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Actualités - Chronologie

L’arsenal irakien, une menace sujette à interprétation

L’ampleur de la menace posée par l’Irak est largement sujette à interprétation, par manque d’information sur le terrain, même s’il est acquis que Bagdad possède des réserves conséquentes d’armes chimiques et surtout biologiques. Ce qu’on sait avec certitude des capacités irakiennes en matière d’armes de destruction massive a été résumé cette semaine dans un rapport de l’Institut international d’études stratégiques (IISS) : – La menace globale posée par l’Irak est moindre qu’avant la guerre du Golfe en 1991. – L’Irak nécessiterait « au minimum plusieurs années et une aide soutenue de l’étranger » pour pouvoir produire la matière fissile nécessaire à fabriquer la bombe atomique. Mais si cette matière fissile lui était fournie, Bagdad pourrait mettre au point des armes nucléaires « en quelques mois ». Le responsable du rapport de l’IISS, Gary Samore, a souligné que l’avancée irakienne en matière nucléaire constituait « l’inconnue extrême ». – Le danger le plus avéré à ce jour réside dans les armes biologiques. Bagdad conserve des stocks conséquents (peut-être des milliers de litres de bacille du charbon), a peut-être continué à produire des milliers de litres d’agents biologiques (charbon, toxines botuliques) depuis le départ des inspecteurs en 1998 et il pourrait en tout cas reprendre sa production en quelques semaines. – Dans le domaine chimique, Bagdad a probablement conservé quelques centaines de tonnes de gaz moutarde et de précurseurs pour quelques centaines de tonnes de gaz sarin, peut-être également autant de réserves de gaz VX. Là aussi, la production a peut-être repris depuis 1998, sinon cela pourrait être le cas en quelques mois. – Mais la principale faiblesse irakienne réside dans son manque de vecteurs pour lancer des charges biologiques ou chimiques. Saddam Hussein ne pourrait compter que sur une douzaine de missiles al-Hussein (copiés des missiles russes Scud) d’une portée de 650 km, suffisante pour atteindre Israël, l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Iran ou le Koweït. Pour le reste, l’Irak pourrait utiliser des appareils sans pilote transformés à partir d’avions d’entraînement tchèques L-29, ou placer ses charges dans des obus ou des bombes aériennes. « De larges parties du puzzle demeurent indisponibles » après la publication du rapport de l’IISS, a commenté le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des communes, Donald Anderson. Certaines de ces pièces seront peut-être révélées dans un autre rapport que le gouvernement britannique doit publier à la fin de ce mois, et qui devrait, lui, inclure des informations obtenues par les services de renseignements britanniques (MI6) et américains (CIA). Mais les sources sont limitées en l’absence des inspecteurs en désarmement de l’Onu : les révélations déjà anciennes de quelques transfuges, comme l’ingénieur en nucléaire Khidhir Hamza ou le beau-fils de Saddam Hussein, Hussein Kamel Hussein, l’éventuel travail de renseignements sur le terrain, et les images satellite. Lors de leur sommet samedi dernier, George W. Bush et Tony Blair ont ainsi fait grand cas d’images satellite révélées par un expert de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), faisant apparaître de nouvelles constructions sur plusieurs sites nucléaires inspectés dans le passé par les Nations unies. Bagdad a immédiatement réagi en faisant visiter par la presse certains de ces bâtiments neufs, à l’ancien emplacement de la centrale de Tamouz, assurant qu’ils avaient une vocation exclusivement civile. L’Irak nie en bloc les accusations américaines et britanniques sur son présumé programme d’armes de destruction massive, affirmant qu’il ne s’agit que d’un prétexte pour obtenir un renversement de Saddam Hussein.
L’ampleur de la menace posée par l’Irak est largement sujette à interprétation, par manque d’information sur le terrain, même s’il est acquis que Bagdad possède des réserves conséquentes d’armes chimiques et surtout biologiques. Ce qu’on sait avec certitude des capacités irakiennes en matière d’armes de destruction massive a été résumé cette semaine dans un rapport de l’Institut international d’études stratégiques (IISS) : – La menace globale posée par l’Irak est moindre qu’avant la guerre du Golfe en 1991. – L’Irak nécessiterait « au minimum plusieurs années et une aide soutenue de l’étranger » pour pouvoir produire la matière fissile nécessaire à fabriquer la bombe atomique. Mais si cette matière fissile lui était fournie, Bagdad pourrait mettre au point des armes nucléaires «...