Le Premier ministre Tony Blair, principal allié de Washington dans les préparatifs de guerre en Irak, a fait un geste en direction des pays arabes en invitant des responsables palestiniens à une conférence internationale en janvier à Londres. Des représentants des principaux « acteurs » internationaux au Proche-Orient (États-Unis, Russie, UE, Onu – le quartette) ont également été conviés, selon un porte-parole de M. Blair, mais pas Israël. Des délégués d’autres pays du Proche-Orient – Égypte, Arabie saoudite et Jordanie notamment – devraient également être invités, selon la même source. Tony Blair « pense qu’à moins de faire bouger les choses, la campagne lancée contre le terrorisme d’el-Qaëda ne sera pas efficace », a déclaré Rosemary Hollis, spécialiste du Proche-Orient au Royal Institute of International Affairs à Londres. Le Premier ministre britannique « est conscient, aussi bien à propos d’une attaque contre l’Irak qu’en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme, qu’il est important de parvenir à une solution du conflit israélo-palestinien », a-t-elle poursuivi. Pour le Times (centre droit), « M. Blair a calculé qu’il avait besoin d’autant d’amis dans le monde arabe que possible » dans la perspective probable d’un conflit en Irak au début de l’année prochaine. Pour le Guardian (gauche), « M. Blair est convaincu que la Grande-Bretagne a un rôle à jouer et compte s’impliquer, avec le soutien actif de MM. Bush et Sharon si possible, mais, si cela est nécessaire, sans leur soutien ». De fait, Israël ne sera pas présent à cette mini-conférence. « Israël n’est pas directement concerné par cette rencontre qui doit porter sur des réformes démocratiques au sein de l’Autorité palestinienne, auxquelles nous sommes favorables », a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Jérusalem Yonathan Peled. Downing Street a souligné que « le principal point (de la réunion) était la réforme de l’Autorité palestinienne », même si M. Blair a déclaré lundi que la rencontre aurait également pour but « de voir comment la communauté internationale pouvait aider » à trouver un règlement pour la région. Robert Fisk, du quotidien The Independent (centre gauche), souligne qu’en annonçant sa conférence, Tony Blair « a repris l’antenne de la “réforme” palestinienne – qui revient à se débarrasser (du président de l’Autorité palestinienne) Yasser Arafat ». « Arafat, désespéré de (parvenir à) préserver la reconnaissance (internationale), dit qu’il enverra une “délégation” », ajoute M. Fisk. Le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw a précisé que les délégués palestiniens invités à cette réunion (dont la date n’a pas été arrêtée) seraient « de niveau intermédiaire ». Ce qui ne peut déplaire aux États-Unis, qui ont nettement pris leurs distances avec Yasser Arafat. Mais, dans ce contexte, quelles peuvent être les chances de succès de cette initiative, surtout auprès du monde arabe ? M. Blair reste bien en deçà de son ambition, énoncée en octobre, de voir « avant la fin de l’année » le début des négociations entre Israël et la Palestine sur « le statut final » d’un État palestinien. De l’avis du haut représentant de l’UE pour les relations extérieures Javier Solana, « tout ce qui peut aider à obtenir une avancée en vue d’une solution politique au conflit doit être considéré comme une contribution positive ». L’initiative britannique ne peut que renforcer les efforts européens « car elle coïncide avec la volonté de l’UE d’aider les Palestiniens à adapter le plus tôt possible leurs structures politiques et économiques » pour « permettre à un État palestinien de fonctionner dès qu’il sera proclamé », a ajouté le porte-parole de M. Solana.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Premier ministre Tony Blair, principal allié de Washington dans les préparatifs de guerre en Irak, a fait un geste en direction des pays arabes en invitant des responsables palestiniens à une conférence internationale en janvier à Londres. Des représentants des principaux « acteurs » internationaux au Proche-Orient (États-Unis, Russie, UE, Onu – le quartette) ont également été conviés, selon un porte-parole de M. Blair, mais pas Israël. Des délégués d’autres pays du Proche-Orient – Égypte, Arabie saoudite et Jordanie notamment – devraient également être invités, selon la même source. Tony Blair « pense qu’à moins de faire bouger les choses, la campagne lancée contre le terrorisme d’el-Qaëda ne sera pas efficace », a déclaré Rosemary Hollis, spécialiste du Proche-Orient au Royal Institute of...