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Actualités - Chronologie

Téhéran révise prudemment son dogme anti-israélien

L’Iran, inquiet de se retrouver isolé par une guerre contre l’Irak et pressé par l’Union européenne, vient de toucher – prudemment – à un dogme aussi vieux que la République islamique elle-même en acceptant officiellement d’envisager la coexistence de deux États, palestinien et israélien. Depuis la révolution de 1979 et jusqu’à mardi, Téhéran refusait d’entendre parler de l’État d’Israël autrement que comme la cible potentielle de ses missiles. « Nous croyons en un État palestinien unique » sur la terre de la Palestine historique, a dit mardi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hamid-Réza Asséfi. Mais, a-t-il ajouté pesant chacun de ses mots, « si les Palestiniens et les Israéliens s’entendent sur une autre solution – bien que cela ne soit pas notre position – nous ne nous y opposerons pas ». Ces propos ont été confortés hier par le porte-parole du gouvernement Abdullah Ramezanzadeh, selon qui Téhéran acceptera que les juifs israéliens participent à la décision sur l’avenir de cette région. Téhéran estimait jusqu’à présent que seuls les occupants de la Palestine d’avant 1948 et la création d’Israël ainsi que les réfugiés palestiniens avaient le droit de décider de l’avenir de cette terre. « Quelle que soit la décision prise par les habitants actuels de Palestine, qu’ils soient juifs, musulmans, chrétiens ou réfugiés palestiniens, nous la respecterons », a dit M. Ramezanzadeh. Seuls des réformateurs sans responsabilité gouvernementale avaient osé dire jusqu’alors que l’Iran ne devait pas se montrer « plus palestinien que les Palestiniens ». « C’est un assouplissement », observe un diplomate étranger sous le couvert de l’anonymat, « cette fois, on évoque de façon claire l’existence de deux États ». « Il y a une petite avancée, dit un autre, certains semblent commencer à comprendre ici que les positions dogmatiques causent du tort à l’Iran. » « La situation régionale, notamment la crise irakienne, incite à se montrer plus conciliant », relève l’analyste Saïd Leylaz. Selon un diplomate, les déclarations de M. Asséfi ne sont toutefois que « le signe le plus clair d’un processus engagé depuis quelque temps » et auquel ont contribué un « ensemble de facteurs » : la crise irakienne et la crainte de l’isolement, les pressions des États-Unis mais aussi de l’UE. L’Iran cherche en effet à intensifier ses relations avec l’Union européenne. Mais cette dernière, le 10 septembre, a établi un corollaire entre les progrès à venir dans les négociations sur un accord de commerce et de coopération UE-Iran avec d’autres progrès, plus politiques. La Commission européenne a ainsi redemandé à Téhéran de reconnaître Israël. Côté conservateur, un influent responsable conservateur a déclaré hier que le dialogue avec les États-Unis n’était pas « absolument interdit » et que Téhéran l’engagerait s’il le jugeait « nécessaire ». La prudence reste toutefois de mise, nuancent diplomates et observateurs. Un diplomate souligne que, tout en envisageant l’existence d’un État israélien, « Téhéran n’y souscrit pas ». « Ce qu’il serait intéressant de savoir, se demande un autre, c’est si l’Iran va réduire son soutien au Hamas et au Hezbollah. »
L’Iran, inquiet de se retrouver isolé par une guerre contre l’Irak et pressé par l’Union européenne, vient de toucher – prudemment – à un dogme aussi vieux que la République islamique elle-même en acceptant officiellement d’envisager la coexistence de deux États, palestinien et israélien. Depuis la révolution de 1979 et jusqu’à mardi, Téhéran refusait d’entendre parler de l’État d’Israël autrement que comme la cible potentielle de ses missiles. « Nous croyons en un État palestinien unique » sur la terre de la Palestine historique, a dit mardi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hamid-Réza Asséfi. Mais, a-t-il ajouté pesant chacun de ses mots, « si les Palestiniens et les Israéliens s’entendent sur une autre solution – bien que cela ne soit pas notre position – nous ne...