Le Conseil pour l’apostolat des laïcs vient de tenir son premier congrès sur le travail pastoral parmi les jeunes, une initiative qui fera date dans l’histoire de cet organisme qui est la cheville ouvrière de la présence de l’Église catholique parmi les jeunes. Le congrès s’est étalé sur trois jours et s’est tenu au couvent du Christ-Sauveur, à Zahlé. Il a permis à de nombreux intervenants de décrire, de l’extérieur d’abord, la situation des jeunes. Ainsi, le Dr Boutros Labaki, ancien vice-président du CDR, a parlé de la situation économique et sociale des jeunes. Il a précisé que cette dernière tranche de la population représente environ 40 % des Libanais ayant quitté le Liban au cours de la dernière décade, affirmant que les jeunes représentent, au Liban, 45 % de la population totale et que le taux de chômage parmi cette catégorie de Libanais est de 11,5 %. Pour sa part, Robert Sikias, secrétaire général du Conseil pour l’apostolat des laïcs, a rendu compte du niveau de prise de conscience parmi les jeunes, indiquant que la visite au Liban de Jean-Paul II, en 1997, a encouragé la participation des jeunes à la vie de l’Église, ainsi que le sens des responsabilités parmi les jeunes. Cette affirmation a été corroborée par Claire Saïd qui a noté que les jeunes au Liban, dans l’ensemble, ont commencé à s’engager plus résolument dans les causes nationales. Mlle Saïd a également soulevé le cas des engagements moraux de la jeunesse, notamment contre l’avortement. Elle a conclu en évoquant les leçons du premier congrès des jeunes catholiques du Moyen-Orient, qui a mis en évidence les défis, notamment économiques, auxquels font face les jeunes catholiques dans l’ensemble des pays arabes. Pour sa part, Rita Ayoub a parlé de son expérience dans le dialogue islamo-chrétien, notant que la composition socioculturelle pluraliste du Liban en fait un pays unique. L’aspiration à un dialogue islamo-chrétien existe chez de nombreux jeunes, a souligné Mlle Ayoub. Pour sa part, le président de la commission, Mgr Georges Iskandar, a rendu compte de la souvent difficile coopération entre les prêtres de paroisse et les laïcs, et a encouragé les jeunes à persévérer dans leurs efforts pour surmonter ce handicap et contribuer à enrichir par leurs intiatives la vie de l’Église. Le vice-président de la commission, Mgr Sélim Ghazal, a parlé d’une différence de mentalité entre deux générations qui ne devrait pas déboucher sur un blocage, mais sur un effort de complémentarité.
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