Suleima el-Majdali vient de Tunisie, un pays arabe où les droits de la femme ont connu d’énormes progrès depuis l’adoption de législations favorables au temps du président Bourguiba. Toutefois, son étude portant sur l’image des femmes dans la culture arabe, celle de son pays incluse, lui a réservé quelques surprises… «Malgré tout le progrès réalisé, l’image de la femme dans les romans ou les films demeure très négative, soutient-elle. On la voit souvent en traître, par exemple. Elle est rarement représentée dans un cadre moderne, ou alors c’est pour prouver qu’elle n’y est pas dans son environnement naturel. À titre d’exemple, si le caractère féminin est une employée, elle est considérée comme manquant aux devoirs de son foyer. La seule image positive de la femme dans les œuvres culturelles demeure celle de la mère.» Or, ces projections dans l’art trouvent leur origine dans la société. « Aucune image n’est totalement déconnectée de la société, explique Suleima. La dualité entre la législation et le réel pourrait s’expliquer par le fait que la libération de la femme en Tunisie a découlé d’une décision politique, trop en avance sur la réalité et sur les mentalités. Or, l’homme préfère toujours garder la femme dans le cadre des traditions.» Le discours politique est donc trop évolué par rapport au discours culturel. Mais qu’en pensent les intéressées elles-mêmes? «Les mouvements féministes sont anciens et bien ancrés dans la société, explique-t-elle. La femme éduquée s’évertue à s’attacher à ses droits. Ce n’est malheureusement pas le cas de la femme vivant dans des milieux plus traditionnels et qui se montre plus royaliste que le roi, refusant le progrès.» Pour la jeune Tunisienne, il paraît difficile de comparer la situation des femmes dans les différents pays arabes, tant les législations et les habitudes divergent. D’ailleurs, pour sa troisième participation à un forum de ce genre, elle continue de s’étonner des récits de certaines de ses collègues. «De tels échanges nous permettent d’entrevoir la réalité que vivent nos consœurs dans d’autres pays, loin des clichés que nous en avions, estime-t-elle. Je ne savais pas, à titre d’exemple, que les Soudanaises étaient si brimées. Les histoires que m’a contées une collègue originaire de ce pays m’ont horrifiée.»
Suleima el-Majdali vient de Tunisie, un pays arabe où les droits de la femme ont connu d’énormes progrès depuis l’adoption de législations favorables au temps du président Bourguiba. Toutefois, son étude portant sur l’image des femmes dans la culture arabe, celle de son pays incluse, lui a réservé quelques surprises… «Malgré tout le progrès réalisé, l’image de la femme dans les romans ou les films demeure très négative, soutient-elle. On la voit souvent en traître, par exemple. Elle est rarement représentée dans un cadre moderne, ou alors c’est pour prouver qu’elle n’y est pas dans son environnement naturel. À titre d’exemple, si le caractère féminin est une employée, elle est considérée comme manquant aux devoirs de son foyer. La seule image positive de la femme dans les œuvres culturelles...
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