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Actualités - Chronologie

Russie Moscou veut persuader le Conseil de l’Europe que la Tchétchénie renaît

Une délégation du Conseil de l’Europe conduite par Lord Judd a entendu hier en Tchétchénie des responsables prorusses brosser un ambitieux programme de reconstruction, alors que des défenseurs des droits de l’homme ont insisté sur les centaines de disparitions de civils. Le Premier ministre prorusse de la république séparatiste, Stanislav Iliassov, a cité des dizaines de chiffres devant les parlementaires européens, promettant emplois et aides aux réfugiés rentrant en Tchétchénie. Or, plusieurs réfugiés refusent de rentrer en Tchétchénie où l’insécurité règne. Accrochages armés et attentats rebelles font quotidiennement des victimes dans les rangs russes et rebelles, mais aussi parmi les civils. Des défenseurs des droits de l’homme ont demandé à Lord Judd, rapporteur sur la Tchétchénie à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, d’étudier les dossiers des mauvais traitements infligés aux civils par les forces russes, et notamment les quelque 700 cas de disparition qui n’ont pas été élucidés. Le gouvernement prorusse a affirmé aux représentants du Conseil de l’Europe que le budget tchétchène se chiffrait cette année à 7 milliards de roubles (220 M USD) contre 2,2 milliards en 2001, et que l’économie redémarrait, avec la création de 120 000 emplois ces deux dernières années. Les investissements à venir dans l’agriculture, dans la culture de betterave à sucre, l’industrie laitière et celle de la viande devraient permettre de créer des dizaines de milliers de postes de travail, a affirmé M. Iliassov. Il a évoqué également les progrès dans l’énergie et les transports et affirmé que le problème des logements pour les réfugiés serait réglé d’ici à un an. « Sur les 20 000 Tchétchènes qui vivent sous des tentes en Ingouchie, 5 000 à 6 000 ont déjà des maisons en Tchétchénie, donc nous devons loger environ 14 000 personnes », a-t-il dit. Les réfugiés interrogés par les journalistes accompagnant la délégation dans son voyage organisé par l’armée ont déclaré qu’ils étaient revenus de leur propre gré au cours des derniers mois et que les conditions qu’ils ont trouvées étaient acceptables, sauf pour trouver un travail. Mais Lord Judd a été interpellé avec beaucoup plus d’urgence par la présidente du Comité des mères tchétchènes, Zoura Abdoulkhadjeva, qui a affirmé avoir enregistré quelque 2 000 cas de civils ayant disparu après avoir été arrêtés par des militaires russes. Un peu plus de la moitié de ces cas ont été éclaircis. Il s’agit le plus souvent de jeunes hommes en âge de combattre qui représentent « la meilleure partie de notre population », a lancé Mme Abboulkhadjeva lors d’une réunion présidée par M. Iliassov en présence des parlementaires européens. Un haut responsable militaire, Sergueï Kizioun, a confirmé les disparitions, mais a déclaré que les autorités russes et les défenseurs des droits de l’homme collaboraient pour régler ce problème.
Une délégation du Conseil de l’Europe conduite par Lord Judd a entendu hier en Tchétchénie des responsables prorusses brosser un ambitieux programme de reconstruction, alors que des défenseurs des droits de l’homme ont insisté sur les centaines de disparitions de civils. Le Premier ministre prorusse de la république séparatiste, Stanislav Iliassov, a cité des dizaines de chiffres devant les parlementaires européens, promettant emplois et aides aux réfugiés rentrant en Tchétchénie. Or, plusieurs réfugiés refusent de rentrer en Tchétchénie où l’insécurité règne. Accrochages armés et attentats rebelles font quotidiennement des victimes dans les rangs russes et rebelles, mais aussi parmi les civils. Des défenseurs des droits de l’homme ont demandé à Lord Judd, rapporteur sur la Tchétchénie à...