Quelque 2,7 millions d’électeurs de Lituanie sont appelés dimanche à élire leur président au cours d’un scrutin qui devrait voir l’actuel chef de l’État Valdas Adamkus reconduit pour un nouveau mandat. Considéré comme l’artisan de l’adhésion prochaine à l’Union européenne et à l’Otan de cette république balte redevenue indépendante de l’URSS il y a onze ans, M. Adamkus, candidat indépendant, devrait l’emporter au second tour face à 16 autres candidats, dont certains très populaires. À 75 ans, Valdas Adamkus, revenu des États-Unis pour œuvrer pour son pays, est crédité de 35 % des votes au premier tour face à ses rivaux dont aucun ne devrait avoir un score supérieur au tiers de ce pourcentage, à en croire les récents sondages. Parmi les candidats les plus populaires figurent d’abord Rolandas Paksas, 46 ans, deux fois maires de Vilnius, deux fois Premier ministre et président du Parti libéral-démocrate qu’il a créé l’an dernier. Les intentions de vote en sa faveur sont de 12 %, ce qui l’a fait passer devant son concurrent le plus dangereux, l’actuel président du Parlement, Arturas Paulauskas, 49 ans. Ce dernier dirige le Parti social-libéral, au pouvoir, et a perdu trois points à 9 % de bulletins. Paulauskas avait affronté Adamkus au second tour des présidentielles de 1998 et avait perdu de peu l’élection par 14 000 votes seulement. Alvydas Lukosaitis, analyste de l’Institut de sciences politiques et relations internationales de Vilnius, estime que les invitations adressées à la Lituanie par l’UE et l’Otan font indubitablement d’Adamkus le héros de la consultation présidentielle. « Les décisions du sommet de l’Otan à Prague en novembre et la semaine dernière au sommet de Copenhague ont été des cartes gagnantes dans la main d’Adamkus », déclare Lukosaitis. Rimvydas Valatka, commentateur politique du plus grand quotidien Lietuvos Rytas est d’accord. « Adamkus n’a rien d’autre à faire que de compter sur l’aquis et gagner les élections », dit-il. « Il a également de la chance, car durant les cinq dernières années aucun nouveau rival n’a émergé et les gens devront voter Adamkus, car ils n’auront pas d’autre choix », ajoute Valatka. Toutefois ces deux observateurs politiques n’envisagent pas de victoire au premier tour pour le président sortant. Ils tablent sur le second tour, prévu le 5 janvier. « Il avait un temps semblé qu’Arturas Paulauskas serait le candidat susceptible de se retrouver face à Adamkus, mais aujourd’hui ce n’est plus aussi clair puisque le soutien de Paksas s’est accru », déclare Valatka. Valatka estime que le taux de participation avoisinera les 65 %. En vertu de la Constitution lituanienne, la principale responsabilité du président est la conduite des affaires étrangères, mais il a également une influence considérable sur les affaires de politique intérieure. Le nouveau président devrait prendre ses fonctions à la fin février.
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