Radicaux et pragmatiques de l’extrême droite au pouvoir en Autriche s’accusaient vendredi mutuellement de prévarication, compromettant les chances d’une réconciliation qui éviterait l’éclatement du gouvernement de coalition. Les deux ailes du FPOe, parti gouvernant depuis février 2000 avec les conservateurs, traînent dans la boue leur chefs de file respectifs, franchissant un nouveau palier dans la querelle qui oppose le dirigeant historique Joerg Haider et la présidente du parti Susanne Riess-Passer. M. Haider, gouverneur de la province de Carinthie, qui a fait sa carrière comme « défenseur des petites gens », est qualifié de « profiteur éhonté » pour s’être fait rembourser par le parti plusieurs centaines de milliers d’euros de frais tandis que Mme Riess-Passer, vice-chancelière, est accusée de trafic d’influence en faveur de son mari. Ces invectives sont lancées alors que Mme Riess-Passer menace de démissionner lundi du gouvernement avec les six ministres et secrétaires d’État FPOe si M. Haider n’empêche pas, ce week-end, la tenue en octobre d’un congrès extraordinaire dont la vice-chancelière ne veut à aucun prix. Avec ce congrès qu’il a suscité, le gouverneur de Carinthie veut forcer la main à son ancienne secrétaire – qu’il a lui-même installée à la tête du FPOe en mai 2000 – sur une baisse d’impôts à accorder aux particuliers en 2003, avant les élections législatives de l’automne. M. Haider juge cette baisse des impôts cruciale parce qu’elle démontrerait que, une fois entré au gouvernement, le FPOe tient ses promesses électorales tandis que Mme Riess-Passer est convenue avec le chancelier conservateur Wolfgang Schuessel de la repousser à 2004 pour pouvoir accorder dès cette année une aide de 2 milliards d’euros aux victimes d’inondations catastrophiques ayant ravagé le pays en août. Ce désaccord témoigne d’une césure profonde au sein du FPOe entre ceux qui, comme M. Haider, privilégient une « stratégie de la tension » où le parti ferait une politique d’opposition tout en étant au pouvoir, et ceux qui, comme Mme Riess-Passer, veulent l’établir définitivement comme un parti de gouvernement. Menacé de scission, le FPOe est en outre en reflux dans le pays. Le parti, qui avait obtenu 26,9 % des voix aux élections d’octobre 1999, n’est plus crédité que de 20 % des intentions dans les sondages. Une partie du vote protestataire est retournée vers l’opposition socialiste et écologiste dès que le gouvernement a appliqué une politique de rigueur budgétaire. Le parti a également perdu du terrain dans tous les scrutins locaux et sociaux tenus depuis son accession au pouvoir il y a trente mois. Il craint d’en perdre encore lors d’élections provinciales en janvier et en mars prochains. Samedi, M. Haider doit rencontrer les quelque 400 permanents ayant signé une pétition en faveur d’un congrès extraordinaire pour, assure-t-il, les faire changer d’avis. Dimanche, il verra Mme Riess-Passer avec les autres responsables provinciaux du parti lors d’une réunion de la dernière chance. Pour cette réunion à Vienne, la vice-chancelière aurait placé la barre très haut. Pour rester à son poste, elle a notamment exigé que l’aile radicale du FPOe renonce à s’opposer à l’élargissement à l’Est de l’Union européenne, selon le journal Kurier.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Radicaux et pragmatiques de l’extrême droite au pouvoir en Autriche s’accusaient vendredi mutuellement de prévarication, compromettant les chances d’une réconciliation qui éviterait l’éclatement du gouvernement de coalition. Les deux ailes du FPOe, parti gouvernant depuis février 2000 avec les conservateurs, traînent dans la boue leur chefs de file respectifs, franchissant un nouveau palier dans la querelle qui oppose le dirigeant historique Joerg Haider et la présidente du parti Susanne Riess-Passer. M. Haider, gouverneur de la province de Carinthie, qui a fait sa carrière comme « défenseur des petites gens », est qualifié de « profiteur éhonté » pour s’être fait rembourser par le parti plusieurs centaines de milliers d’euros de frais tandis que Mme Riess-Passer, vice-chancelière, est accusée de trafic...