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Extrait Taëf et la « syrianité » du Liban (photo)

« Quelles sont les raisons du maintien de cette prétention syrienne sur un pays qui a depuis un demi-siècle un statut international largement reconnu ? (...) Pourquoi les Syriens s’accrochent-ils à ce qui paraît, en tout cas pour nous, une fiction, c’est-à-dire la syrianité du Liban et de Beyrouth ? » s’interroge Jean Lacouture au chapitre consacré au Liban de l’après-guerre (page 255). La réponse est de Ghassan Tuéni : « Parce que Damas pense que le Liban sera maintenu comme tel, c’est-à-dire dans son intégrité territoriale (...). Sachant donc qu’elle ne peut pas l’annexer purement et simplement, même pas dans la perspective d’une unité arabe plus ample, ce qui demeure toujours le rêve baassiste, la Syrie se réfugie derrière des slogans lancés par Hafez el-Assad, et qui ont acquis valeur de dogme. La Syrie et le Liban sont un seul et même peuple, sous la forme de deux États frères (...) L’unité des deux États ne sera entreprise que si elle est librement plébiscitée (...) Les deux gouvernements doivent avoir des politiques complémentaires (...) La présence militaire syrienne au Liban ne dépend plus de la volonté du Liban, ni même d’une consultation entre les deux gouvernements, mais de l’application par le Liban de réformes constitutionnelles souhaitées par la Syrie (...) Ces slogans dissimulent mal la situation d’otage du Liban ». L’analyse appelle un commentaire : depuis quand, sauf dans les accords de capitulation du genre de ceux qui ont été passés avec l’Allemagne et le Japon, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la présence d’une armée étrangère sur le sol d’un pays est-elle liée à une autre volonté que celle de ce pays ? À moins que l’accord de Taëf ne soit un accord de capitulation, la présence de l’armée syrienne au Liban ne devrait donc relever que de la seule volonté souveraine du Liban, à laquelle nulle autre ne peut être associée, à moins d’une acceptation volontaire et spécifique.
« Quelles sont les raisons du maintien de cette prétention syrienne sur un pays qui a depuis un demi-siècle un statut international largement reconnu ? (...) Pourquoi les Syriens s’accrochent-ils à ce qui paraît, en tout cas pour nous, une fiction, c’est-à-dire la syrianité du Liban et de Beyrouth ? » s’interroge Jean Lacouture au chapitre consacré au Liban de l’après-guerre (page 255). La réponse est de Ghassan Tuéni : « Parce que Damas pense que le Liban sera maintenu comme tel, c’est-à-dire dans son intégrité territoriale (...). Sachant donc qu’elle ne peut pas l’annexer purement et simplement, même pas dans la perspective d’une unité arabe plus ample, ce qui demeure toujours le rêve baassiste, la Syrie se réfugie derrière des slogans lancés par Hafez el-Assad, et qui ont acquis valeur de dogme....