L’adolescence tant chantée par les poètes et les romanciers constitue une période de dure épreuve autant pour l’entourage que pour le sujet lui-même... Qu’elle l’exprime ou qu’elle le taise, l’adolescente se sent physiquement en infériorité par rapport aux autres filles de son entourage et particulièrement à ses sœurs plus âgées... Période difficile par excellence, où plusieurs facteurs se combinent pour rendre encore plus éprouvante la traversée de cette étape où l’enfant d’hier se mue en femme de demain... À 14-15 ans, les adolescentes sont obsédées par toute différence physique avec les autres filles. Et comme la beauté est une notion subjective dont les critères varient, le problème se complique davantage. L’image de soi et son importance Il arrive souvent que l’adolescente ait une mauvaise image de son aspect physique. Elle se sent moins jolie, plus gauche, moins bien faite que ses camarades et les autres filles qui l’entourent. Cela traduit son mal-être et surtout un manque de confiance en soi. Selon les spécialistes, les parents se doivent de ne pas mésestimer ni dramatiser l’intérêt que la petite fille d’hier témoigne pour son physique, son apparence. Prendre soin de son corps, de son aspect physique doit absolument être encouragé par la mère... C’est elle qui doit aider sa fille à se mettre en valeur, l’inciter à entreprendre un régime, à soigner sa démarche, à danser, à sourire et même si nécessaire la pousser à subir d’éventuelles interventions esthétiques. Quand une femme est bien dans sa peau, elle rayonne. Savoir s’habiller, soigner son apparence sont des notions qui s’enseignent. Elles créent aussi des liens entre mère et fille, surtout à une période où chacune des deux traverse une crise importante de sa vie hormonale. Vêtements et soins de beauté deviennent des indications psychologiques qui rapprochent, à condition de savoir trouver le ton qu’il faut et de respecter rigoureusement la mesure. Car ici aussi la modération est nécessaire. L’excès non seulement n’a pas de place mais risque de créer des situations grotesques. Bien dans sa peau et dans son âge, mère et fille peuvent rayonner ensemble. Le vilain petit canard apprendra à ressembler au cygne sans nier sa propre identité... La mère retrouvera l’élan de sa jeunesse et l’intérêt d’améliorer ce qui lui reste comme capital. L’une trouvera sa voie... l’autre l’envie de revivre... Produits de beauté Les nouvelles substances cosmétiques sont-elles sans danger? Hydroquinone, goudron, sels d’aluminium... Grâce à ces substances aux noms hermétiques pour les profanes, les produits cosmétiques deviennent plus performants. Mais de mauvaises expériences, dans d’autres domaines que l’esthétique, rendent le public de plus en plus méfiant. La recherche scientifique se penche donc avec vigilance sur ces substances afin d’éviter des drames tels que déjà vécus dans le domaine des médicaments... Les vertus dépigmentantes de l’hydroquinone Voilà plus de vingt ans (vingt-deux pour plus d’exactitude) que l’hydroquinone confirme ses vertus dépigmentantes quasi incontestables. Confinée à ses débuts dans les produits éclaircissants, concentrée à 2%, ainsi que dans certaines préparations médicales (dites «magistrales») entre 5% et 10%, l’hydroquinone fut soupçonnée d’être cancérigène. Le 5 mars 1999, le groupe scientifique d’experts de la Commission européenne donnait un avis défavorable quant à son emploi à des fins cosmétiques. Avant même la parution de cette décision dans le Journal Officiel européen, les industriels avaient supprimé l’hydroquinone de la composition des produits destinés à la vente libre. Elle fut remplacée par des dérivés de la réglisse, efficaces contre les taches pigmentaires, à condition d’être utilisés à haut dosage. Associés à la vitamine C, ils freinent la synthèse de la mélanine responsable de la couleur brune de la peau. Le procès du goudron De longues années durant, le goudron de houille, appelé «coaltar», était le composant essentiel de bon nombre de shampooings antipelliculaires. Chauffé à des températures très élevées, ce goudron développe des dérivés hautement cancérigènes. Quoique les tests de toxicologie sont formels à ce propos, les dermatologues soulignent que la concentration dans les shampooings et les préparations capillaires ne peut présenter un risque, du fait que le produit ne pénètre pas dans la peau, étant abondamment rincé quelques minutes après sa mise en contact avec la chevelure, excluant ainsi toute action sur l’organisme. Dans les pays européens, toutefois par prudence, les produits capillaires contenant du goudron ne sont vendus que sur ordonnance. Ils sont quasi impossibles à trouver. Les importateurs refusent de prendre le risque d’en importer, même si le danger paraît insignifiant, ce qui fait qu’ils sont introuvables sur les marchés français et européens. Pour éviter tout risque, même imaginaire, on ne perd rien de lire