Dans le temple, très fermé, de la haute couture française, les adhérents choisis sont des talents exceptionnels. Dans ce pays où l’art du vêtement constitue un culte servi par quelques talents triés sur le volet, être sélectionné pour présenter une collection constitue une considération rare. Surtout pour un créateur étranger. Le 10 juillet passé, à l’Union centrale des arts décoratifs de Paris, le couturier libanais présentait sa collection automne-hiver 2002-2003, faisant ainsi son entrée solennelle dans le cercle très sélectif des créateurs de la haute couture la plus prestigieuse du monde. Fidèle à ses racines, Élie Saab porte sur la femme un regard de vénération. Un regard d’affection et d’admiration. C’est peut-être ce trait particulier qui le distingue des autres créateurs de son époque. Ses racines orientales transparaissent à travers son souci d’habiller sans exhiber, rehausser sans étaler, sublimer sans proposer... Nulle extravagance ou provocation, aucun souci de frapper l’imagination afin de se différencier des autres... «La Femme» inspiratrice qu’il pare est sans aucun doute la femme orientale actuelle exaltée par une imagination créatrice. Saab exalte cette féminité ondoyante. Ses courbes douces. La chevelure longue et le corps captif d’étoffe précieuse... De cuir aussi, puisque bon nombre de ses créations domestiquent et «féminisent» (exploit inédit) cette matière «cavalière»... En bon Oriental, Élie Saab vénère et aime la femme. Il apprécie la féminité et s’applique à la mettre en valeur. Les caricatures créatrices, «les regards destructeurs», pourtant si hautement rémunérés, le surréalisme vestimentaire ne sont pas de son domaine. Élie Saab aime et vénère la femme. Il le lui dit en l’habillant... ÉPILATION Faire peau nette à un poil près... Les méthodes d’épilation sont multiples, car la chasse aux poils remonte loin dans l’histoire. Certaines d’entre elles ont traversé le temps, telle l’épilation au sucre ou à la cire. D’autres, comme le laser, se classent à l’avant-pointe de la nouvelle technologie. L’avis du technicien Chaque méthode d’épilation a ses avantages et ses limites. Chaque femme doit donc opter elle-même pour celle qui convient le mieux à son cas, d’autant plus que chacune d’entre elles a ses atouts et ses désavantages. Ainsi, si le rasoir représente la manière la plus économique de se débarrasser de cette indésirable végétation, il contribue à fortifier les poils. Il ne convient, par conséquent, qu’aux personnes à la pilosité claire et très peu fournie. Les autres ne devraient s’en servir qu’en dépannage exceptionnel... Car même si le rasoir semble être la solution la plus rapide, il ne doit nous dépanner qu’«épisodiquement». Et cela uniquement pour les aisselles... Jamais pour les cuisses, les avant-bras et le visage. Éviter également l’emploi du rasoir électrique qui opère en asséchant l’épiderme et en fortifiant le poil! À réserver en fait aux femmes à pilosité claire et très clairsemée. ÉLÉGANCE EN SAVATES La vogue folle des tongs Ces drôles de sandales, créées par les Égyptiens aux temps pharaoniques pour marcher sur les sables brûlants de leur pays sans se brûler les pieds, sont aujourd’hui à l’avant-pointe de la mode estivale. Définitivement sorties de la case archéologique pour s’installer en reines parmi les accessoires branchés... Ces drôles de sandales composées d’une semelle, initialement en papyrus tressé, et dotées de lanières datent de 3500 ans avant J-C. Indiens, Perses, Chinois trouvaient en elles le moyen privilégié de marcher sans se blesser les pieds... Les Indiens et les Perses les dotaient de semelles en bois sculpté, leur ajoutant des entre-doigts. Les Chinois et les Japonais vont innover en ajoutant à une semelle à talon compensé une bride en «Y»... Pendant très longtemps dans le monde d’alors, les chaussures révélaient le statut social de l’individu. Au cours des siècles, les sandales ont symbolisé alternativement prestige et pauvreté, chasteté et luxure, vertu et coquetterie, opulence et dénuement extrême. Au XXe siècle, la tong va inspirer la création de la «ghetta». Une version montée sur patin de bois pouvant