Symbole de pureté et de féerie, d’engagement vécu comme un conte de fées, la robe de mariée reste une allégorie que le temps, les vogues et la libération des mœurs n’arrivent pas à abolir. Elle sacralise le rôle de la femme mais aussi l’élan qui permet la perpétuité de l’espèce, malgré la chute d’Adam et d’Ève et leur renvoi du paradis... Dans l’univers de la mode, la robe de mariée est une intarissable source de revenus. D’inspiration et de féerie aussi, permettant à la plus ancienne et galvaudée des tenues de renaître perpétuellement de ses cendres toujours aussi émouvante, évocatrice du plus merveilleux des secrets de l’univers: la perpétuité de la vie... «Ce que les futures mariées apprécient le plus, ce sont les formes fluides et les matières vaporeuses», affirme une des anciennes spécialistes de tenues «de cérémonie», relevant fièrement avoir habillé, déjà, trois générations de jeunes épousées... En fait cette professionnelle de la robe blanche, toujours «en service», a raison... À part quelques futures mariées très «affranchies», la majorité des autres accomplissent un rite qui répond à un vœu profond présent depuis l’enfance au fond du cœur: la robe blanche et vaporeuse sous la brume épaisse d’un voile qui rend cet instant vécu un des moments les plus capitaux dans la vie d’une femme... Tissus exclusifs et robe unique Selon une spécialiste connue de «la robe blanche», la mode actuelle prône les tissus «exclusifs». Organza triple, mousseline de soie sur satin lune, donnant des effets de nacre en se superposant. Quel conseil donnerait-elle aujourd’hui aux futures candidates? «La robe “au feeling”...», répond-elle. Celle, unique, inspirée par la morphologie, l’expression, la personnalité de la future mariée. «Rien de plus désolant que la jeune fille “parée” sans nulle considération pour sa morphologie, son teint, sa personnalité, sa chevelure... Une tenue de mariée est tout sauf un déguisement, poursuit-elle, elle doit exalter, soulignant et magnifiant la personnalité de l’épousée, la présentant telle qu’elle est, sous son meilleur jour»... «À partir d’un voile de famille» Catherine Varnier, une des grandes spécialistes parisiennes durant quelques décades dans le domaine, signale une nouvelle tendance dans les milieux «in» internationaux: les robes créées à partir d’un voile de famille gardé précieusement de mère en fille. Mélangé à de nouveaux tissus de haute technicité (taffetas et organza légers), il permet des créations originales, rehaussées par l’intention de continuité et l’apport précieux de cette pièce de réminiscence, surgie du passé familial... Une robe de fête qui met en valeur... Mais la tradition ne doit pas ignorer ou faire oublier l’évolution des mœurs... Les femmes actives, ayant dépassé la première trentaine de leur existence, ont, elles aussi, le droit à une pensée spéciale. Une créatrice parisienne, Monique Germain, se consacre aux «mariées bis ou plus». Actives, ayant plus de trente ans, n’étant pas à leur première expérience maritale, elles ont droit à plus d’originalité et d’audace. Pour elles, des tailles suggérées, des jeux de transparences, superpositions, broderies en relief, du blanc cassé (si adoucissant) évoquant un aspect légèrement préraphaélique. La tenue de mariée «bis et plus», on le constate, est entrée dans les mœurs... Aucune allusion n’est faite pour l’instant aux tenues «de séparation». Mais dans une société autant portée sur la commercialisation, le filon ne tardera pas à se développer... Grâce au génie des créateurs, les divorces aussi auront droit à leurs tenues... Design « L’ordinateur-veste portable » La veste «vecteur de communication» est-elle le précurseur d’une mode cybernétique ? Ce bizarre et très intelligent vêtement comporte un écran plat intégré dans la manche et un écouteur au col. L’auteur de ce superbe costume est un polytechnicien issu de l’Université de Hong Kong. Il n’est certainement pas encore disponible dans le rayon «vêtements» des grandes surfaces ni à celui des ordinateurs portables. Il faudra donc patienter avant de l’offrir à son meilleur ami pour son anniversaire. Mais la veste «vecteur de communication», œuvre du designer Kwok Ho, annonce sans doute une ère nouvelle dans l’art du costume. Sans jouer les prophètes, on peut déjà prédire que «le vecteur de communication» sera, d’ici à quelques années, dans toutes les armoires. En plusieurs exemplaires peut-être. Mais d’ici-là peut-être, les armoires elles-mêmes seront des véhicules ou des avions portant le porteur de la veste vers d’autres planètes. Et dire que de nos jours il y a encore des personnes qui raccommodent les trous de leurs vieilles chaussettes ! L’«érgonophone» Le dernier-né des téléphones sans fil est proche d’une sculpture moderne qu’on peut parfaitement poser sur un meuble, bien en vue dans le living. Œuvre de Bang and Olufsen, il a la forme d’une courbe, en aluminium poli. Enrichi d’un processeur numérique, il sera disponible en noir, gris, bleu, jaune ou gris aluminium. Enrichie