une nouvelle réduction des taux d’intérêt, un moyen utilisé jusqu’à présent pour stimuler la croissance. Le bouclage total de la Cisjordanie et de la bande de Gaza imposé depuis vendredi à l’aube, qui condamne l’immense majorité des 100 000 Palestiniens venant travailler quotidiennement en Israël au chômage, affecte l’activité des entreprises du BTP (bâtiment et travaux publics), de la restauration et des entreprises de secteurs employant une nombreuse main-d’œuvre non qualifiée. Le ministère de l’Agriculture a demandé au gouvernement de faciliter l’importation de fruits et légumes européens en supprimant provisoirement les droits de douanes pour compenser l’arrêt, dû au bouclage, des approvisionnements en provenance des territoires palestiniens. La haute technologie, secteur vedette et véritable locomotive de la croissance, n’est pas non plus épargnée. «De nombreux étrangers préfèrent ces derniers jours attendre que les choses s’éclaircissent avant de prendre une décision concernant leurs investissements en Israël», estime un responsable d’un fonds de capital-risque qui a demandé à garder l’anonymat. L’enjeu est énorme: les investissements étrangers en Israël, essentiellement concentrés sur les petites entreprises informatiques, électroniques et de biotechnologie, devaient atteindre un montant record de 7 milliards de dollars cette année, d’après les estimations des professionnels, avant le début des émeutes. «Des scènes d’un pays à feu et à sang pourraient inciter davantage encore les entreprises de high-tech à déménager aux États-Unis», poursuit ce responsable. La plupart des grands noms de ce secteur sont d’ores et déjà installés outre-Atlantique, avec plus d’une centaine de sociétés fondées par des Israéliens cotées sur le Nasdaq.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les responsables du Trésor et les patrons israéliens redoutaient que la poursuite des violences dans les territoires palestiniens frappent de plein fouet une économie en pleine croissance et fassent fuir les investisseurs étrangers. «Si elles se poursuivent pendant un mois, les violences vont provoquer une baisse de la croissance, qui n’atteindra que 4,2 %, contre un taux prévu de 5 %, ce qui signifiera une perte de 700 millions de dollars pour le Produit intérieur brut, à supposer que la situation ne se dégrade pas davantage», a affirmé le président de l’Association des industriels, Oded Tira. Un diagnostic partagé en partie par le ministre des Finances, Avraham Shohat, qui a estimé hier que «les affrontements actuels affecteront notre économie s’ils devaient se prolonger». Dans son projet de budget pour 2001, le...