France Après six mois à Matignon, Raffarin affronte ses premières difficultés politiques
le 05 novembre 2002 à 00h00
Six mois après avoir été nommé Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin jouit toujours d’une forte cote de popularité mais sa tâche se complique avec un climat économique et social de plus en plus morose et une fronde venue de son propre camp contre sa réforme phare, la décentralisation. Pour fêter ses 180 jours à Matignon, où il a succédé le 6 mai à Lionel Jospin, le Premier ministre se serait bien passé de la violente charge lancée la semaine dernière par le président UMP de l’Assemblée nationale. Jean-Louis Debré (ex-RPR) s’est élevé contre les risques d’un « intégrisme décentralisateur », donnant ainsi de la légitimité aux sérieuses réserves du Conseil d’État. Lundi, le Premier ministre a relativisé cette contestation et s’est dit « déterminé » à maintenir le cap. « Debré, c’est le fils de son père, il se pose en gardien du temple gaulliste », souligne-t-on à Matignon, en faisant référence à Michel Debré, le grand artisan de la Constitution de la Ve République. À Matignon comme à l’Élysée, on est en tout cas catégorique pour dire que le très chiraquien Debré n’a pas agi en service commandé et que Jacques Chirac « s’implique complètement dans la démarche du gouvernement ». D’après une récente étude d’opinion publiée par Libération, les Français sont de plus en plus nombreux à estimer que ni Jacques Chirac ni Jean-Pierre Raffarin n’ont répondu aux attentes exprimées lors du 21 avril. Après avoir mis sur les rails les lois sur la justice, la sécurité, la baisse des impôts puis la réforme des 35 heures et un budget pour 2003 des plus optimistes, le gouvernement Raffarin se retrouve confronté à des dossiers beaucoup plus délicats. Dans un pays à tradition jacobine, M. Raffarin a pu se rendre compte que sa réforme de la décentralisation n’est pas si facile à mettre en œuvre. Plus périlleuse encore s’annonce celle des retraites début 2003. « Il a mangé son pain blanc », estime le patron des députés PS Jean-Marc Ayrault. « La communication est bien faite (...) mais la réalité revient au galop et les vraies difficultés commencent », a-t-il déclaré lundi. Tâchant de ne jamais faire d’ombre au président Chirac, M. Raffarin est par ailleurs confronté à un ministre de l’Intérieur omniprésent et qui le talonne désormais de très près dans les sondages. À l’Assemblée nationale, Nicolas Sarkozy est la vraie star des questions d’actualité.
Six mois après avoir été nommé Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin jouit toujours d’une forte cote de popularité mais sa tâche se complique avec un climat économique et social de plus en plus morose et une fronde venue de son propre camp contre sa réforme phare, la décentralisation. Pour fêter ses 180 jours à Matignon, où il a succédé le 6 mai à Lionel Jospin, le Premier ministre se serait bien passé de la violente charge lancée la semaine dernière par le président UMP de l’Assemblée nationale. Jean-Louis Debré (ex-RPR) s’est élevé contre les risques d’un « intégrisme décentralisateur », donnant ainsi de la légitimité aux sérieuses réserves du Conseil d’État. Lundi, le Premier ministre a relativisé cette contestation et s’est dit « déterminé » à maintenir le cap. « Debré, c’est le...
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