La décision d’Arantxa Sanchez-Vicario d’arrêter sa carrière à presque 31 ans prive le tennis d’une de ses représentantes les plus populaires et marque la fin d’une ère dans le sport espagnol. En plus de 17 ans de carrière professionnelle, Sanchez-Vicario a remporté quatre tournois du Grand Chelem, gagné cinq Fed Cups et quatre médailles olympiques. L’année 1995 l’a même vu occuper provisoirement la place de numéro un mondiale. Son curriculum vitae en fait indéniablement la plus grande femme du sport espagnol et la fait entrer selon ses compatriotes au panthéon des très grands comme Miguel Indurain, Seve Ballesteros et Manolo Santana. « C’est l’adieu de la plus grande personne de l’histoire du sport espagnol », a déclaré hier le président de la Fédération espagnole de tennis, Agustin Pujol. « Je la remercie pour tout ce qu’elle a fait en faveur du sport. » Le ministre des Sports, Juan Antonio Gomez, a ajouté: « Elle est l’une des figures les plus exceptionnelles du sport espagnol. » Les trois Espagnols présents à la Masters Cup de Shanghaï n’ont pas non plus manqué de lui rendre hommage. « C’est un jour triste », a commenté depuis Shanghaï Albert Costa. « Elle mérite de grands adieux », a poursuivi Carlos Moya, qui dispute également la Masters Cup. « Je suis sûr qu’elle peut être satisfaite de la carrière qu’elle a accomplie », a glissé Lleyton Hewitt. Future capitaine de l’équipe de Fed Cup ? Sanchez-Vicario a connu le tennis au club de Pedralbes à Barcelone. Puissante joueuse de fond de court, dotée d’un bon sens du jeu et d’une détermination rare, elle a vite percé au plus haut niveau, atteignant les quarts de finale de Roland-Garros à sa première participation en 1987. Deux ans plus tard, elle créait la sensation en remportant les Internationaux de France face à Steffi Graf. Elle n’avait que 17 ans. Elle remportait Roland-Garros deux autres fois en 1994 et 1998. À ces trois trophées majeurs, elle ajoutait en 1994 l’US Open (contre Graf encore). Wimbledon aurait pu lui sourire mais Graf, sa grande rivale, l’a battue deux fois en finale sur le gazon londonien. En 2000, elle montrait qu’elle était encore capable de jouer au plus haut niveau et sortait Venus Williams en quart de finale Porte d’Auteuil. L’année suivante, très touchée par son divorce, elle quittait le tournoi prématurément. Cette saison, la retraite semblait inéluctable. Trop fatiguée pour disputer Wimbledon, elle ne passait pas non plus un tour dans les trois autres tournois du Grand Chelem. Sanchez-Vicario aurait pu partir sur un sixième titre en Fed Cup, mais une défaite en finale contre Janette Husarova l’en a privée. Derrière elle, seules Conchita Martinez et Magui Serna figurent dans le Top 50 de la WTA. Le tennis espagnol féminin est orphelin. L’aventure n’est toutefois pas terminée pour Sanchez-Vicario, qui pourrait devenir capitaine de l’équipe espagnole de Fed Cup.
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