11/09 : le risque d’attaques-kamikaze connu, mais sous-estimé par le FBI
le 20 septembre 2002 à 00h00
Les services de renseignements américains étaient au courant d’un risque d’attentats utilisant des avions de ligne avant les attaques du 11 septembre 2001, mais avaient estimé qu’il était peu élevé, a déclaré mercredi une responsable de l’enquête menée au Congrès sur les ratés de ces services. « En dépit des informations en sens contraire parvenues aux services de renseignements, le FBI (police fédérale) et la FAA (administration fédérale de l’Aviation civile) avaient estimé que le risque d’un acte terroriste prenant pour cible l’Aviation civile était relativement faible », a déclaré devant une commission spéciale du Congrès Eleanor Hill, l’une des responsables de l’enquête, ancien procureur. Mme Hill a fait remonter les premières informations en ce sens à 1994, et mentionné une alerte, à l’automne 1998, évoquant un projet d’attentat par Oussama Ben Laden impliquant des avions dans la région de New York et de Washington. Une autre indication à la même époque mentionnait la possibilité qu’un avion bourré d’explosifs soit envoyé sur un aéroport américain. « De 1994 jusqu’à la fin août 2001, les services de renseignements avaient reçu des informations indiquant que des terroristes internationaux avaient sérieusement envisagé d’utiliser des avions pour mener des attaques terroristes. (...) Apparemment, il y a eu peu, si ce n’est aucun effort des services de renseignements pour analyser ce risque », a-t-elle ajouté. Elle a également révélé que Oussama Ben Laden visait les chefs du département américain de la Justice, du département d’État, de la CIA et du FBI en août 1999 et avait offert en novembre 1998 une prime de neuf millions de dollars pour l’assassinat de quatre hauts responsables des services de renseignements, selon les commissions d’enquête du Congrès sur les attentats du 11 septembre. Mme Hill s’exprimait dans le cadre de la première audience publique sur l’enquête menée depuis six mois par la commission spéciale du Congrès, composée des personnels des commissions du Renseignement de la Chambre et du Sénat. Cette commission avait déjà organisé 10 audiences à huis clos. Ses membres, pour parvenir à leurs conclusions, ont étudié en six mois plus de 400 000 pages de documents et interviewé près de 500 personnes, a précisé le sénateur démocrate Bob Graham, président de la commission sénatoriale sur le Renseignement. Mme Hill a cependant tenu à souligner que les informations sur les risques d’attentat impliquant des avions ne représentaient qu’une petite partie du volume très important d’informations collectées par les services de renseignements. Elle a par ailleurs mentionné, sans l’identifier, un « dirigeant-clé d’el-Qaëda » dont les services de renseignements n’avaient, selon elle, pas « pris conscience de l’importance croissante au sein d’el-Qaëda ».
Les services de renseignements américains étaient au courant d’un risque d’attentats utilisant des avions de ligne avant les attaques du 11 septembre 2001, mais avaient estimé qu’il était peu élevé, a déclaré mercredi une responsable de l’enquête menée au Congrès sur les ratés de ces services. « En dépit des informations en sens contraire parvenues aux services de renseignements, le FBI (police fédérale) et la FAA (administration fédérale de l’Aviation civile) avaient estimé que le risque d’un acte terroriste prenant pour cible l’Aviation civile était relativement faible », a déclaré devant une commission spéciale du Congrès Eleanor Hill, l’une des responsables de l’enquête, ancien procureur. Mme Hill a fait remonter les premières informations en ce sens à 1994, et mentionné une alerte, à...
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