Milosevic et Mesic à La Haye : le combat des chefs(photos)
le 03 octobre 2002 à 00h00
L’ancien président serbe, Slobodan Milosevic, et le président actuel de Croatie, Stipe Mesic, se sont renvoyés mutuellement, hier, la responsabilité des atrocités commises durant la guerre de Yougoslavie, dressant face à face les spectres de deux nationalismes inexpiables. Au deuxième jour de sa comparution devant le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye, où il était convoqué comme témoin de l’accusation au procès Milosevic, M. Mesic a été la cible d’attaques personnelles et politiques lancées par son vieil adversaire. M. Milosevic a accusé pêle-mêle le président croate d’avoir trempé dans une série d’assassinats politiques, d’avoir été impliqué dans la destruction de villages serbes et d’avoir travaillé pour les services secrets croates. Massif, ramassé sur lui-même, placide, M. Mesic ne se laisse pas démonter : « Affabulations », « pures fantaisies », « élucubrations ». Il dément tout en bloc. Après les premières escarmouches, la Cour est passée à un débat de fond sur la Constitution yougoslave de 1974, M. Mesic affirmant que la Constitution donnait aux républiques constitutives de l’ancienne Yougoslavie, dont la Croatie, le droit de faire sécession. M. Milosevic a défendu la thèse inverse en faisant valoir que c’étaient les peuples et non les Républiques qui jouissaient de la souveraineté en Yougoslavie. La Croatie a déclaré unilatéralement son indépendance de l’ex-Yougoslavie, en juin 1991, en même temps que la Slovénie. La tension est remontée d’un cran quand M. Milosevic a cité un écrivain croate du XIXe siècle traitant les Serbes de « bêtes sorties de la boue ». M. Mesic a rétorqué en citant un écrivain serbe qualifiant les Croates de Serbes déguisés en catholiques. Le président de la Cour, Richard May, a alors tenté de recadrer les débats : « La Cour n’est pas éclairée par un échange d’injures surtout si cet échange date d’il y a cent ans ». Il recommande à M. Milosevic, pour la énième fois depuis le début de son procès, le 12 février dernier, de « ne pas faire de discours ». M. Mesic est le premier chef d’État à comparaître devant le TPI depuis sa création en 1993. M. Milosevic doit répondre de sa responsabilité dans les trois conflits majeurs qui ont désintégré l’ex-Yougoslavie : Croatie, Bosnie, Kosovo.
L’ancien président serbe, Slobodan Milosevic, et le président actuel de Croatie, Stipe Mesic, se sont renvoyés mutuellement, hier, la responsabilité des atrocités commises durant la guerre de Yougoslavie, dressant face à face les spectres de deux nationalismes inexpiables. Au deuxième jour de sa comparution devant le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye, où il était convoqué comme témoin de l’accusation au procès Milosevic, M. Mesic a été la cible d’attaques personnelles et politiques lancées par son vieil adversaire. M. Milosevic a accusé pêle-mêle le président croate d’avoir trempé dans une série d’assassinats politiques, d’avoir été impliqué dans la destruction de villages serbes et d’avoir travaillé pour les services secrets croates. Massif, ramassé sur lui-même, placide, M. Mesic ne...
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