Le Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada a lancé un appel hier au gouvernement pour qu’il « prenne des mesures » immédiates afin de réduire les risques d’incendie en vol sur tous les Boeing, à l’exception des 777, ainsi que sur les DC-9, DC-10 et MD-11 de Douglas. Le BST, qui publie ces recommandations dans le cadre de son enquête sur un incendie en vol survenu le 13 mai 2002 à bord d’un Boeing 767-300 d’Air Canada, recommande que le ministère des Transports « coordonne ses efforts avec les autorités réglementaires compétentes et les encourage à prendre des mesures semblables ». « Ces recommandations attirent l’attention sur les risques d’incendie liés à des défaillances de rubans chauffants de conduite d’eau ainsi qu’à des matériaux isolants contaminés et à des débris qui s’accumulent à divers endroits à bord des aéronefs », explique le BST. Dans le cas de l’avion d’Air Canada, qui effectuait la liaison Vancouver - Toronto avec 177 passagers à bord, « la défaillance d’un ruban chauffant a été un facteur contributif au déclenchement d’un incendie dans la soute. Des matelas d’isolation contaminés ainsi que des débris qui s’étaient accumulés sur le plancher de la soute ont permis à l’incendie de se propager », ajoute le bureau. Ce 13 mai, à 10 milles de Toronto, « l’équipage a reçu une alarme d’incendie dans la soute. L’équipage a exécuté la liste de vérifications pertinentes et l’incendie a été éteint grâce aux systèmes d’extinction d’incendie de bord. L’avion s’est posé en toute sécurité, et personne n’a été blessé », rappelle le BST. Ce problème se retrouve sur tous les Boeing, à l’exception du 777, « plus récent et de technologie différente », ainsi que sur des DC-9, DC-10 et MD-11 de Douglas, a précisé Julie Hébert, porte-parole du BST. « Nous n’attendons pas la publication du rapport final pour rendre nos recommandations publiques. Nous croyons qu’il est de notre devoir de rendre nos recommandations publiques dès que possible pour que les mesures qui s’imposent puissent être prises pour corriger les anomalies cernées. Notre seul objectif, c’est de nous assurer que les problèmes sont réglés, qu’ils sont réglés rapidement et qu’ils sont réglés pour de bon », souligne dans le communiqué du BST son président Camille Thériault. M. Thériault reconnaît que Air Canada, Boeing, Transports Canada et l’administration de l’aviation fédérale américaine (FAA, administration fédérale américaine de l’aviation civile) ont « pris des mesures pour régler les problèmes soulevés par les enquêteurs ». Mais, ajoute-t-il, « nous sommes d’avis que les mesures prises récemment pour atténuer ces risques ne règlent pas le problème de façon satisfaisante à long terme ». Le BST a transmis ses recommandations au ministère canadien des Transports ainsi qu’à la FAA, qui ont 90 jours pour y répondre, selon Julie Hébert.
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