Jour des saints, veille du jour des morts. Y a-t-il un lien ? Un quelconque solstice, une coïncidence astrale, un mouvement du ciel qui retournerait les âmes, un reflux de la terre, saturée d’agonies ? Novembre. Ses dates blanches. Ses dalles crève-cœur, ses orgies funèbres où l’on revêt la mort pour mieux la tromper. Croit-on. Un saint est un mort qui a rejoint sa place en paradis. Un mort ordinaire est un errant, un Jack à lanterne qui cherche encore sa paix. Pas plus ni moins tourmenté qu’un vivant, en somme, avec sa petite flamme qui vacille au vent du doute. Un vivant à citrouille, au carrosse évanoui passée l’heure. Un vivant porteur de son astre mort. Amarré à sa bulle comme à une mongolfière trop haut envolée, et qui tient encore par le réseau fragile de ses amours terrestres, si elles ont existé. Un saint est un mort par vocation. Un esprit à l’étroit dans son corps. Un mort à lui-même, d’abord. Vivant à autrui, vigilant à soulager les pauvres douleurs que sa mystique sublime. À les recueillir dans son enveloppe charnelle dans ce drôle d’amour impassible, exempt de désir et de jalousie, comme on ferait œuvre de purification. Le temps, n’est-ce pas, engendre tant d’usure et l’histoire est du diable. Seule compte l’éternité, sa géographie à l’abri des séismes. Vue de là, la vie est une chute. Peut-on encore tomber plus bas ? On peut. Parce qu’il y a les fleurs, et qu’elles n’ont jamais fini de fleurir. Roses rouges des processions, offrandes pathétiques déjà fânées au creux des mains. Chrysanthèmes couchés à même la terre humide et qui disent une pensée. Qui disent que les vivants aussi veillent sur les morts et tirent doucement sur la ficelle de vent qui rassure les âmes. L’amour est décidément une sécrétion perverse de la vie. Que l’on ne tienne à personne et l’on ne tient plus à rien. L’amour commun est funambule. Un long tango sur une guirlande entre deux rives, roses et épines entre les dents. Danse lasse contre la mort. Il sera toujours temps de se jeter dans les grands bras d’un dieu qui sourit. Il sera toujours temps que les lampions s’éteignent. Vite, une fête des vivants ! Une belle célébration du bonheur de vivre quand règne la contagion du martyre. Et que la mort sache bien qu’offrir n’est pas se débarrasser. Fifi ABOUDIB
Jour des saints, veille du jour des morts. Y a-t-il un lien ? Un quelconque solstice, une coïncidence astrale, un mouvement du ciel qui retournerait les âmes, un reflux de la terre, saturée d’agonies ? Novembre. Ses dates blanches. Ses dalles crève-cœur, ses orgies funèbres où l’on revêt la mort pour mieux la tromper. Croit-on. Un saint est un mort qui a rejoint sa place en paradis. Un mort ordinaire est un errant, un Jack à lanterne qui cherche encore sa paix. Pas plus ni moins tourmenté qu’un vivant, en somme, avec sa petite flamme qui vacille au vent du doute. Un vivant à citrouille, au carrosse évanoui passée l’heure. Un vivant porteur de son astre mort. Amarré à sa bulle comme à une mongolfière trop haut envolée, et qui tient encore par le réseau fragile de ses amours terrestres, si elles ont existé. Un...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.