d’un processeur érgonomique et profitant d’une haute technologie, cette belle sculpture utilitaire est dotée d’une douce sonnerie : un carillon métallique, subtil et vélouté, comme la pluie fine tombant sur des feuilles mouillées... Le BéoCom 2, nom de la merveille en question, est déjà vendu en France à 5 000 F. Défense de briller... Une peau qui brille est à l’opposé d’un teint éclatant et lumineux... L’âge, certes, joue un rôle important. Le grain de peau parfait, velouté comme un fruit avec des pores serrées, quasi imperceptibles, est celui de la jeunesse. La peau vit au rythme des fluctuations hormonales, elles-mêmes dépendantes, les années mises à part, du stress, de l’influence directe de certains contraceptifs, des messages du cerveau... Toutes ces interventions se traduisent par des signes physiques auxquels on n’attache pas d’importance, car ils ne paraissent pas avoir un lien direct avec la santé: une flambée de sébum qui entraîne de petits boutons ou qui fait luire front, pommettes et ailes du nez... Conseils à suivre? Éviter les excitants (thé, café, alcool, tabac, dont la nicotine favorise l’excès de la sécrétion du sébum). Côté soins esthétiques, il convient d’être très attentive aux choix des produits: crèmes de jour hydratantes, et douceur avant toute chose. La mauvaise tendance de se précipiter sur les produits décapants parce qu’on a la peau trop grasse est à proscrire. La préférence devra s’orienter vers les produits (crèmes) a effet buvard, enrichis d’actifs hydratants et matifiants. Une molécule, proche de celle contenue généralement dans les antitranspirants, resserre les pores de la peau, limitant ainsi le flux de sébum. La peau ainsi préparée peut recevoir le maquillage. Celui-ci n’a pas fonction et ne doit pas masquer ou camoufler. Utilisé en doses minimales et avec un maximum de douceur, il n’a pas pour objectif de masquer mais de sublimer la transparence. Il doit donc procéder avec une infinie douceur. Éviter le mat qui «plombe» le grain de la peau et durcit les traits. Plus on s’obstine de matifier la peau, plus la brillance reprend le dessus. Éviter les fonds de teint liquides et employer un minimum de produits. Égaliser le tout avec un fluide matifiant. Les maquilleurs conseillent d’imbiber une éponge de maquillage avec un fluide ou une lotion astringente et de la passer sur l’ensemble du visage. Dernière touche, prendre un gros pinceau (ni houppette, ni coton) pour déposer sur le visage un coup de poudre buvard... Faux bijoux Vague rétro sur la joaillerie fantaisie Fleurs en tout genre, invasions de papillons et de libellules, camées revisités, bijoux dentelles, douceur de visages féminins dans des médaillons, une vague romantique souffle sur le bijou fantaisie même si l’esprit ethnique est loin d’avoir dit son dernier mot au Salon Éclat de mode à Paris. «C’est le retour au raffinement, à la féminité, au désir», explique une créatrice. Claudine Vitry s’est inspirée de Mme Pompadour pour des bijoux fleurs en résine imitant le corail et a puisé dans l’œuvre du peintre du XIXe Dante Gabriel Rossetti pour restituer des visages de femmes raphaéliques qu’elle glisse dans des médaillons. «Notre époque est marquée par le retour aux anciennes valeurs. Les femmes veulent retrouver leur féminité tout en gardant leurs acquis dans la société», juge-t-elle. Et le style des bijoux fait penser «à ceux de nos grand-mères, aux vieux trousseaux, aux vieux intérieurs avec les tapisseries». Linda Lacroix nage en «plein romantisme» avec des médaillons où trônent les sept maîtresses du roi de Bavière, ses tours de cou en dentelle de fil de métal. Les sacs «moulin rouge» accompagnent ses bijoux qui associent dans un désordre étudié passementerie et pierres. Sources d’inspiration dans la bijouterie depuis des siècles et symboles de la féminité, les papillons et libellules ont à nouveau envahi les stands. En strass ou en pierres multicolores, ils affichent leur légèreté. Même les araignées et leur toile ne font plus peur sur une broche signée du grec Panos Frangos, pas plus, dans un autre genre, que le collier-serpent de David Ferchaux. Chez Vivienne Westwood, les petites bêtes sont un peu plus grosses. En hommage aux jardins anglais et aux animaux que l’on peut y croiser, lapins, oiseaux et grenouilles se promènent sur les colliers et les bracelets de la créatrice britannique. Côté ethnique, le collier pectoral et le ras-de-cou se taillent la part du lion avec des pièces imposantes dans des matières luxueuses aux tons naturels allant du blanc au noir en passant par toute une déclinaison de sable, beige et marron comme chez l’Italien Daniele Cornaggia ou le Français Jacques An Lanh. Plus ludiques, les créations de Fifi la Ferraille sont fabriquées à partir d’objets aussi insolites que des vis violon, des écrous papillon, des ressorts et autres mécanismes d’horlogerie pour composer d’étonnants colliers tribaux et transformer la femme en guerrière des villes.
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