Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportage

Les Américains, non préparés à une nouvelle attaque terroriste(PHOTO)

Bien que les autorités américaines jugent inévitable une nouvelle attaque terroriste, elles ont peu ou pas informé le public de la conduite à tenir en cas de nouveau désastre majeur, selon des responsables et des experts. Depuis les attentats de l’an dernier, les autorités et les groupes privés ont mené de nombreuses enquêtes sur l’état de préparation du pays face à des menaces allant de l’attaque biologique à l’explosion d’une bombe radioactive. Mais si des progrès ont été faits, assez peu de choses ont été publiées, à destination notamment de New-Yorkais toujours traumatisés. « Il y a indubitablement encore beaucoup à faire, estime Beth Armstrong, directeur de l’Association internationale des responsables de services d’urgence. Le public ne connaît pas le degré de préparation des autorités ». Le bureau new-yorkais des situations d’urgence (OEM), qui a géré et gère encore les conséquences des attaques du 11 septembre, travaille à la publication de brochures destinées à une large diffusion mais les responsables municipaux rechignent à révéler les détails de leurs procédures. « Nous avons des choses prévues, mais vous comprendrez bien qu’aucun service de sécurité ou de renseignement n’acceptera de les révéler », indiquait récemment à des journalistes le maire de New York, Michael Bloomberg. Les autorités estiment par exemple que la publication de routes d’évacuation pourrait fournir de nouvelles cibles pour des terroristes. Face à une « très forte demande », le quartier de Manhattan a pris l’initiative d’imprimer quelque 50 000 guides de Préparation familiale en plusieurs langues. Ces brochures ont été distribuées dans les bureaux municipaux, mais il n’a pas été possible pour des raisons de coût de les envoyer par la poste à l’ensemble des 1,5 million d’habitants de Manhattan, a indiqué un responsable local, Dan Wilson. De nombreuses villes attendent des consignes du gouvernement fédéral à ce sujet. Mais la tâche est pour l’instant répartie entre de nombreuses administrations fédérales différentes, ce qui plaide en faveur de la création prévue par le président Bush d’un département fédéral de la sécurité intérieure (Department of Homeland Security). Des différences apparaissent aussi entre les actions engagées aux niveaux local et fédéral. En mars, Washington a créé un système de codes colorés, allant du vert au rouge. Mais une étude de la Ligue nationale des villes américaines a montré que seule une sur cinq avait intégré ce système au leur. « Il y a ce sentiment que dans certaines villes ils ne savent pas comment répondre à ces alertes, ni quelles actions spécifiques engager, indique Michael Reinemer, porte-parole de la Ligue. Nous avons encore fort à faire pour connecter les points entre eux ». Une étude portant sur 725 localités membres de la Ligue a montré que les menaces biologiques, chimiques et le cyberterrorisme étaient les préoccupations principales. Mais seules 26 % d’entre elles ont indiqué avoir des stratégies en place contre le cyberterrorisme et 29 % contre des bombes « sales ». Une enquête menée la semaine dernière par l’hebdomadaire National Journal, visant à créer un classement des villes en fonction de leur degré de préparation, a dénoncé notamment le manque d’équipement de télécommunications. Il s’est également montré sceptique sur la capacité des hôpitaux à détecter rapidement une attaque biologique ou chimique, citant une étude selon laquelle les fonds manquaient afin de mettre sur pied des réseaux de détection. L’Administration Bush a prévu, dans son budget 2003, 3,5 milliards de dollars pour les services d’urgence afin de financer l’achat de nouveaux équipements, des formations ou des frais d’heures supplémentaires. Mais selon certains responsables municipaux, les fonds fédéraux n’arrivent qu’au compte-gouttes au niveau local.
Bien que les autorités américaines jugent inévitable une nouvelle attaque terroriste, elles ont peu ou pas informé le public de la conduite à tenir en cas de nouveau désastre majeur, selon des responsables et des experts. Depuis les attentats de l’an dernier, les autorités et les groupes privés ont mené de nombreuses enquêtes sur l’état de préparation du pays face à des menaces allant de l’attaque biologique à l’explosion d’une bombe radioactive. Mais si des progrès ont été faits, assez peu de choses ont été publiées, à destination notamment de New-Yorkais toujours traumatisés. « Il y a indubitablement encore beaucoup à faire, estime Beth Armstrong, directeur de l’Association internationale des responsables de services d’urgence. Le public ne connaît pas le degré de préparation des autorités »....