Le Premier ministre israélien sortant Ariel Sharon a confirmé par sa victoire sa réputation de fonceur, mais s’est aussi avéré un fin politique. Après la dissolution du Parlement début novembre, consécutive à la défection des travaillistes de son cabinet d’union nationale, M. Sharon a confié les Affaires étrangères à son grand rival, Benjamin Netanyahu. « Il est parfait dans ce rôle », avait-il dit lundi en affirmant qu’il pourrait lui donner de nouveau ce portefeuille dans son prochain gouvernement s’il était reconduit au pouvoir lors des élections législatives anticipées du 28 janvier. Il s’est toutefois bien gardé de dire quelles conditions il mettrait à une telle offre. Ces effusions strangulatoires en disaient long sur les capacités manœuvrières du chef de gouvernement, âgé de 74 ans. Face à la surenchère ultranationaliste de son adversaire, il s’est contenté d’une discrète campagne, peaufinant son image d’homme d’État avec un slogan intangible : « Le peuple veut Sharon ». Le 12 mai, bravant M. Netanyahu et la majorité du comité central du Likoud, il défendait le principe de la création éventuelle d’un État palestinien, sans toutefois en définir les contours, se forgeant ainsi à bon compte une image d’homme au-dessus des partis. Début novembre, il se démarquait de l’extrême droite en accusant celle-ci d’avoir exercé un « chantage politique » pour prix de son ralliement au cabinet sortant. Aujourd’hui, après deux ans d’intifada, le Premier ministre joue de sa stature de « figure historique » pour marginaliser Amram Mitzna, chef de file des « colombes » et nouveau chef du Parti travailliste, dans l’optique des législatives anticipées. « Arik », son sobriquet, ou le « bulldozer », comme l’appellent ses compatriotes, est en passe de réussir un tour de force, puisque le Likoud est crédité par les sondages d’au moins 35 élus dans le prochain Parlement, contre 19 actuellement. Le bilan de M. Sharon n’est pourtant pas brillant. Durant sa campagne victorieuse de 2001, il avait promis de gagner le combat contre le « terrorisme » et s’était présenté comme l’homme de l’« unité », de la « sécurité » et de la « paix véritable ». Mais Israël traverse une grave crise économique, et l’intifada et son cortège d’attentats continuent de plus belle, malgré la réoccupation de presque toute la Cisjordanie, presque sans discontinuer, depuis fin mars.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Premier ministre israélien sortant Ariel Sharon a confirmé par sa victoire sa réputation de fonceur, mais s’est aussi avéré un fin politique. Après la dissolution du Parlement début novembre, consécutive à la défection des travaillistes de son cabinet d’union nationale, M. Sharon a confié les Affaires étrangères à son grand rival, Benjamin Netanyahu. « Il est parfait dans ce rôle », avait-il dit lundi en affirmant qu’il pourrait lui donner de nouveau ce portefeuille dans son prochain gouvernement s’il était reconduit au pouvoir lors des élections législatives anticipées du 28 janvier. Il s’est toutefois bien gardé de dire quelles conditions il mettrait à une telle offre. Ces effusions strangulatoires en disaient long sur les capacités manœuvrières du chef de gouvernement, âgé de 74 ans. Face à la...