Une guerre dans la péninsule serait un cauchemar régional
le 31 décembre 2002 à 00h00
Un éventuel étouffement économique de la Corée du Nord par les États-Unis après la relance du programme nucléaire de Pyongyang a non seulement été rejeté hier par le président sud-coréen Kim Dae-Jung, mais trouve peu de partisans parmi les autres grands acteurs régionaux de la crise, la Chine, le Japon et la Russie. Selon des informations de la presse américaine, Washington a préparé une série de mesures politiques et financières pour forcer la Corée du Nord à renoncer à ses projets atomiques. Toutefois, afin que ces pressions aient une chance de donner des résultats, elles doivent avoir le soutien à la fois des alliés de Pyongyang, la Chine et la Russie, et de ceux de Washington, du Japon et de la Corée du Sud en tête. Or, si aucun de ces pays n’a intérêt à voir la Corée du Nord se doter de l’arme atomique, leur malaise est perceptible face à la politique des États-Unis, déterminés à l’en dissuader. Ainsi, « la Chine va dire aux États-Unis que des pressions sur Pyongyang seraient contre-productives », a estimé Joseph Cheng, spécialiste de la Chine à la City University de Hong Kong. Pékin n’a, en effet, rien à gagner en faisant figure de partenaire mineur d’une stratégie de tension orchestrée par Washington. « Si la Chine aide les États-Unis et exerce une pression sur Pyongyang, elle perdra sa crédibilité au Nord et une occasion d’exercer de manière indépendante son influence sur la péninsule », a poursuivi cet expert. Pékin préfère une solution développant l’accord qu’ont signé en 1994 la Corée du Nord et les États-Unis par lequel le régime de Pyongyang abandonnerait ses ambitions nucléaires en échange d’une aide et de négociations en vue de la conclusion d’un pacte de non-agression, disent des spécialistes. Une guerre dans la péninsule serait un cauchemar pour tout le monde dans la région, notamment pour la Chine, car un conflit provoquerait un afflux de centaines de milliers de réfugiés dans le nord-est de ce pays où les Nord-Coréens fuyant la faim et l’oppression posent déjà un problème. La Russie, quant à elle, s’est montrée très critique à l’égard des États-Unis sur la Corée du Nord, affirmant que Washington portait la responsabilité de l’arrêt de l’application de l’accord de 1994. Elle a aussi mis en doute les affirmations, selon lesquelles Pyongyang pouvait se doter d’armes nucléaires. « La Russie voit que les États-Unis accroissent leur influence dans la péninsule en faisant pression sur le Nord. Moscou s’y oppose », a dit un analyste gouvernemental à Séoul.
Un éventuel étouffement économique de la Corée du Nord par les États-Unis après la relance du programme nucléaire de Pyongyang a non seulement été rejeté hier par le président sud-coréen Kim Dae-Jung, mais trouve peu de partisans parmi les autres grands acteurs régionaux de la crise, la Chine, le Japon et la Russie. Selon des informations de la presse américaine, Washington a préparé une série de mesures politiques et financières pour forcer la Corée du Nord à renoncer à ses projets atomiques. Toutefois, afin que ces pressions aient une chance de donner des résultats, elles doivent avoir le soutien à la fois des alliés de Pyongyang, la Chine et la Russie, et de ceux de Washington, du Japon et de la Corée du Sud en tête. Or, si aucun de ces pays n’a intérêt à voir la Corée du Nord se doter de l’arme...
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