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Actualités - Reportage

On en parle...Rabih Keyrouz, du bonheur «sur mesure»(photo)

Rabih Keyrouz est un artisan du bonheur. Il taille sur mesure joie et émotions dans de magnifiques créations qui immortalisent à jamais le plus beau jour de la vie d’une femme. Il devient ainsi, l’espace d’un jour, un magicien, un metteur en scène ou encore un maître de cérémonie comblé. Rabih Keyrouz, tailleur des rêves de ces dames qui rêvent de beauté éternelle, se veut surtout maître dans l’éphémère. L’éphémère pour lui est un bonheur de quelques mois, le temps que prend la conception d’une robe et sa réalisation. Pour ses clientes, c’est un bonheur d’un jour pour toujours, lorsqu’elles disent enfin oui pour la vie. «J’aime le non-ennui dans ce que je fais, ce n’est jamais la même chose. J’aime exagérer ce côté léger, sentir que la robe va s’envoler, car la robe vit, elle évolue pendant la cérémonie et se transforme. Je suis comme ça, rajoute-t-il, je ne me prends pas au sérieux.» Il est en effet comme ça, Rabih, calme, talentueux et surtout modeste. Ses grands yeux noirs soulignés de longs cils lui donnent un air romantique qui va bien avec son métier somme toute fort romantique. Lorsque les bonnes fées – sans doute un peu féministes – se sont penchées sur son berceau, elles ont dû se dire qu’un jour, « il ne nous le rendra bien! » Une histoire simple Son parcours est simple : Rabih ne sera pas ingrat avec les fées de son enfance. Des études en France à l’École de la Chambre syndicale de la couture parisienne, des stages chez Chanel et Dior, un contrat chez Chanel troqué contre un retour au Liban pour faire son service militaire et une première commande de robe de mariée décrochée par hasard – le hasard étant l’amie d’une amie – ; il se trouve ainsi obligé d’installer son premier atelier. « Je n’avais pas du tout dans ma tête l’idée d’ouvrir une maison de couture, précise-t-il. Puis j’ai eu d’autres mariées, ça devenait de plus en plus amusant. Je n’ai jamais eu envie de faire des défilés ordinaires ou des collections. Je préfère le sur-mesure, les séries limitées. » Le non-ennui, comme Rabih qualifie sa motivation, est en effet présent dans ses créations, robes de mariées et autres tenues de rêve, ses installations, « des vêtements peut-être » à l’Espace SD, « une mode à deux temps » au Centre culturel français, dans ses défilés au Japon, à la place des Martyrs, au Carrousel du Louvre et jusque dans ses ateliers où la magie est déjà présente, comme un avant-goût de ce qui va suivre : une large pièce vidée de tous meubles et qui prend vie lorsque la robe s’expose et se met à parler et défiler devant un public improvisé. Une pièce qui, des nuits durant, laisse s’échapper une lumière qui trahit de longues nuits blanches de travail où les artisans collaborateurs de Rabih cousent au fil de toutes les couleurs des petits bonheurs. À 29 ans, le 17 décembre exactement, notre jeune couturier, de même que plusieurs autres créateurs, va accéder au Musée national par l’entrée des artistes. Ils seront une vingtaine, venus d’horizons différents : Joseph Abi Yaghi, Zein Daouk Jabr, Nada Zeiny, Jean-Marc Nahas, Milia Maroun et quelques autres. « Le musée a voulu cette année regrouper des jeunes créateurs en demandant à chacun d’imaginer un objet inspiré par et pour le musée, et qui sera vendu à la boutique. J’aime l’art turc, j’ai donc créé un tissu, inspiré des porcelaines turques, qui peut être porté en châle ou simplement jeté sur un canapé. » Encore une série limitée, éphémère peut-être, mais à coup sûr amusante. «J’aime surtout le côté ludique des choses qui bougent, inattendues, comme des cerfs-volants. » Inattendues comme ce cerf-volant qui vole dans la tête de Rabih et qu’il a déjà transformé. En robe d’un soir, évidemment. Carla Henoud
Rabih Keyrouz est un artisan du bonheur. Il taille sur mesure joie et émotions dans de magnifiques créations qui immortalisent à jamais le plus beau jour de la vie d’une femme. Il devient ainsi, l’espace d’un jour, un magicien, un metteur en scène ou encore un maître de cérémonie comblé. Rabih Keyrouz, tailleur des rêves de ces dames qui rêvent de beauté éternelle, se veut surtout maître dans l’éphémère. L’éphémère pour lui est un bonheur de quelques mois, le temps que prend la conception d’une robe et sa réalisation. Pour ses clientes, c’est un bonheur d’un jour pour toujours, lorsqu’elles disent enfin oui pour la vie. «J’aime le non-ennui dans ce que je fais, ce n’est jamais la même chose. J’aime exagérer ce côté léger, sentir que la robe va s’envoler, car la robe vit, elle évolue...