parfois atteindre une dizaine de centimètres. Elle fera le signe distinctif des courtisannes, avant qu’elle ne tombe dans l’oubli... Elle réapparaîtra sous son nom définitif de «tong» durant la guerre du Vietnam. Les soldats américains amusés par cette drôle de chaussure la désignaient comme «thong» (lanière). Quand elle débarqua en Europe aux années cinquante au retour d’Indochine des soldats français, elle retrouva son appellation de «tong», mais sa version (en plastique) ne lui gagne qu’une popularité restreinte... La vague écologique des années 70 la hisse au sommet de sa gloire. Exécutée en cuir, elle représente «la» chaussure qui repose le pied sans l’estropier, lui permet de respirer sans l’étouffer et l’habille sans le déformer. Au cours des vingt ans qui vont suivre, vient le long règne sur les plages du Brésil. À Copacabana, elle est la reine des chaussures de la fiesta et du confort. Deux fabricants se consacrent entièrement à la production des tongs sur grande échelle: «Rider» et «Havanas». Rider, créé en 1962, a vendu jusqu’aujourd’hui 120 millions de pairs rien qu’au Brésil (170 millions d’habitants). Havanas a lancé, en 1971, les tongs en PVC injecté, extraordinairement légères et confortables... Un peu partout dans le monde, la tong est devenue la pièce incoutournable. De Saint-Tropez à la Tunisie, des plages les plus «in» aux rivages escarpés des îles lointaines, des millions de paires arpentent rives et pentes, chemins et avenues. La célèbre marque italienne de chaussures de luxe Ferragamo propose même une tong «anatomique» montée sur une semelle en aluminium recouvert de cuir naturel. Éditée en nombre limité, elle se vend à 423 euros la paire. D’autres bottiers célèbres mijotent des versions inédites de cette pantoufle mythique qui renaît de ses cendres pour drainer un pactole au profit de ceux qui savent lui faire confiance... MODE EN MINEURE Place aux nouvelles nanas Fraîches comme une bouffée printanière, elles arpentent cours d’école et couloirs de faculté. Exit les pâles rêveuses des temps passés. Ni désenchantées ni «bof génération», les filles d’aujourdui sont lucides et décidées... À quoi rêvent-elles? Peu, très peu au «prince» mièvre et charmant... Encore moins aux problèmes de l’humanité souffrante ou au salut de leur âme... Elles rêvent de vêtements! Comme les beautés anémiques du XIXe siècle, les branchées des années cinquante et leurs mères vers la fin du siècle passé... Les adolescentes d’aujourd’hui n’ont rien des désenchantées d’antan ou des rêveuses fades des portraits classiques. Bien plantées dans leurs baskets, elles fixent leur époque sans trop d’illusions, gaies, saines et lucides... Promues au rang d’adultes, elles soignent leur look. Deux pôles les attirent: le street-wear (lire « le quotidien ») et «le sortable» (lire «l’habillé»). Pour le premier, les tenues sont concoctées selon les moyens disponibles... Les bases de la panoplie se trouvent essentiellement chez quelques marques spécialisées: on s’habille (déjà) Zara ou Mango, et on pique dans la garde-robe maternelle la pièce qui fera jaunir de jalousie les copines... La majorité de ces clientes est adepte du jean et du «streetwear» (lire le sport pratique qui «habille» quand même une sortie). Les choix oscillent entre jean Levi’s 501 (en attendant le 530) et jean Gap, mais on se contente de copies plus abordables, l’essentiel étant de respecter à tout prix la vogue du bleu de forge. De temps en temps, des opérations razzia aux stocks Kookaï permettent aux ingénues branchées de se maintenir à hauteur de leur réputation... Côté accessoires, la mode des «pliages sacs à dos», qui fait fureur à Paris, lancée par Longchamp n’a pas encore contaminé la jeunesse libanaise. La «banane» garde pour l’instant ses fidèles et tant mieux pour le budget familial. La montre, par contre, («plus elle est grosse mieux c’est») constitue un must, un élément capital de la panoplie «jeune branché(e)». Celle qui fait déjà rêver, c’est la Triax 26 de Nike, en attendant sa remplaçante qui devra, elle aussi (mode jeune oblige), être monumentale...
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