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Actualités - Chronologie

Le chaos et la haine au tribunal de Tel-Aviv

Insultes dans le prétoire et échauffourées à l’extérieur du tribunal : le procès du dirigeant palestinien Marwan Barghouthi s’est ouvert hier à Tel-Aviv dans une atmosphère chaotique et haineuse. « Je suis un combattant de la liberté, je suis membre du Parlement » palestinien, a lancé l’accusé, dont les avocats, qui dénient à la cour toute compétence pour juger leur client, ont boycotté l’audience. Mais le père d’une victime d’un des attentats palestiniens dont Israël attribue la responsabilité à M. Barghouthi l’a alors apostrophé. « Vous êtes un assassin, un terroriste », lui a-t-il lancé. « Les combattants de la liberté sont censés attaquer des soldats, mais vous avez assassiné mon fils. » M. Barghouthi a refusé de prendre la liste des chefs d’accusation qui lui était tendue. « Vous m’avez amené ici par la force. Je ne veux pas de vos chefs d’accusation », a-t-il déclaré au tribunal en hébreu, langue qu’il a apprise durant ses séjours en prison dans les années quatre-vingts. L’audience, qui avait débuté peu avant midi devant le tribunal de district de Tel-Aviv, a été ajournée environ une heure plus tard, le procès devant reprendre le 3 octobre. Elle s’était ouverte dans la confusion la plus totale, la police expulsant brièvement l’accusé de la salle pour l’empêcher de répondre aux questions lancées par les quelques journalistes présents, enjoints eux aussi de sortir. Dans le même temps, deux des enfants de M. Barghouthi, un garçon et une fille, essayaient de parvenir jusqu’à leur père en sautant d’un banc à l’autre aux cris de « Baba ! Baba ! » (Papa ! Papa !). Devant ce désordre et ce vacarme, les trois juges, parmi lesquels deux femmes, Sarah Sirota et Amiram Binyamini, sortaient eux aussi, le temps que le calme revienne, quelques minutes plus tard. M. Barghouthi reprenait alors sa place dans le box et s’adressait au tribunal. « Honte à l’État d’Israël ! Je n’ai pas vu mes enfants depuis un an », a dit M. Barghouthi, arrêté par l’armée israélienne à Ramallah le 15 avril après plusieurs mois passés dans la clandestinité. Les enfants de l’accusé insultés Les parents de plusieurs personnes tuées lors d’attentats palestiniens étaient également présents à l’audience, l’Association des victimes du terrorisme ayant appelé « les victimes des bandes (terroristes) de Barghouthi à se présenter au tribunal de district afin de ne pas laisser le champ libre aux Palestiniens ». Parmi eux se trouvaient notamment Etti Ben Shalom, dont le fils Yaniv, 27 ans, l’épouse de celui-ci, Shanon, et le frère de cette dernière ont été tués en août 2001 dans une embuscade sur une route de Cisjordanie. « C’est sûr que c’est lui le responsable », a assuré Mme Ben Shalom, qui brandissait deux photos de son fils et de sa bru prises le jour de leur mariage. Certains Israéliens présents dans la salle ont insulté non seulement l’accusé, mais aussi ses enfants. « Votre père est un assassin », a crié l’un d’entre eux aux enfants de Marwan Barghouthi, traitant sa fille de « charmouta » (putain en arabe). « Tu vas mourir, tout comme ma fille est morte », a lancé une femme au garçon. À l’extérieur du tribunal, l’un des députés arabes israéliens venus soutenir M. Barghouthi, Ahmed Tibi, a été agressé par deux militants d’extrême droite membres d’un groupuscule antiarabe, qui ont été arrêtés par la police. M. Tibi n’a pas été blessé.
Insultes dans le prétoire et échauffourées à l’extérieur du tribunal : le procès du dirigeant palestinien Marwan Barghouthi s’est ouvert hier à Tel-Aviv dans une atmosphère chaotique et haineuse. « Je suis un combattant de la liberté, je suis membre du Parlement » palestinien, a lancé l’accusé, dont les avocats, qui dénient à la cour toute compétence pour juger leur client, ont boycotté l’audience. Mais le père d’une victime d’un des attentats palestiniens dont Israël attribue la responsabilité à M. Barghouthi l’a alors apostrophé. « Vous êtes un assassin, un terroriste », lui a-t-il lancé. « Les combattants de la liberté sont censés attaquer des soldats, mais vous avez assassiné mon fils. » M. Barghouthi a refusé de prendre la liste des chefs d’accusation qui lui était tendue. « Vous...