L’Iran, qui préférerait ne pas entendre parler d’el-Qaëda, se retrouve gêné aux entournures par la nouvelle d’une arrestation d’un des fils d’Oussama Ben Laden sur son territoire. Sans le démentir, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hamid-Réza Asséfi a repris hier matin son collègue du gouvernement Abdollah Ramezanzadeh qui, la veille au soir, avait confirmé l’arrestation et le renvoi vers le Pakistan d’un fils d’Oussama Ben Laden environ deux mois plus tôt. Les forces de sécurité iraniennes ont bien intercepté récemment et expulsé un groupe de « ressortissants étrangers » vers le Pakistan d’où il venait clandestinement, a déclaré M. Asséfi devant la presse. Mais « la République islamique d’Iran n’a pas les moyens de confirmer ou d’infirmer » qu’un fils de l’instigateur proclamé des attentats qui ont fait quelque 3 000 morts le 11 septembre 2001 aux États-Unis se trouvait parmi les clandestins. M. Ramezanzadeh s’était pourtant montré catégorique dimanche soir : un fils de Ben Laden, dont il n’avait pas précisé l’identité (alors qu’on prête au moins une vingtaine d’enfants à Oussama Ben Laden et que certains occuperaient une place éminente dans el-Qaëda), avait en effet été arrêté en même temps qu’une vingtaine de personnes. L’Iran, avait assuré le porte-parole du gouvernement, ignorait alors à qui il avait affaire et avait remis tout le monde au Pakistan. Ce n’est qu’ultérieurement que les Iraniens s’étaient rendu compte de qui il s’agissait, rapportait M. Ramezanzadeh, sans dire comment ils avaient été éclairés. Seulement, à en croire le porte-parole des Affaires étrangères, les forces de sécurité iraniennes sont dans l’incapacité matérielle de vérifier l’identité des clandestins arrêtés sur leur territoire. Elles n’ont donc « pas d’information sur l’identité réelle des personnes que nous avons renvoyées », a-t-il insisté. La confirmation fournie dimanche soir à une information figurant depuis samedi soir sur le site du Financial Times avait déjà été précédée d’une valse-hésitation. M. Ramezanzadeh lui-même avait d’abord qualifié la nouvelle « d’improbable », sous réserve de vérifications postérieures. Un vice-ministre de l’Intérieur l’avait même démentie, quelques dizaines de minutes avant qu’elle ne soit confirmée par M. Ramezanzadeh. Le dossier illustre la grande sensibilité de Téhéran à ce qui a trait à el-Qaëda. L’Iran, qui soutenait l’Alliance du Nord contre les talibans, s’est défendu avec constance contre les accusations, américaines notamment, d’assistance au réseau terroriste islamiste. Il ne cesse de dire qu’il fait sa part du travail, ayant arrêté et expulsé discrètement 250 membres présumés d’el-Qaëda depuis l’attaque américaine en Afghanistan en octobre 2001. M. Asséfi a ainsi réaffirmé hier matin la « détermination » avec laquelle l’Iran lutte contre « ceux qui sont soupçonnés de violences ou encore de relations avec des groupes qui n’ont pas notre approbation ». Cependant, des diplomates soupçonnent que le nombre d’arrestations en Iran pourrait être beaucoup plus élevé, que certains terroristes pourraient être enfermés dans des geôles iraniennes et que des membres d’el-Qaëda auraient été assistés en Iran sans l’approbation du gouvernement.
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