Yougoslaves et Argentins, tombeurs des Américains, se retrouvent dans la nuit de dimanche à lundi (heure de Beyrouth) à Indianapolis en finale du championnat du monde de basket-ball messieurs pour régler le problème de la succession après le décès sportif de la « Dream Team ». Les joueurs de Svetislav Pesic peuvent remporter leur cinquième titre, le deuxième de rang, à l’occasion de leur huitième finale en quatorze éditions. Mais ce trophée aura plus de valeur que le précédent car, cette fois, une véritable équipe NBA aura disputé cette épreuve. Mélange des meilleurs joueurs européens et d’autres estampillés NBA comme Vlade Divac ou Predrag Stojakovic, les champions d’Europe peuvent à leur manière sauver l’honneur du championnat professionnel nord-américain, mis à mal dans cette épreuve par les deux revers successifs des États-Unis. L’Argentine, couronnée en 1950, une autre époque pour cette discipline, peut, elle, retrouver un lustre depuis longtemps perdu. Sa meilleure performance depuis cette date remonte à 1967, lorsqu’elle avait fini à la sixième place. L’an passé, elle avait terminé huitième. Pour les Sud-Américains, cette finale a une saveur bien particulière. Dans le contexte économique difficile du pays, une victoire mettra forcément du baume au cœur des supporteurs, comme le succès sur les Américains (87-80) leur a donné de la fierté. La qualification des deux finalistes n’a pas été simple. Les Argentins ont souffert mille maux pour écarter en demi-finale une très bonne équipe d’Allemagne (86-80), emmenée par un remarquable Dirk Nowitzki. Elle a ainsi conclu un parcours sans faute puisqu’elle n’a perdu aucune rencontre lors des deux phases par groupe. Les Sud-Américains ont cependant subi un vrai coup dur. Emanuel Ginobili s’est blessé. Le nouveau pensionnaire des San Antonio Spurs (NBA) est mal retombé lors d’un tir à trois points réussi et s’est fait visiblement très mal à la cheville droite. Son absence possible risque fort d’handicaper l’équipe argentine. Car ce joueur, à la double nationalité italo-argentine, représente une option offensive d’importance aux côtés de Hugo Sconochini et Fabricio Oberto qui pourraient se voir chargés de tout le travail. La Yougoslavie a tremblé pendant vingt-cinq minutes en demi-finale. Le temps de ramener à la raison la Nouvelle-Zélande, les « Tall Blacks » étant particulièrement inspirés pendant la première moitié du match. Ensuite, sa puissance collective, conjuguée avec une reprise en mains de la défense et un retour de l’adresse, a inversé la tendance. En fait, cette rencontre a été à l’image de la Yougoslavie depuis le début de la compétition. Elle a le talent. Mais elle est souvent inconstante. De talent, elle va avoir besoin pour battre l’Argentine. Quant à son péché mignon, elle va devoir l’oublier et rester au contraire concentrée pendant 40 minutes. La Yougoslavie sait le faire. La « Dream Team » l’a constaté à ses dépens (81-78) en quart de finale.
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