Petits, faciles à transporter et disponibles sur le marché, les lance-missiles semblables à ceux utilisés jeudi au Kenya contre un avion de ligne israélien constituent une arme redoutable dans l’arsenal des extrémistes. « Ces armes existent depuis longtemps et sont disponibles sur le marché », remarque Robert Karniol, de la revue hebdomadaire Jane’s Defence à Bangkok. « Ce n’était qu’une question de temps avant que des personnes n’évoluent vers cette direction ». Ces lance-missiles portatifs, comme le SAM-7 soviétique utilisé lors de la tentative d’attentat contre le Boeing israélien, étaient plutôt utilisés jusqu’à présent par des groupes rebelles engagés dans des guerres civiles. Les rebelles du Sri Lanka, par exemple, ont abattu de cette manière un avion de ligne sur un vol intérieur à Jaffna, en 1998, tuant 52 personnes. Mais une organisation comme le réseau el-Qaëda, soupçonnée d’avoir organisé les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, disposerait des moyens financiers et logistiques nécessaires à l’acquisition de telles armes et à l’entraînement de futurs utilisateurs. « Un mouvement aussi bien financé et organisé qu’el-Qaëda serait facilement capable d’en acquérir », affirme Robert Patman, professeur associé de relations internationales à l’Université d’Otago, en Nouvelle-Zélande. « Il ne suffit pas d’appuyer sur la détente puis de laisser aller, souligne pour sa part Robert Karniol. Vous devez maîtriser ce que vous faites. » Ces armes nécessitent également une maintenance particulière : leurs systèmes électroniques et de propulsion sophistiqués ont besoin d’un entretien régulier. Mais outre que ces armements sont faciles à acquérir, au Cambodge par exemple auquel l’ex-Union soviétique en a livré beaucoup, les experts estiment que leur entretien n’est pas vraiment un problème pour un mouvement capable d’organiser une attaque comme celle de jeudi au Kenya. Même si les missiles ont raté leur cible, ceux qui les ont tirés ont tout de même atteint leur objectif politique. « Quels qu’en soient les responsables, ils auraient préféré frapper l’avion, mais je pense qu’ils le considèrent tout de même comme une importante victoire politique, estime M. Patman. Cette capacité de tirer (de tels missiles) envoie un message puissant à l’adresse des pays alignés sur les États-Unis : ils doivent s’attendre à en payer le prix. C’est un coup médiatique. » Quelle que soit l’implication présumée du réseau el-Qaëda dans ces tirs de missiles au Kenya, cette attaque ne devrait pas être la dernière du genre, redoutent les experts. « Cela indique une évolution de la tactique des sympathisants de la cause palestinienne – quels qu’ils soient – vers des attaques à l’étranger et un retour à la période des détournements d’avions comme il y a 20 ou 30 ans », estime encore M. Kariol. « Plus que l’utilisation de lance-missiles portatifs, qui n’est qu’un reflet de l’évolution de la technologie disponible, ce qui est important, c’est la politique et les tactiques employées », souligne-t-il.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Petits, faciles à transporter et disponibles sur le marché, les lance-missiles semblables à ceux utilisés jeudi au Kenya contre un avion de ligne israélien constituent une arme redoutable dans l’arsenal des extrémistes. « Ces armes existent depuis longtemps et sont disponibles sur le marché », remarque Robert Karniol, de la revue hebdomadaire Jane’s Defence à Bangkok. « Ce n’était qu’une question de temps avant que des personnes n’évoluent vers cette direction ». Ces lance-missiles portatifs, comme le SAM-7 soviétique utilisé lors de la tentative d’attentat contre le Boeing israélien, étaient plutôt utilisés jusqu’à présent par des groupes rebelles engagés dans des guerres civiles. Les rebelles du Sri Lanka, par exemple, ont abattu de cette manière un avion de ligne sur un vol intérieur à Jaffna,...