attentivement la notice de la composition du produit utilisé, s’abstenant de son emploi s’il contient du «coaltar». Dans un marché aussi libre et varié que le nôtre, même sans fondement réel, la vigilance est à conseiller. Le risque des sels d’aluminium Un vent de panique a balayé les États-Unis lorsque s’est posée la question de l’innocuité des antiperspirants. Ces produits contiennent en effet des sels d’aluminium, métal suspecté d’être toxique, particulièrement contre le cerveau, l’associant à la maladie d’Alzheimer... En fait, une réponse nette est très difficile à donner, les spécialistes se demandant dans quelle mesure une simple vaporisation du déodorant contenant de minimes parcelles de ce produit incorporées dans le déodorant peut-elle présenter effectivement un risque pour l’organisme humain. Certains médecins estiment que mieux vaut écarter tout risque, même insignifiant... Une étude menée sur les souris, dans le cerveau desquelles avaient été directement injectés des sels d’aluminium, a confirmé l’action négative du produit, ce qui confirmerait les doutes de sa nocivité. Mais ici aussi se pose la même question: l’aluminium contenu dans les déodorants, en quantité généralement restreinte, pénètre-t-il dans l’organisme? Les industriels objectent que les molécules d’antiperspirants stagnent à la surface de la peau sous forme d’un gel non absorbable, afin de jouer son rôle local d’éliminateur d’odeur ou d’excès de transpiration, sans pénétrer dans le système... Qui a tort? Qui a raison? Le débat dure depuis 22 ans, sans arriver à une conclusion définitive... Le dernier mot toutefois revient aux chercheurs: «Il ne s’agit pas en fait d’interdire les sels d’aluminium mais d’inciter les industriels à la mise au point de formules limitant les risques et le public d’éviter excès et imprudences.» En 1997, toutefois, des études de l’OMS sur la toxicité de l’aluminium ont conclu qu’il n’induit pas de pathologie «in vivo» dans aucune espèce y compris l’espèce humaine. Ce métal ne peut être neurotoxique, précise le document, que lorsque les barrières naturelles gastro-intestinales, hémato-encéphaliques au niveau cérébral sont court-circuitées. Ce qui ne peut arriver que dans des circonstances exceptionnelles d’expérimentation. Et l’OMS de conclure: «L’augmentation du risque de survenue de la maladie d’Alzheimer chez des grands consommateurs d’antiacides à base de sel d’aluminium (prise quotidienne de 50 à 100 pour cent supérieure en sels d’aluminium de l’apport conseillé) n’ a pas été démontrée». Mais, car il y a toujours une réserve, des investigations au niveau de la peau n’ont pas été entreprises jusqu’à présent. D’où le conseil d’éviter tout abus dans ce domaine. Mieux vaut prendre une double douche quotidienne que de vider un demi-flacon de déodorant par jour... Vogues La vie nomade comme source d’inspiration Un des grands magasins de Paris propose, du 19 septembre au 12 octobre de l’année actuelle, une nouvelle manière de voyager. Le thème étant la vie nomade, Alain Gardere, le scénographe de cet événement intitulé «Citoyens bohèmes», l’a conçu effectivement comme un voyage. «L’idée était de montrer tous les aspects de la vie nomade et surtout toutes les dimensions de la nomadité, en donnant une place importante à la danse, à la musique, aux arts et surtout... à la mode, proposant un voyage imaginaire, étendu sur 550 mètres carrés». Pour la première fois en Occident, ce voyage immobile permet de prendre conscience du génie de ces lointains «citoyens du vent». Le parcours commence par un marquage au sol avec une cartographie évolutive qui se transforme en carte routière, puis en carte du monde et enfin en carte du ciel... Le dépaysement graduel devient total. Les frontières s’abolissent entre l’exposition et le reste du monde. Au centre de cet univers, une yourte emblématique: l’habitat nomade et pôle d’influence des créateurs d’aujourd’hui. «Du feutre traditionnel aux matières non tissées, explique l’organisateur et scénographe de l’exposition dans un texte introductif, de la tente à l’habit cocon, des patchworks aux superpositions de vêtements, la yourte aide à comprendre les liens étroits qu’il y a entre la mode d’aujourd’hui et les peuples nomades qui l’inspirent, comme les Tziganes et les Mongoles». Animées de danses tziganes, des musiques traditionnelles, extraits de films cinématographiques de Kusturika et de Tony Gatlif, familiarisent le visiteur avec les goûts et surtout la culture, si mal connue, des peuples nomades. Une collection d’une soixantaine de vêtements haute couture, signés Christian Lacroix, Chanel, Dior, Givenchy, Emanuel Ungaro, etc. et des créateurs Issey Miyake, Dries Van Noten, Kenzo, Erik Bergère, portés par des mannequins circulant parmi les exposants ou au cours de défilés, illustre l’influence de l’univers nomade sur la création du vêtement actuel.
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