Le magasin est clair, moderne et accueillant, loin des traditionnels surplus militaires. Pourtant ce sont des kits de survie en cas d’apocalypse que Safer America propose aux New-Yorkais. Deux entrepreneurs, un Français et un Américain, ont inauguré jeudi dans le sud de Manhattan la première boutique « post-11 septembre » et proposent, dans un cadre rappelant les échoppes de téléphones portables, des masques à gaz, kits de survie ou parachutes pour sauter d’un gratte-ciel en flammes. Surfant sur la vague d’anxiété, voire d’angoisse, qui touche une partie de la société américaine depuis les attaques terroristes, ils parient sur le fait que le consommateur à la recherche d’un masque à gaz ne trouvera réponses à ses questions ni dans un surplus de l’armée ni sur Internet. « On peut vous expliquer quelles sont les vraies craintes à avoir et qu’elles sont les fausses. Nous avons une mission d’information du public », plaide Frédéric Samama, cofondateur et PDG de l’entreprise. «Dans chaque boutique au moins un des vendeurs sera un ancien de l’armée américaine, spécialisé dans la protection NBC (nucléaire-biologique-chimique). Jeudi, un ancien sergent s’affairait, pour le grand public », assure Harvey Kushner, président de Safer America. « Quand vous achetez quelque chose chez nous, nous voulons être sûrs que vous savez ce que vous achetez. Ce que cela peut faire pour vous et, plus important, ce que cela ne fera pas pour vous », ajoute cet expert reconnu du terrorisme international, auteur de plusieurs ouvrages et consultant de certaines instances fédérales américaines. Le rayon des masques à gaz comprend douze modèles, de 165 à 315 dollars. Celui des gilets pare-balle seulement deux, dont l’un a la forme d’un gilet de costume gris. Les pastilles d’iode Iosat (12 dollars) servent à saturer la thyroïde d’iode en cas de contamination nucléaire (« À ne prendre que sur instruction des autorités compétentes »). Ce fut jeudi la première vente du magasin. L’automobiliste anxieux peut trouver un système de filtration de l’air extérieur « identique à celui que le président des États-Unis a sur sa voiture ». Et ceux qui ne se remettent pas des images des centaines de personnes prises au piège dans les étages supérieurs du World Trade Center peuvent se rassurer en achetant des parachutes ultralégers: deux modèles, 845 et 1145 dollars. On trouve aussi des compteurs Geiger, des lampes électriques sans piles qui s’éclairent quand on les secoue, des pompes de filtration d’eau, du film plastique hyper-résistant pour vitres, du gel antibactériel pour les mains ou un kit de survie censé vous permettre de vous (mal) nourrir pendant 72 heures. L’entreprise propose des « packages promotionnels »: le « family kit » contient deux masques à gaz, deux tenues NBC, deux boîtes d’Iosat, des gants, des bottes, une lampe et du scotch. Une version « deux adultes plus enfant de moins de sept ans », avec masque à sa taille, est prévue. « Nous ne disons pas au public: “Prenez-vous en charge tout seuls” », conclut Harvey Kushner. « Nous disons qu’en attendant que les autorités puissent agir pour vous protéger et vous sortir de là, il y a des choses que vous pouvez faire non seulement pour vous sentir plus en sécurité, mais pour être plus en sécurité ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le magasin est clair, moderne et accueillant, loin des traditionnels surplus militaires. Pourtant ce sont des kits de survie en cas d’apocalypse que Safer America propose aux New-Yorkais. Deux entrepreneurs, un Français et un Américain, ont inauguré jeudi dans le sud de Manhattan la première boutique « post-11 septembre » et proposent, dans un cadre rappelant les échoppes de téléphones portables, des masques à gaz, kits de survie ou parachutes pour sauter d’un gratte-ciel en flammes. Surfant sur la vague d’anxiété, voire d’angoisse, qui touche une partie de la société américaine depuis les attaques terroristes, ils parient sur le fait que le consommateur à la recherche d’un masque à gaz ne trouvera réponses à ses questions ni dans un surplus de l’armée ni sur Internet. « On peut vous expliquer quelles...