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Actualités - Chronologie

Les États-Unis vont distribuer au mérite leur aide au développement

Les États-Unis vont désormais distribuer au mérite leur aide publique au développement (APD), choisissant les heureux élus par le biais d’un complexe système de critères et mettant en place une agence spéciale pour juger les performances des pays les plus pauvres de la planète. Les 5 milliards de dollars annuels supplémentaires annoncés en fanfare au début de l’année par le président George W. Bush n’iront donc pas nécessairement aux plus démunis mais à ceux qui montreront leur volonté d’opter pour les politiques économiques libérales soutenues par Washington. En présentant cette nouvelle politique, les responsables de l’Administration Bush ont évoqué « la compétition » qui va s’installer entre les pays pauvres pour pouvoir bénéficier de cette manne. Celle-ci représentera à partir de 2006 le tiers du total de l’APD américaine qui atteindra à cette date 15 milliards de dollars, comme promis en mars par M. Bush avant la Conférence des Nations unies pour le développement de Monterey (Mexique). Il avait, à l’époque, parlé d’un « nouveau contrat » entre pays riches et pays pauvres, chacun devant faire preuve de davantage de responsabilités et de transparence dans l’octroi et l’utilisation de l’argent consacré à l’aide au développement. « Beaucoup des modèles retenus pour verser l’aide au développement sont dépassés », ont souligné des responsables de son Administration en présentant les détails de cette nouvelle politique. Alors que les pays européens se focalisent sur le montant de leur APD calculée en pourcentage de leur produit intérieur brut (PIB), les États-Unis – qui comptent, si ce mode de calcul est retenu, parmi les moins généreux – prennent une voie différente. « Un mauvais cadre pour l’attribution de l’aide au développement perpétue la pauvreté et la corruption », ont affirmé ces responsables, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. Les 16 critères que va désormais retenir Washington sont déjà calculés par la Banque mondiale, qui fait référence en la matière, ou par des instituts d’études politiques proches du Parti républicain de M. Bush, comme l’indicateur de la « liberté économique » du Heritage Foundation. Leur respect devrait permettre de récompenser les pays qui utilisent l’argent pour améliorer leurs systèmes éducatifs et de santé mais aussi qui favorisent la libre entreprise et l’ouverture de leurs frontières au commerce international. Les fonds, qui transiteront par une nouvelle agence indépendante créée à cet effet, la Millenium Challenge Corporation (MCC ou société des défis du millénaire), n’iront pas seulement aux gouvernements mais aussi à des Organisations non gouvernementales (ONG) ou des entreprises privées. Les éléments des « contrats » passés entre la MCC et les pays concernés seront publiés sur l’Internet pour en favoriser la dissémination et le dialogue entre leurs autorités politiques et la société civile sera encouragé, ont souligné les responsables américains. « Nous ne disons pas aux pays concernés : vous devez faire ceci ou cela », ont-ils affirmé, en ajoutant que « même si le gouvernement change, la poursuite de l’aide ne dépendra que de sa performance » face aux critères retenus. L’Administration Bush s’appuie notamment pour cette nouvelle politique sur les éléments du « plan d’action pour l’Afrique », présenté par le Groupe des pays les plus industrialisés et la Russie (G8) lors de leur sommet de Kananaskis au Canada en juin. L’ONG Action Aid avait affirmé après ce sommet que « la déclaration du G8 était un triomphe pour des pays sceptiques comme les États-Unis qui résistent à toute mise en commun de l’aide et préfèrent choisir des formes plus unilatérales de soutien ». Le président Bush doit effectuer une tournée en Afrique au début 2003.
Les États-Unis vont désormais distribuer au mérite leur aide publique au développement (APD), choisissant les heureux élus par le biais d’un complexe système de critères et mettant en place une agence spéciale pour juger les performances des pays les plus pauvres de la planète. Les 5 milliards de dollars annuels supplémentaires annoncés en fanfare au début de l’année par le président George W. Bush n’iront donc pas nécessairement aux plus démunis mais à ceux qui montreront leur volonté d’opter pour les politiques économiques libérales soutenues par Washington. En présentant cette nouvelle politique, les responsables de l’Administration Bush ont évoqué « la compétition » qui va s’installer entre les pays pauvres pour pouvoir bénéficier de cette manne. Celle-ci représentera à partir de 2006 le...