Notre cigale, elle n’en fait qu’à sa tête. N’ayant pas chanté tout l’été, préférant le ciel, le soleil et la mer, la revoilà provisoirement fourmi, amassant par bribes notes de musique, paroles et émotions pour des soirées « entre amis » ouvertes à nouveau au public. Joëlle Khoury Aouad et ses amis musiciens, noctambules comme elle, toujours prêts à démarrer au quart de tour et dont elle ne cesse de répéter : « Je ne suis rien sans eux ». Autour de cette amitié et de l’amour d’une même musique s’est formé un groupe, Joëlle and Friends. Certains en sont des permanents, d’autres passent pour une soirée, une saison ou plus. « Le groupe bouge, certains musiciens ne sont pas disponibles tout le temps. J’en choisis d’autres. » Aujourd’hui, c’est Joëlle and Nadim Abou Chacra, Jo Ghanem, Chadi Nachef, Mazen Siblini, Émile Boustany et Brahim Jaber. « Je crois beaucoup, renchérit-elle, au phénomène de contagion, un positivisme que l’on se passe dans le groupe et qui pousse tout le monde vers le haut. » Ses acolytes l’accompagnent donc avec bonheur dans son tour de chant, tour de chansons et de musiques. « Du pop rock » : c’est ainsi qu’elle définit les sons qui jaillissent de sa voix, de son âme et de la guitare acoustique qu’elle gratte et chatouille depuis de nombreuses années. Fourmi, elle écrit dans ses moments d’inspiration des textes et des mélodies qu’elle cache pour le jour, un jour d’hiver peut-être, c’est l’histoire qui le veut, le jour où elle pourra enfin réunir le tout et en faire une première œuvre, un premier CD professionnel. « Il faut qu’on me pousse », dit la fourmi, quand la cigale ne chante pas. Mais lorsque cette dernière entre en scène, en tenue de scène qui est aussi sa tenue de ville, à savoir un jeans et un t-shirt noir, c’est une fourmi passionnée à qui il pousse brusquement des ailes. Un spectateur anglais avait même dit d’elle un soir, étonné par sa prestation : « Vous êtes si petite, d’où vient donc votre voix ? » Dans la peau d’Alanis Morissette, Sheryl Crow ou Shakira, elle oublie, deux heures durant, la fatigue, le stress et toutes les attentes qu’elle a traversés. « Deux heures plus tard, comme après un marathon, c’est la faim, la soif et l’épuisement total. Je suis vidée, tellement que je n’arrive même plus à m’endormir. » Le lendemain matin, la fourmi qui doit se réveiller tôt pour aller au travail se plaint : « Je suis gravement polyvalente ! » Travail de jour En effet, la fourmi ne se contente pas de jouer de la musique et de chanter. Elle fait du sport, des sports, roller, équitation, « tae bo », ski ; elle fait des études à l’Iesav, puis devient directrice de casting dans la maison de production Signature. « Sept ans déjà que j’ai créé ce département. C’est un peu mon bébé. » À l’occasion de l’enregistrement d’un jingle radio, elle rencontre Nadim, le bassiste du groupe, devenu depuis son meilleur ami. Après la radio, Joëlle s’attaque à la scène, avec succès. Son répertoire exclusivement anglophone est jeune, agressif, nouveau et de mieux en mieux maîtrisé au fil des années et de ses différentes apparitions sur scène. «Depuis trois ans, les choses deviennent plus sérieuses dans ma tête. J’ai toujours cru que les choses devaient se construire petit à petit ; aujourd’hui, je pense que j’ai acquis une maturité artistique suffisante pour aller plus loin. Lorsqu’on monte sur scène, même si c’est pour chanter les chansons des autres, on apprend à maîtriser sa voix, sa présence et l’audience. » Notre cigale serait-elle prête à tout quitter pour la musique ? « Oui, sûrement » répond-elle. « Mais j’ai besoin d’encouragements, d’être prise en main, de faire les choses bien» rajoute la fourmi, prudente. Ces derniers mois de longue absence, Joëlle a tellement entendu « Eh bien chantez maintenant ! » qu’elle s’est enfin décidée à retrouver la scène du Circus le 17 prochain pour une soirée live où cigales et fourmis sont invitées à applaudir leur copine et ses amis. Carla HENOUD
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Notre cigale, elle n’en fait qu’à sa tête. N’ayant pas chanté tout l’été, préférant le ciel, le soleil et la mer, la revoilà provisoirement fourmi, amassant par bribes notes de musique, paroles et émotions pour des soirées « entre amis » ouvertes à nouveau au public. Joëlle Khoury Aouad et ses amis musiciens, noctambules comme elle, toujours prêts à démarrer au quart de tour et dont elle ne cesse de répéter : « Je ne suis rien sans eux ». Autour de cette amitié et de l’amour d’une même musique s’est formé un groupe, Joëlle and Friends. Certains en sont des permanents, d’autres passent pour une soirée, une saison ou plus. « Le groupe bouge, certains musiciens ne sont pas disponibles tout le temps. J’en choisis d’autres. » Aujourd’hui, c’est Joëlle and Nadim Abou Chacra, Jo Ghanem,...