En arrivant aux Internationaux du Canada, Amélie Mauresmo espérait gagner quelques matches, mais n’osait pas espérer remporter le tournoi, auquel participaient sept des dix meilleures joueuses au monde. « Franchement, je ne venais pas ici avec l’objectif de gagner le tournoi, mais dans l’optique d’une bonne préparation pour l’US Open. Je voulais me situer par rapport aux meilleures », a expliqué la Française de 23 ans, qui s’est facilement défait, dimanche en finale, de l’Américaine Jennifer Capriati, troisième joueuse mondiale. Après quelques jeux hésitants en début de match, Mauresmo s’est lancée à l’attaque et a remporté le premier set en brisant le service de Capriati sur une montée au filet. Capriati a vu rouge, mais n’a rien pu faire pour freiner son adversaire qui, sereine, a remporté la rencontre en deux sets, 6-4, 6-1. La meilleure joueuse française a ainsi décroché le tournoi, doté de 1,2 million de dollars, sans avoir concédé le moindre set. « Les Internationaux du Canada sont l’un des gros tournois hors grands chelems. Ils tombent habituellement à une période où je ne joue pas très bien, je suis souvent fatiguée des six premiers mois. Alors cette victoire, c’est un bon signe », a expliqué Mauresmo, qui, à l’image de son tatouage sur l’épaule gauche, était aux anges. « Maintenant, je vais prendre une journée à la fois. Je sais que ce n’est pas facile de gagner un tournoi, de revenir sur le court tout de suite après et de réaliser le même exploit. Je vais me concentrer sur mon jeu, et l’US Open sera une histoire différente, on verra. » La Française, qui compte maintenant huit titres du circuit WTA à son actif, n’a jamais dépassé les quarts de finale à Flushing Meadows, où elle s’est inclinée l’an dernier face à Capriati (6-3, 6-4). Écartée du dernier grand chelem en 2000 en raison d’une blessure au dos, Mauresmo avait atteint le quatrième tour en 1999 et le troisième tour l’année précédente. Parcours facile à Montréal La Française de 23 ans, qui flirte avec le top-ten depuis 1999, a toutefois eu la vie facile cette semaine. Le forfait en raison d’une blessure au genou de Serena Williams, numéro un mondiale et championne en titre des Internationaux du Canada, puis la défaite précoce de la Belge Kim Clijsters (n° 4), tombée au troisième tour face à l’Autrichienne Barbara Schett, lui ont pavé la voie vers la finale. Lors du premier match du tournoi, marqué par une chaleur intense et une humidité suffocante tout au long de la semaine, Mauresmo a écrasé l’Espagnole Christina Torrens Valero (6-1, 6-2). Elle a eu quelques difficultés au tour suivant, face à l’Américaine Laura Granville, issue des qualifications. Tombeuse de l’Espagnole Arantxa Sanchez-Vicario au premier tour, Granville a poussé Mauresmo à plus de combativité, lui concédant la victoire après deux sets réglés au tie-break. « Je pensais qu’elle allait baisser à un certain moment, mais non. Elle était très solide, ce fut plus difficile que prévu. Mais deux tie-breaks, c’est un bon test », avait déclaré Mauresmo à l’issue du match, son dernier gros obstacle avant la finale. Au lieu de se retrouver face à Williams en quarts de finale, Mauresmo a rencontré la Colombienne Fabiola Zuluaga, qu’elle a sortie sans s’attarder (6-3, 6-2). « J’ai gardé sa tête sous l’eau », a résumé la Française à l’issue de cette victoire sans appel. Mauresmo s’est ensuite débarrassée en demi-finale de la Slovaque Daniela Hantuchova (6-2, 7-6). La jeune Slovaque, 8e favorite à Montréal juste derrière Mauresmo, a frustré à deux reprises la Française sur des balles de match et a forcé le tie-break au 2e set, mais cela n’a pas suffi à ébranler la Française. « Je me suis fait des petites frayeurs », a reconnu Mauresmo samedi soir. Après avoir bataillé pour sortir la Belge Justine Hénin en quarts de finale, Capriati avait eu quant à elle un moment de répit en demi-finale avec l’abandon de Dokic. L’Américaine n’a pas remporté de tournoi depuis son sacre au premier grand chelem de l’année, l’Open d’Australie.
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