Les cours du pétrole ont fortement progressé hier, avant de céder du terrain en fin de journée, une intervention militaire américaine semblant se préciser après le discours du vice-président américain Dick Cheney, justifiant une intervention préventive des États-Unis en Irak. Vers 16h00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre, référence sur l’International Petroleum Exchange (IPE) de Londres, s’échangeait à 27,53 USD, après avoir ouvert à 27,79 USD et clôturé à 26,99 USD vendredi. Le marché était fermé lundi, jour férié en Grande-Bretagne. À New York, le prix du brut de référence (light sweet crude) pour livraison rapprochée en octobre cédait 8 cents à 29,20 USD. Le brut sur la place de New York avait bondi de 65 cents lundi, à 29,28 USD après que Dick Cheney eut justifié une éventuelle intervention militaire préventive des États-Unis en Irak. « Le marché avait réagi très fort aux déclarations de Dick Cheney, mais il semble qu’il se replie un petit peu, en particulier à New York, a relevé Tony Machacek, opérateur de la maison de courtage Prudential Bache. Il y a aussi des déclarations s’opposant à celles de Cheney. En fait, le marché est plein d’incertitudes. » Dans ce contexte d’incertitudes « les investisseurs ne veulent pas être à court de pétrole à quelques jours de la réunion de l’Opep », l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, le 19 septembre, à Osaka (Japon), a estimé Jay Saunders, analyste de la Deutsche Bank. Le marché craint en effet qu’une attaque contre l’Irak ne perturbe l’approvisionnement en pétrole en provenance du Proche-Orient qui fournit le tiers des besoins mondiaux. L’Opep serait pourtant prête à augmenter ses exportations de pétrole si les États-Unis commencent une opération militaire contre l’Irak, avait assuré, la semaine dernière, le ministre koweïtien du Pétrole par intérim, le cheikh Ahmad al-Fahd al-Sabah. Mais les investisseurs sont actuellement réservés quant aux déclarations venant de l’Opep. Le cartel doit faire face aux pressions des pays consommateurs et à celle de certains de ses membres, comme le Nigeria et l’Algérie, qui veulent une augmentation des quotas de production du cartel. Mark Keenan, opérateur de ABN Amro, a estimé que le cartel pourrait annoncer un maintien des quotas de production. « Mais ce qu’ils disent et ce qu’ils font sont deux choses différentes », a-t-il ajouté, estimant qu’une hausse de la production, en douce, était « inévitable ». Pour les opérateurs, le repli des cours en fin de journée hier s’explique par l’attente des chiffres des estimations des stocks américains de pétrole. L’Institut américain du pétrole (API) publiera ses estimations sur les stocks hebdomadaires de brut aux États-Unis dans la nuit de mardi au mercredi. Pour Mark Keenan, « seules les estimations de l’API, cette nuit, pourraient renverser la tendance à la hausse ».
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