Les attentats du 11 septembre, accompagnés d’un ralentissement économique, ont tari la croissance soutenue des déplacements touristiques internationaux. Mais malgré un été en demi-teinte, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) attend un redémarrage d’ici à la fin de l’année. «Ce choc, malgré sa gravité, sera absorbé dans la longue durée et la pente de croissance annuelle d’environ 4 % continuera à être suivie», prévoit Francesco Frangialli, secrétaire général de l’OMT. L’organisation gouvernementale n’a d’ailleurs pas modifié ses prévisions spectaculaires à l’horizon 2020: triplement des flux touristiques dans le monde, doublement en Europe. En attendant, les arrivées internationales dans le monde ont reculé de 0,6% en 2001, avec 5 millions de déplacements de moins qu’en 2000, année festive qui avait enregistré une embellie de 7% (+45 millions). Immédiatement après les attentats antiaméricains, de septembre à décembre 2001, les zones les plus atteintes étaient l’Asie du Sud (-24% d’arrivées de touristes étrangers), les Amériques (-20%) et le Moyen-Orient (-11%). Si le recul global reste modeste pour l’ensemble de 2001, il est toutefois inédit puisque le secteur avait connu une croissance continue depuis vingt ans. Les recettes touristiques mondiales (exprimées en dollars US) ont en outre fondu de 2,6%. Les premières indications sur l’été 2002 ne s’avèrent «pas très bonnes», même pour des destinations phares comme la France, l’Espagne, la Grèce ou l’Afrique du Nord, précise M. Frangialli. Néanmoins «un redémarrage au troisième ou quatrième trimestre, avec un retour à la normale, semble toujours vraisemblable, sauf en cas de détérioration du climat général avec de nouvelles opérations militaires au Moyen-Orient», indique-t-il. Les grands voyagistes européens souffrent encore des réservations en retrait par rapport à l’an passé, mais les premières indications estivales émanant de l’allemand Thomas Cook (numéro trois européen) ou du français Club Méditerranée (numéro sept) révèlent une amélioration de la demande. «La leçon essentielle des derniers mois est qu’il y a un redressement du secteur, mais il est beaucoup plus lent que prévu», commente une analyste spécialisée d’une banque française. Les professionnels déplorent un manque de visibilité, les voyageurs européens prenant de plus en plus tardivement leurs réservations. Le traumatisme planétaire du 11 septembre aurait également accentué les changements de comportements actuels, en particulier un raccourcissement du temps de vacances, allant de pair avec une multiplication des courts séjours et une réduction des dépenses annexes. Ce secteur a finalement «mieux résisté que le domaine du transport, qui a lui-même mieux résisté que l’activité spécifique de l’aérien», tempère M. Frangialli, en notant le double visage de l’industrie touristique «d’un côté vulnérable, de l’autre résistante». Car la demande de loisirs reste forte, tout comme celles des déplacements professionnels. Et le secteur jouit d’un phénomène de compensation: l’apparition d’une crise dans une partie du monde entraîne les voyageurs vers d’autres régions ou les incite à reporter leur projet, explique le responsable. Les voyageurs ont souvent opté pour le tourisme de proximité, accessible en voiture ou en train. L’Association de l’industrie du tourisme des Amériques (TIA) juge notamment que les déplacements des Américains à l’intérieur de leurs frontières ont augmenté de 2% en 2001 et devraient connaître une nouvelle hausse de 1,3% cette année.
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