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Actualités - Chronologie

La rupture d’un contrat pétrolier par Bagdad rapproche Moscou de Washington

La décision de Bagdad de dénoncer un contrat pétrolier avec le russe Loukoïl va permettre au Kremlin de marquer plus nettement son soutien aux États-Unis face au régime de Saddam Hussein, estimaient hier des analystes à Moscou, alors que l’Irak cherchait à tout prix à minimiser la brouille. Après la rupture du contrat d’exploitation de l’un de ses plus importants gisements pétroliers, West Qurna-2 (sud), signé en 1997 avec la première compagnie pétrolière russe, « Bagdad n’a plus de défenseurs solides à Moscou », estime l’expert politico-militaire indépendant Pavel Felgenhauer. « C’était Loukoïl qui déterminait la politique irakienne du ministère des Affaires étrangères et du Kremlin », assène-t-il. « Le Kremlin voulait depuis longtemps renoncer au soutien à l’Irak, maintenant il pourra le faire ». Dès vendredi, une source gouvernementale russe citée par l’agence Ria Novosti avait estimé que le geste de Bagdad « enlevait à la Russie une de ses plus importantes raisons de s’opposer à une intervention militaire contre l’Irak ». Cette menace à peine voilée confirmait que l’or noir est un élément clef du jeu politique autour du régime de Saddam Hussein et que le lobby pro-irakien à Moscou venait de subir une défaite majeure. La réaction officielle russe intervenue dimanche, 72 heures après l’annonce de la rupture du contrat, a été plus diplomatique. La Russie y regrette la décision irakienne et souhaite, dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, que ce contentieux soit réglé par la négociation. Bien avant que ce texte soit connu, les responsables irakiens ont tenté de réduire les dégâts. Le vice-président irakien Taha Yassine Ramadan a fait état de la volonté de Bagdad de coopérer avec Moscou en dépit de l’affaire Loukoïl, après avoir rencontré l’ambassadeur russe à Bagdad, a rapporté la presse irakienne. De son côté, l’ambassadeur irakien à Moscou a réaffirmé dimanche sa « profonde conviction » que la Russie n’enlèverait pas son soutien à son pays. « Il faut séparer les mouches des côtelettes », a dit l’ambassadeur Abbas Khalaf, citant un dicton russe. « La Russie est un grand pays, membre permanent du Conseil de sécurité de l’Onu, qui a d’importants intérêts dans la région, en Iran et au Proche-Orient. Elle ne changera pas sa position pour quelques barils de pétrole », a-t-il affirmé, dans un élan d’optimisme. Le diplomate a été avare d’explications sur les raisons de la décision de Bagdad, qui l’affaiblit de toute évidence sur le plan diplomatique. Selon le politologue russe Andreï Piontkovski, le président Saddam Hussein « a explosé » de colère en apprenant des contacts présumés de dirigeants de Loukoïl avec l’opposition irakienne en exil. « De toute manière, dit-il, tous ces contrats irakiens des compagnies russes étaient virtuels, c’étaient des feuilles de papier que Saddam Hussein agitait sous le nez des élites politiques russes, jouant sur leurs deux principaux complexes, le complexe impérial et le complexe antiaméricain, à la manière du président bélarusse Alexandre Loukachenko ». Quoi qu’il en soit, la démarche irakienne contribue à clarifier la situation. Jusqu’à présent, selon une expression de Piontkovski, Moscou était « assis entre deux chaises : Loukoïl soutenait l’Irak, tandis que le président Vladimir Poutine a misé sur l’Amérique ». D’après M. Felgenhauer, Loukoïl était de toute manière prêt à changer de position après avoir obtenu il y a une dizaine de jours des garanties américaines sur le maintien de son contrat après le changement de régime à Bagdad.
La décision de Bagdad de dénoncer un contrat pétrolier avec le russe Loukoïl va permettre au Kremlin de marquer plus nettement son soutien aux États-Unis face au régime de Saddam Hussein, estimaient hier des analystes à Moscou, alors que l’Irak cherchait à tout prix à minimiser la brouille. Après la rupture du contrat d’exploitation de l’un de ses plus importants gisements pétroliers, West Qurna-2 (sud), signé en 1997 avec la première compagnie pétrolière russe, « Bagdad n’a plus de défenseurs solides à Moscou », estime l’expert politico-militaire indépendant Pavel Felgenhauer. « C’était Loukoïl qui déterminait la politique irakienne du ministère des Affaires étrangères et du Kremlin », assène-t-il. « Le Kremlin voulait depuis longtemps renoncer au soutien à l’Irak, maintenant il pourra le...