Une sourde lutte opposait hier le Premier ministre israélien Ariel Sharon et son prédécesseur de droite Benjamin Netanyahu pour le contrôle du Likoud, à l’occasion de l’élection de 2 700 membres de la plus haute instance du parti (convention). Quelque 305 000 membres du Likoud devaient participer à ce scrutin ouvert de 10h00 heure locale (08h00 GMT) à 22h00 heure locale (20h00 GMT), au cours duquel devaient aussi être désignés les chefs des antennes locales du parti. Par la voie des alliances et des marchandages, c’est en fait le contrôle de la machine du Likoud qui se jouait, l’élection de sa plus haute instance – actuellement contrôlée par le camp de M. Netanyahu – étant une étape cruciale qui engage l’avenir du parti. Après ces élections, la « convention » devra choisir les 2 500 membres du Comité central qui sera lui-même chargé d’établir la liste des candidats du parti au Parlement, ainsi que ses candidats aux collectivités locales. Plus de 300 dignitaires du Likoud sont de plein droit reconnus membres de la plus haute instance du parti en vertu de leur élection antérieure, soit au Parlement, soit au niveau des collectivités locales. Selon des sondages internes, MM. Sharon et Netanyahu sont au coude-à-coude dans les intentions de vote à l’intérieur du parti. En revanche, le Premier ministre caracole nettement en tête dans les indices de popularité en Israël, la majorité de ses compatriotes se disant satisfaite de sa gestion des affaires. M. Netanyahu a joué la surenchère dans l’intransigeance envers les Palestiniens en affichant des positions très proches de l’extrême droite nationaliste. Pas moins de 550 urnes ont été placées dans 180 bureaux de vote, et chaque électeur dispose de deux formulaires comptant les noms de 100 candidats, l’un pour la plus haute instance du parti et l’autre pour les mairies. MM. Netanyahu et Sharon devaient respectivement voter à Jérusalem et Sdérot (désert du Néguev-sud), près de leurs lieux de résidence privée. M. Sharon a confié à son fils Omri le soin d’animer sa campagne, tandis que M. Netanyahu s’en est remis au député Israël Katz, le président sortant de la « convention » du parti. Les deux camps se sont mutuellement accusés de vouloir « subtiliser le Likoud » par des manœuvres non démocratiques. Signe que la bataille est âpre, le maire de Sdérot, Elie Moyal, un proche de M. Netanyahu, a refusé d’accueillir M. Sharon au moment où il déposait son bulletin dans l’urne, sous prétexte qu’il n’avait pas coordonné sa venue avec lui. La prochaine réunion de la « convention » du parti est prévue le 24 octobre, et son nouveau président devra alors être choisi. M. Sharon espère une victoire du maire de Jérusalem Ehud Olmert, alors que M. Netanyahu escompte celle de Israël Katz, un de ses plus proches fidèles. L’issue du scrutin de lundi ne devrait être connue qu’en fin de semaine en raison du grand nombre de participants, ont estimé les médias israéliens. Le Likoud n’a par ailleurs pas encore décidé s’il allait organiser des élections primaires pour le choix de son candidat au poste de Premier ministre en vue des élections générales prévues fin novembre 2003.
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