Londres abrite plusieurs organisations islamistes radicales placées sous haute surveillance policière depuis les attentats du 11 septembre 2001, telles que Al-Mouhadjiroun qui organise aujourd’hui une conférence à la mosquée de Finsbury Park. Al-Mouhadjiroun appartient au mouvement salafiste, qui prône la création d’États musulmans partout dans le monde, y compris au Royaume-Uni. Omar Bakri, organisateur de la conférence et l’un des fondateurs du mouvement islamiste al-Mouhadjiroun, se définit d’ailleurs comme juge de la cour de la charia de Grande-Bretagne. Les salafistes sont pour une application stricte de la loi coranique et « ne reconnaissent pas la loi des hommes » et la démocratie, explique M. Bakri. « Nous soutenons tous les combats contre ceux qui agressent les pays musulmans », affirme-t-il avant d’ajouter, en réponse à une question sur une éventuelle extension du combat dans les pays occidentaux, que « la loi de Dieu nous interdit de combattre les pays dans lesquels nous vivons ». Le 15 août, plusieurs chefs islamistes, dont M. Bakri, avaient averti dans une déclaration rendue publique à Londres que les États-Unis et la Grande-Bretagne feraient face à des attentats terroristes comme ceux du 11 septembre s’ils lançaient une guerre contre l’Irak. Al-Mouhadjiroun, soupçonné de recruter de jeunes étudiants, a été interdit dans plusieurs universités du pays, notamment à Leicester et Birmingham, villes à forte proportion musulmane. Abou Hamza al-Masri, coorganisateur de la manifestation, dirige la mosquée salafiste de Finsbury Park, dans le nord de Londres. Ce religieux d’origine égyptienne, qui a perdu un œil et ses mains en combattant l’occupation soviétique en Afghanistan, est soupçonné de soutenir l’organisation terroriste el-Qaëda. Il vit depuis 20 ans à Londres. Son fils, Mohammed Mustafa Kamel, a fait partie du groupe de dix Britanniques et Français emprisonnés en août 1999 au Yémen pour complot terroriste. Un autre participant attendu, lié à al-Mouhadjiroun, Yasser al-Serri, est un ressortissant égyptien que les États-Unis soupçonnent d’entretenir des liens avec el-Qaëda. Il dirige de Londres une organisation nommée Observatoire islamique, qui informe les médias des arrestations d’islamistes dans le monde. M. Serri, qui participera également aux débats, avait été remis en liberté cet été après le rejet d’une demande d’extradition de la part des États-Unis. Cheik Omar Bakri entretient également des relations avec l’islamiste palestinien Abu Qatada, soupçonné d’être le « chef spirituel » du réseau el-Qaëda en Europe et recherché par la police qui a perdu sa trace fin 2001. Le 12 juillet, il avait lu devant la presse une lettre « reçue par Internet » d’Abu Qatada. « Il (Abu Qatada) dit que ce qui est arrivé en Afghanistan n’est pas fini », a dit Omar Bakri. Abu Qatada dénonçait dans cette lettre les « attaques » contre les musulmans dans le monde. D’autres mouvements islamistes sont également sur la sellette dont Hizb-ut-tahkir, soupçonné de vouloir recruter dans les universités des jeunes prêts à suivre des entraînements militaires à l’étranger. Par ailleurs, un rapport d’experts internationaux réalisé après les attentats du 11 septembre faisait état de liens entre el-Qaëda et des associations humanitaires basées à Londres. Parmi elles figuraient l’International Islamic Relief Organisation et la Fondation Ibrahim Bin Abdul Aziz al-Ibrahim, créée en 1990 par le beau-frère du roi Fahd. En 1998, cette dernière avait dû fermer sa branche à Nairobi après qu’un lien eut été établi entre certains de ses membres et des attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie.
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