Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

COLOMBIE Le président interdit la libération des barons du cartel de Cali

Vécue comme un scandale en Colombie, la libération annoncée des deux barons du cartel de Cali est devenue une affaire d’État avec la décision du président Uribe de s’y opposer au nom de la « dignité » du pays. Considérés par Washington comme deux des plus puissants trafiquants de cocaïne au monde, les frères Gilberto et Miguel Rodriguez Orejuela doivent sortir de prison « pour bonne conduite », après avoir purgé 7 des 15 ans de leur peine, sur décision d’un juge de l’application des peines vendredi. Dans une virulente intervention à San Andrés, île colombienne des Caraïbes, le chef de l’État a annoncé la décision du gouvernement « de ne pas libérer les prisonniers tant que des doutes subsistent » sur les conditions de cet ordre judiciaire. Arrêtés en 1995 à Cali, à 500 km au sud-ouest de Bogota, les deux barons de la cocaïne sont actuellement détenus à la centrale de haute sécurité de Combita, près de Tunja (nord-est). Le juge de l’application des peines dans cette ville, José Suarez Vacca, avait annoncé leur imminente libération. Le major en retraite Pedro Aranguren, directeur de la prison de Combita, a été destitué par le gouvernement pour « inconséquence », après avoir donné un avis favorable à l’élargissement des deux caïds. Le ministre de l’Intérieur, Fernando Londono, avait alors accusé « ces messieurs (les frères Rodriguez) d’avoir obtenu, grâce à leur gigantesque pouvoir économique, un résultat judiciaire qui ne correspond pas aux preuves du procès », dans une grave mise en cause de l’indépendance des juges. Cette affaire « très délicate au niveau national et international » met en jeu « la dignité de la nation, la crédibilité des institutions, le prestige de la justice et la respectabilité internationale », s’est indigné samedi Alvaro Uribe. Le président de droite, en fonction depuis le 7 août, faisait ainsi une référence implicite à la lutte menée par Bogota, avec l’appui amériain au Plan Colombie, pour combattre le trafic de drogue. « Il est incompréhensible qu’un juge puisse prendre une telle décision, qui concerne les plus hauts intérêts de la nation, sans consulter ses instances supérieures », a-t-il ajouté, avant de suggérer l’adoption « urgente » de lois « fermes », à même de « refléter le rejet national de l’impunité ». Lors de leur séjour à la prison de Palmira, près de Cali, avant leur transfert dans celle de Combita en septembre dernier, Norberto Gonzalez, directeur de la maison d’arrêt de Cali, avait révélé que Miguel Rodriguez Orejuela, 57 ans, avocat de formation, se consacrait « à l’enseignement » du droit, alors que Gilberto, l’aîné, 63 ans, « avait choisi l’artisanat ». Les deux frères « vivaient comme des rois dans leur prison de Palmira, et pouvaient en sortir comme bon leur semble », a dénoncé Fernando Londono, avant d’assurer que désormais les barons de la cocaïne étaient devenus « des prisonniers comme les autres à Combita ».
Vécue comme un scandale en Colombie, la libération annoncée des deux barons du cartel de Cali est devenue une affaire d’État avec la décision du président Uribe de s’y opposer au nom de la « dignité » du pays. Considérés par Washington comme deux des plus puissants trafiquants de cocaïne au monde, les frères Gilberto et Miguel Rodriguez Orejuela doivent sortir de prison « pour bonne conduite », après avoir purgé 7 des 15 ans de leur peine, sur décision d’un juge de l’application des peines vendredi. Dans une virulente intervention à San Andrés, île colombienne des Caraïbes, le chef de l’État a annoncé la décision du gouvernement « de ne pas libérer les prisonniers tant que des doutes subsistent » sur les conditions de cet ordre judiciaire. Arrêtés en 1995 à Cali, à 500 km au sud-ouest de Bogota,...