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ARCHÉOLOGIE - Le Mozambique s’inquiète pour son patrimoine sous-marin Épaves à exploiter

La population de l’île de Mozambique, située à 2 000 kilomètres au nord de Maputo dans la région de Nampula et classée patrimoine mondial par l’Unesco depuis 1991, s’inquiète pour son patrimoine archéologique sous-marin. Au cœur de sa mobilisation, l’accord passé entre le gouvernement mozambicain et une société portugaise, Arqueonautas, dirigée par un ressortissant allemand, pour l’exploration des nombreuses épaves gisant tout autour de l’île. Une soixantaine d’épaves reposeraient sur les fonds marins de l’île de Mozambique qui, dès le XVIe siècle, fut une base stratégique du commerce entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Or, la population se sent totalement écartée de l’exploitation de ces richesses, et lésée des profits que pourrait tirer l’île de Mozambique d’un futur grand musée archéologique sous-marin unique en Afrique. Treize chefs de communautés de l’île ont adressé récemment une lettre au gouverneur de Nampula, dans laquelle ils dénoncent le manque de transparence des recherches menées par Arqueonautas et invoquent les risques de disparition de pièces de valeur. Aucune garantie En cause, le contrat passé en 1999 entre la société Arqueonautas et Patrimonio Internacional, société mozambicaine détenue à 80 % par l’État et dirigée par Jacinto Veloso, ancien ministre et membre du Frelimo (parti au pouvoir). Ce contrat de trois ans, tout juste renouvelé, prévoit qu’une moitié des pièces archéologiques trouvées reviendra à la société Arqueonautas afin qu’elle rembourse ses investissements, dont le montant est inconnu, et que l’autre moitié reviendra à Patrimonio Internacional. À ce jour, quelque 1 500 pièces ont été découvertes, dont plusieurs porcelaines chinoises datant de la dynastie Ming (XIVe siècle). « Ces recherches sont menées par une entreprise commerciale, nous n’avons donc aucune garantie que toutes les pièces récupérées sur les épaves restent sur l’île de Mozambique et profite à son développement économique », a estimé un des auteurs de la lettre, le chef religieux Hafiz Jamu, lors d’une réunion publique organisée le 31 juillet par le ministère de la Culture et Arqueonautas pour tenter d’apaiser les craintes de la population. Pour sa défense, le gouvernement mozambicain affirme que le choix de l’archéologie commerciale est pragmatique, le pays n’ayant les moyens financiers ni de protéger ses côtes des chasseurs de trésors ni de faire engager des fouilles. « Nous n’avons pas le choix, il s’agit d’un sacrifice à faire de la part les Mozambicains », a expliqué le ministre de la Culture, Miguel M’Kaima, au cours de cette réunion. De son côté, Arqueonautas invoque le haut niveau des recherches : « Je suis là pour que le travail soit réalisé à un niveau scientifique aussi élevé que possible », a déclaré Mensun Bound, archéologue dépendant de l’Université d’Oxford et associé au projet. Néanmoins, c’est la notion même de patrimoine qui est en jeu, pour les habitants de cette île figurant au patrimoine mondial de l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, les sciences et la culture). La population souligne d’ailleurs la différence d’impact en matière touristique, entre la présentation de quelques pièces uniques de porcelaine exposées dans une salle de musée et la mise en valeur d’un patrimoine historique intégral et in site tel que le définit l’Unesco. Les responsables du ministère de la Culture ont d’ailleurs annoncé que le Mozambique ne ratifierait pas la convention de l’Unesco sur la protection du patrimoine sous-marin, votée en novembre 2001 et qui interdit notamment toute exploitation commerciale de ce patrimoine.
La population de l’île de Mozambique, située à 2 000 kilomètres au nord de Maputo dans la région de Nampula et classée patrimoine mondial par l’Unesco depuis 1991, s’inquiète pour son patrimoine archéologique sous-marin. Au cœur de sa mobilisation, l’accord passé entre le gouvernement mozambicain et une société portugaise, Arqueonautas, dirigée par un ressortissant allemand, pour l’exploration des nombreuses épaves gisant tout autour de l’île. Une soixantaine d’épaves reposeraient sur les fonds marins de l’île de Mozambique qui, dès le XVIe siècle, fut une base stratégique du commerce entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Or, la population se sent totalement écartée de l’exploitation de ces richesses, et lésée des profits que pourrait tirer l’île de Mozambique d’un futur grand musée...