L’arsenal irakien, même s’il n’a pas été complètement reconstitué depuis la guerre du Golfe en 1991, reste significatif dans certains domaines et est potentiellement menaçant, selon des experts britanniques. Évaluer correctement la machine de guerre irakienne n’est pas tâche aisée : les analystes occidentaux se basent sur les informations de transfuges (parmi lesquels de nombreux officiers), les clichés des satellites espions américains et les projections des inspecteurs de l’Onu, qui ont quitté le pays en 1998. Tout cela ne permet pas de fournir une image très précise des forces irakiennes, que les Occidentaux avaient d’ailleurs surestimées en 1991, qualitativement et quantitativement. Selon Londres, l’Irak développe un programme nucléaire et possède déjà des armes chimiques et biologiques. « En ce qui concerne les armes nucléaires, nous pensons qu’il est en train de développer un programme en ce sens, non seulement les armes elles-mêmes (...) mais également la technologie des missiles balistiques permettant de les utiliser », a déclaré mercredi le secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères Mike O’Brien. « Pour ce qui est des armes chimiques et biologiques, nous pensons qu’il possède une certaine capacité en la matière », a-t-il ajouté. « Sur le papier, il n’y a pas vraiment de menace (irakienne) aujourd’hui, car ils ont très peu de vecteurs » (artillerie/missiles) pour des armes de destruction massive, estime Paul Beaver, l’un des meilleurs spécialistes britanniques en matière de défense. « Mais, ajoute-t-il, il y a de très fortes indications que Bagdad est sur le point d’acquérir plus de missiles, si ce n’est déjà fait ». Ces missiles balistiques seront « probablement » fournis par la Corée du Nord, selon Paul Beaver. L’expert britannique n’exclut pas que Bagdad se soit en outre lancé dans la construction de missiles de croisière de sa propre conception : « Ils ont la technologie nécessaire et l’ont déjà fait dans le passé, en 1999, en transformant des avions d’entraînement tchèques L-29 Dolphin ». Le rayon d’action de ces appareils transformés en missiles de croisière, sans pilote, dépend de leur charge utile, souligne Paul Beaver, mais « ils pourraient certainement menacer des pays proches comme Israël ». L’armée de terre irakienne possède, en théorie, quelque 2 500 chars de bataille, pour la plupart des T-55 et T-72 de conception soviétique réparés après l’opération Tempête du désert, précise Paul Beaver. La plupart appartiennent à des unités de la Garde républicaine et la difficulté sera de les faire sortir de leurs cachettes pour les détruire. Pour Paul Beaver, les forces aériennes irakiennes, décimées en 1991, ne constituent « pas réellement » une menace et seuls « les hélicoptères sont bons ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’arsenal irakien, même s’il n’a pas été complètement reconstitué depuis la guerre du Golfe en 1991, reste significatif dans certains domaines et est potentiellement menaçant, selon des experts britanniques. Évaluer correctement la machine de guerre irakienne n’est pas tâche aisée : les analystes occidentaux se basent sur les informations de transfuges (parmi lesquels de nombreux officiers), les clichés des satellites espions américains et les projections des inspecteurs de l’Onu, qui ont quitté le pays en 1998. Tout cela ne permet pas de fournir une image très précise des forces irakiennes, que les Occidentaux avaient d’ailleurs surestimées en 1991, qualitativement et quantitativement. Selon Londres, l’Irak développe un programme nucléaire et possède déjà des armes chimiques et biologiques. « En ce qui...