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Actualités - Chronologie

Une loi très moderne, mais rarement appliquée

L’Union des handicapés du Liban a du pain sur la planche pour faire appliquer la loi supposée garantir les droits de cette catégorie de la population. Le vote de cette loi moderne qui a mis un terme aux discriminations, bien que perçu comme une victoire par cette association de revendication, n’a toujours pas abouti à une amélioration de la qualité de vie des handicapés. Il faut pour cela que les mentalités progressent, autant au niveau de la population qu’à celui des autorités. Celles-ci, en effet, à en croire les témoignages rapportés par la présidente de l’Union des handicapés du Liban, Sylvana Lakkis, sont souvent réticentes à l’application du texte, donnant le plus fréquemment des raisons futiles pour ignorer les recommandations de la loi. En l’absence de mesures dissuasives, ce sont ces autorités qui ont le dernier mot. Cette réalité est parfaitement illustrée par l’histoire d’un jeune handicapé, qui a appris à ses dépens que l’article de loi sur l’exemption de taxes, dans le cas de véhicules destinés aux handicapés, n’était que rarement appliqué. Le frère de ce jeune homme dont on conservera l’anonymat a voulu lui offrir une voiture qui, arrivée au port de Beyrouth, y est demeurée un mois et demi sans que le destinataire, dont les moyens sont limités, ne puisse la récupérer. Le motif invoqué par les autorités douanières est éloquent: le jeune homme en question est paralysé de la jambe droite, ce qui ne lui confère pas le statut de handicapé (à leurs yeux) puisqu’il est capable de conduire normalement et, par conséquent, son cas ne requiert pas une exemption d’impôts! En l’absence de critères définis, on laisse la place à l’ignorance et à l’incohérence. Inutile de préciser que le jeune homme en question a dû vendre sa voiture qu’il n’a jamais retirée du port. Face à la tâche considérable qu’elle s’est assignée, l’Union des handicapés a dû définir ses priorités qui sont, actuellement, l’éducation et le travail. Elle insiste particulièrement sur la réhabilitation des établissements scolaires afin qu’ils puissent accueillir les handicapés, et rappelle souvent le quota des 3% d’employés handicapés dans les entreprises que leur accorde la loi. Sylvana Lakkis précise que des tables rondes sont régulièrement organisées à l’encontre du secteur privé. L’association espère ainsi encourager les entreprises à embaucher de plus en plus de handicapés. «Nous leur évoquons les avantages qu’ils gagneront à employer des handicapés, raconte-t-elle. Ces avantages sont considérables, vu qu’en assurant des emplois aux handicapés, la société en fera des individus productifs et consommateurs.» Le taux de chômage est, certes, toujours élevé parmi les handicapés, mais Mme Lakkis s’est déclarée «agréablement surprise de savoir que plusieurs banques et entreprises emploient certains d’entre eux». «Au cours de nos tables rondes, nous avons recueilli le témoignage de certains chefs d’entreprises qui se plaignaient d’avoir eu l’intention d’embaucher des handicapés sans recevoir de réponse, poursuit-elle. De tels débats nous permettent d’élargir le cercle de nos connaissances et de garder un lien entre les demandeurs d’emplois et les employeurs.» Elle ajoute qu’une étude conçue pour évaluer le véritable potentiel des handicapés sur le marché du travail vient d’être achevée, avec une analyse de M. Kamal Féghaly. Les auteurs du document ont pris pour point de départ la liste des associations qui déclarent fournir des sessions de formation professionnelle pour handicapés, et ont décidé de sonder les réelles capacités de ces organismes. «Le résultat est effrayant, souligne Mme Lakkis. Même certaines des grandes organisations ne répondent en aucune façon aux critères requis pour la formation professionnelle.» Elle poursuit : «L’importance de cette étude tient au fait qu’elle pose une question essentielle: pourquoi dépenser des sommes importantes sur des organismes humanitaires alors qu’il suffit de favoriser l’intégration sociale des handicapés? Pourquoi plusieurs des soi-disant associations caritatives ne répondent-elles à aucun critère défini et imposé par la loi?» Cette étude sera présentée lors d’un colloque qui aura lieu les 5 et 6 septembre à l’Ordre des ingénieurs, sous le thème «Handicap et emploi», en présence d’un expert britannique en la matière et des différentes parties concernées. Ce sera une occasion de discuter d’un futur plan stratégique qui permettra de réaliser une avancée dans ce domaine.
L’Union des handicapés du Liban a du pain sur la planche pour faire appliquer la loi supposée garantir les droits de cette catégorie de la population. Le vote de cette loi moderne qui a mis un terme aux discriminations, bien que perçu comme une victoire par cette association de revendication, n’a toujours pas abouti à une amélioration de la qualité de vie des handicapés. Il faut pour cela que les mentalités progressent, autant au niveau de la population qu’à celui des autorités. Celles-ci, en effet, à en croire les témoignages rapportés par la présidente de l’Union des handicapés du Liban, Sylvana Lakkis, sont souvent réticentes à l’application du texte, donnant le plus fréquemment des raisons futiles pour ignorer les recommandations de la loi. En l’absence de mesures dissuasives, ce sont ces autorités...