Avec leur victoire sur les États-Unis 3-2, dimanche, en demi-finale de la Coupe Davis de tennis, les héritiers des Mousquetaires ont reconquis Roland-Garros soixante-dix ans après la dernière victoire de Jean Borotra, Henri Cochet et Jacques Brugnon, en 1932. « Le public a répondu présent dans ce temple du tennis bâti pour la Coupe Davis. C’était incroyable! Les gens chantaient, dansaient, s’étaient habillés en bleu, applaudissaient, faisaient la “ola”. Toute la famille du tennis était là. C’était très émouvant. J’en avais la chair de poule. Jamais je n’avais vu un public comme ça à Roland-Garros, si ce n’est peut-être lors de la victoire de Yannick (Noah) en 1983 », s’est émerveillé le capitaine français Guy Forget. À cette cinquième victoire sur les Américains, qui n’ont connu là que la défaite (1928, 1929, 1930, 1932 et 2002), il n’aura pas manqué le frisson de l’incertitude. En proie à des pépins physiques, Sébastien Grosjean aura finalement été le héros de la rencontre. Sur le point de craquer le premier jour au troisième set de son match contre James Blake, il se sortit d’affaire grâce à sa technique. Et l’entorse à une cheville qu’il se donna dans la deuxième manche face à Andy Roddick dimanche, loin de le diminuer, parut aiguiser son sens tactique. « Vendredi, Seb m’a fait peur. J’ai craint la panne d’essence », a reconnu Forget, qui avait pris le risque de l’aligner de préférence à Paul-Henri Mathieu, en grande forme mais inexpérimenté. Les événements, confirmant l’infaillibilité de son jugement, lui ont donné une fois de plus raison. Contre Roddick, réputé pour ses services et ses coups droits fulgurants, Grosjean fit notamment merveille. À la décharge du jeune Américain, qui encaissa ses deux premières défaites en Coupe Davis, il faut dire qu’il joua ses deux simples en premier, le matin à 10 heures et demie, alors que la terre battue encore un peu humide ralentissait ses balles. Mais un coup droit, aussi violent soit-il, n’est rien s’il n’est pas préparé et bien placé. À ce sujet, il est tout à fait remarquable que Grosjean ait commis moins de fautes directes avec le sien (20 contre 22 pour Roddick) et surtout marqué beaucoup plus de points gagnants (23 contre 11). Voir plus large pour le double Après une ouverture de la rencontre à laquelle Arnaud Clément avait magnifiquement donné le ton en matant l’impétueux Roddick, la défaite en double de Fabrice Santoro et Mickaël Llodra avait jeté le trouble dans les esprits. Leur très facile victoire en trois sets sur les Tchèques Jiri Novak et David Rikl au tour précédent avait sans doute été illusoire. Formant l’une des meilleures paires du monde, leurs adversaires ne s’adressaient en effet plus la parole, même sur le terrain, et leur mésentente était évidente en raison du grave problème sentimental qui les opposait. Todd Martin et James Blake, qui ne forment pourtant pas un tandem bouleversant, aux dires de Guy Forget, ont mis en évidence les lacunes de l’association Santoro-Llodra, qui laissa passer au deuxième set l’occasion de gagner probablement en trois manches au lieu de perdre en cinq. « Si on avait gagné en trois sets, je n’aurais pas réalisé les progrès qu’on avait à faire avec les mêmes joueurs ou avec d’autres », a commenté le capitaine de l’équipe de France. « Il faut voir un peu plus large que Santoro et Llodra. Je veux que tout le monde joue en double au maximum dans les tournois avant la finale. Même Fabrice doit améliorer certains points. Va falloir aller vite », a-t-il ajouté pour être tout à fait clair. Si un point semble en effet un peu plus facile à gagner contre les Russes, c’est bien celui du double.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Avec leur victoire sur les États-Unis 3-2, dimanche, en demi-finale de la Coupe Davis de tennis, les héritiers des Mousquetaires ont reconquis Roland-Garros soixante-dix ans après la dernière victoire de Jean Borotra, Henri Cochet et Jacques Brugnon, en 1932. « Le public a répondu présent dans ce temple du tennis bâti pour la Coupe Davis. C’était incroyable! Les gens chantaient, dansaient, s’étaient habillés en bleu, applaudissaient, faisaient la “ola”. Toute la famille du tennis était là. C’était très émouvant. J’en avais la chair de poule. Jamais je n’avais vu un public comme ça à Roland-Garros, si ce n’est peut-être lors de la victoire de Yannick (Noah) en 1983 », s’est émerveillé le capitaine français Guy Forget. À cette cinquième victoire sur les Américains, qui n’ont connu là que la...