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Actualités - Chronologie

Risque de « divorce » Europe-USA, selon des experts

L’Europe, qui a réitéré sa solidarité antiterroriste avec les États-Unis à l’occasion du 1er anniversaire du 11 septembre 2001, prend de plus en plus ses distances avec Washington qui veut recourir à l’option militaire contre Bagdad, estiment des experts évoquant le risque d’un « divorce ». Ainsi l’historien français François Godement relève qu’un tel divorce transatlantique « sur le fond, s’il se produisait, serait à l’initiative de l’Europe ». Pour ce qui est de l’Amérique, Godement considère qu’elle est « souvent autiste dans ses formes d’action et de concertation, et surtout avec des alliés historiques qu’elle tient pour quantité négligeable ». Le journaliste allemand Roger de Weck juge lui aussi que, depuis le 11 septembre 2001, « l’Ancien et le Nouveau Continent ont divergé. La Maison-Blanche estime être en guerre, mais pas l’Élysée, ni la chancellerie allemande, pas même Downing Street ». « À l’incohérence des Européens répond l’intransigeance des Américains. Depuis le 11 septembre, il n’y a plus vraiment de partenariat. Pour la Maison-Blanche, les Européens ne sont plus que (...) des vassaux », dit-il. Le général français Christian Delanghe estime aussi, à propos de la puissance militaire américaine, que « la supériorité militaire, même écrasante, ne peut résoudre à elle seule toute situation de crise ni interdire l’escalade de violences dans des régions marquées par des luttes séculaires ». « Les tactiques de la guerre-éclair, appliquées aujourd’hui sous la forme technologique des frappes à distance (...) ne peuvent résoudre tous les conflits du monde actuel ni remplacer les stratégies à long terme de présence et d’action sur le terrain, seules capables d’imposer et de restaurer progressivement une situation de paix durable », estime-t-il. À la veille de la déclaration, jeudi à l’Onu, du président américain George W. Bush, les dirigeants européens eux-mêmes mettaient en exergue l’importance du recours en priorité aux Nations unies avant tout recours à la force contre le régime irakien. Le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, a ainsi souligné mercredi à New York l’attachement de la France à un schéma en deux étapes, au sein du Conseil de sécurité. « Le schéma en deux temps nous semble souhaitable », a-t-il souligné en rappelant le plan proposé par le président français Jacques Chirac. Ce plan envisage une première résolution en forme d’ultimatum avec un délai d’acceptation par Bagdad de trois semaines au plus, et, en cas de rejet irakien, une deuxième résolution établissant les modalités, y compris militaires, d’une réponse de la communauté internationale. Le Premier ministre suédois Goeran Persson, qui a condamné l’unilatéralisme » américain, a déclaré pour sa part que les États-Unis avaient « le droit de se défendre eux-mêmes », mais qu’ils n’avaient « pas carte blanche pour agir comme ils le veulent. Ils doivent respecter le droit international. » Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, a, quant à lui, souligné que « la lutte contre le terrorisme ne requiert (...) pas uniquement l’usage de la force ». Enfin, le ministre russe des Affaires étrangères, Igor Ivanov, a déclaré que les États-Unis devaient se soumettre à l’opinion de la « large majorité » des membres de l’Onu sur la question de l’Irak et qu’» aucune action de force ne peut donner de réponse à cette question (...) L’option militaire ne peut remplir l’objectif fixé par le Conseil de sécurité de l’Onu », a-t-il dit.
L’Europe, qui a réitéré sa solidarité antiterroriste avec les États-Unis à l’occasion du 1er anniversaire du 11 septembre 2001, prend de plus en plus ses distances avec Washington qui veut recourir à l’option militaire contre Bagdad, estiment des experts évoquant le risque d’un « divorce ». Ainsi l’historien français François Godement relève qu’un tel divorce transatlantique « sur le fond, s’il se produisait, serait à l’initiative de l’Europe ». Pour ce qui est de l’Amérique, Godement considère qu’elle est « souvent autiste dans ses formes d’action et de concertation, et surtout avec des alliés historiques qu’elle tient pour quantité négligeable ». Le journaliste allemand Roger de Weck juge lui aussi que, depuis le 11 septembre 2001, « l’Ancien et le Nouveau Continent ont divergé. La...