À en croire Heizo Takenaka, le nouveau « tsar » de la politique économique japonaise, le mois d’octobre sera décisif pour déterminer le cours futur d’une économie plongée dans la stagnation depuis plus de dix ans. À l’ouverture du Sommet de l’Asie orientale annuellement par le World Economic Forum, le ministre japonais de l’Économie, également en charge des Affaires financières depuis le remaniement récent du gouvernement Koizumi, a promis d’ici à la fin du mois un programme d’action pour régler le problème des mauvaises créances des banques, une réforme fiscale visant à soutenir les entreprises et une nouvelle initiative pour briser le carcan réglementaire qui entrave la deuxième puissance économique mondiale. « Le mois d’octobre est un mois très important pour l’économie japonaise », a affirmé l’ancien professeur d’économie de l’université Keio devant les membres du WEF. Après dix années de débat sur les causes de la stagnation économique de l’archipel, M. Takenaka indique que le gouvernement de Junichiro Koizumi a maintenant « une vue très claire de ce qui est le facteur le plus important : une insuffisance de l’offre, une mauvaise allocation des ressources ». Pour redresser la situation, il n’y a pas d’autre voie que celle des réformes de structure, à commencer par « l’élimination des mauvaises créances des banques, l’achèvement de l’ajustement des bilans ». Bien qu’elles aient déjà passé en dix ans pour plus de 80 000 milliards de yens de provisions, les banques japonaises ont encore dans leur bilan des prêts non performants évalués officiellement à 43 000 milliards, mais en réalité deux ou trois fois plus selon les estimations d’économistes indépendants. Cette situation a conduit à une paralysie du système bancaire, marquée par la contraction ininterrompue du crédit depuis quelque 56 mois. Sur ce point, M. Takenaka promet un « programme d’action » avant la fin du mois d’octobre, dont les grandes lignes feront l’objet d’un rapport intérimaire d’ici à deux semaines. « Un mois de débat sera-t-il suffisant pour résoudre un problème présent depuis dix ans ? » demande le ministre, en réponse à un scepticisme légitime face au refus des autorités de porter jusqu’à présent le fer dans la plaie. Pour lui, « une action rapide est nécessaire » et le moment est venu pour le cabinet du Premier ministre « de jouer son rôle ». Le programme d’action, qui va être défini par une « équipe spéciale » composée notamment de personnalités du secteur privé, devra répondre à trois principes fondamentaux, a insisté le ministre : une évaluation précise des actifs des banques, la vérité sur le niveau exact de leurs fonds propres et l’examen de la manière dont les banques ont été gérées. « Mon travail, a-t-il dit, est de réduire l’énorme fossé existant entre le marché et les autorités sur la perception du problème ». Faisant allusion à la responsabilité des directions actuelles des institutions financières dans cette crise interminable, M. Takenaka a affirmé que « dans le cas où il y aurait une injection d’argent public (pour renflouer les banques), cette question sera examinée avec beaucoup d’attention ». S’agissant de la réforme fiscale, il a indiqué qu’il fallait rééquilibrer la répartition des revenus entre le capital et le travail, actuellement de 30 et 70 pour cent respectivement, au profit des entreprises. Différentes pistes sont explorées, a-t-il expliqué, en mentionnant la baisse du taux marginal de l’impôt sur les bénéfices ou la création d’un crédit d’impôt pour soutenir l’investissement. « Nous devons décider avant d’annoncer le nouveau projet de budget », dont l’élaboration commence au mois de novembre, a-t-il dit. Enfin, « nous avons besoin d’un nouveau déclencheur pour accélérer la déréglementation », a indiqué M. Takenaka. Ce sera le rôle des « zones spéciales déréglementées », un concept adopté cet été par le gouvernement Koizumi et dont la mise en œuvre commencerait en avril prochain, au début de la nouvelle année fiscale.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À en croire Heizo Takenaka, le nouveau « tsar » de la politique économique japonaise, le mois d’octobre sera décisif pour déterminer le cours futur d’une économie plongée dans la stagnation depuis plus de dix ans. À l’ouverture du Sommet de l’Asie orientale annuellement par le World Economic Forum, le ministre japonais de l’Économie, également en charge des Affaires financières depuis le remaniement récent du gouvernement Koizumi, a promis d’ici à la fin du mois un programme d’action pour régler le problème des mauvaises créances des banques, une réforme fiscale visant à soutenir les entreprises et une nouvelle initiative pour briser le carcan réglementaire qui entrave la deuxième puissance économique mondiale. « Le mois d’octobre est un mois très important pour l’économie japonaise », a...